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Assassinat Hariri : la fille d'une victime raconte son traumatisme

Liban

Lama Ghalayini, fille d'un passant tué le 14 février 2005, est la première proche d'une des victimes à témoigner, 12 ans après l'attentat, devant le TSL.

OLJ/AFP
28/08/2017

"Nous avons vu un pied, puis le téléphone de mon père, avant de découvrir sa tête sous le sable" : la fille d'un passant tué dans l'attentat-suicide qui a causé la mort de l'ancien Premier ministre libanais Rafic Hariri a été lundi la première proche d'une des victimes à témoigner, 12 ans après.

Cette femme de 39 ans, Lama Ghalayini, a raconté, devant le Tribunal spécial pour le Liban (TSL), de Beyrouth par visioconférence, la quête traumatisante de sa famille pour retrouver le corps de son père. Homme d'affaires et pilote de formation, Abdel-Hamid Ghalayini était parti se promener dans Beyrouth le 14 février 2005 lorsque l'explosion s'était produite, provoquant la mort de 22 personnes, dont 13 passants, et faisant 226 blessés.

Plus de deux semaines après l'attentat, dix-sept jours précisément, "des mouches et une odeur pénétrante" ont fini par permettre la découverte de son cadavre, "sous le sable et la poussière", se souvient Lama, sa fille aînée, consultante en décoration intérieure.

"La police avait refusé de nous aider, nous avons dû trouver des chiens renifleurs nous-mêmes", a-t-elle expliqué, suscitant l'étonnement des magistrats du TSL, qui a son siège dans la banlieue de La Haye. "Nous étions sans nouvelles, complètement perdus et dans un état de détresse. Nous avions besoin de savoir exactement ce qu'il s'était passé", a encore dit, très émue, Lama Ghalayini.

"Retrouvé sous un pied"
Pendant les fouilles, "la période la plus douloureuse", Lama Ghalayani interdit aux forces de l'ordre de faire usage d'une pioche, car "cela aurait pu endommager le corps", et attrape une pelle. Elle et la trentaine de membres de sa famille présents sur le site découvrent d'abord "le pied d'une autre personne", puis, dessous, le corps de leur être cher.

Lama Ghalayani était la première des sept personnes appelées à témoigner d'ici à la fin de la semaine prochaine, tandis que 23 autres déclarations seront versées au dossier.

"Je craignais qu'un des juges ne demande à voir la photo du corps de son père prise par un photographe, car cela aurait fait flancher Lama", a réagi auprès de l'AFP Peter Haynes, le représentant légal des victimes, à l'issue du témoignage.

Procès par défaut
Le TSL a délivré cinq mandats d'arrêt depuis 2011 contre des membres du Hezbollah, qui a rejeté toute paternité de l'attentat et exclu la remise des suspects.

Les deux principaux accusés sont Moustafa Badreddine, 52 ans, décrit comme le "cerveau" de l'attentat par les enquêteurs, mort depuis et qui ne sera donc pas jugé, et Salim Ayyash, 50 ans, accusé d'avoir été à la tête de l'équipe qui a mené l'attaque. Deux autres hommes, Hussein Oneissi, 39 ans, et Assad Sabra, 37 ans, sont accusés d'avoir enregistré une fausse cassette vidéo, transmise à la chaîne de télévision Al-Jazeera, pour revendiquer le crime au nom d'un groupe fictif. Un mandat d'arrêt pour un cinquième accusé, Hassan Habib Merhi, 48 ans, a été émis en 2013. Les poursuites à son encontre pourraient être jointes au procès des autres accusés.

Entré en service le 1er mars 2009 dans la banlieue de La Haye, le TSL est le premier tribunal pénal international qui permet l'organisation d'un procès par défaut au cours duquel l'accusé est représenté par un avocat.

A la tête du gouvernement libanais jusqu'à sa démission en octobre 2004, Rafic Hariri se rendait à son domicile le 14 février 2005 quand une explosion équivalente à celle de 2,5 tonnes de TNT l'a projeté hors de son véhicule blindé.

D'abord attribué aux généraux libanais prosyriens, l'attentat, sujet de vives réactions, a entraîné le retrait des troupes syriennes après près de trente ans de présence sur le sol libanais.

Mardi et mercredi, le représentant légal des victimes interrogera deux employés de la banque HSBC dont deux clients avaient trouvé la mort dans l'attentat, ainsi que le frère d'un employé d'une usine, également tué par l'explosion.

 

 

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Cherif Bedran

Abdel-Hamid Ghalayini était parti se promener dans Beyrouth le 14 juillet 2005

Cherif Bedran

Le 14 Février 2005

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

TEMOINS DE QUOI ? QUE PEUVENT TEMOIGNER LES PARENTS DES VICTIMES SINON RACONTER LEUR DOULEUR ! LE TSL S,ALLONGE ET LES COUTS TOUT AUSSI POUR NOUS REVELER A LA FIN CE QUE TOUT LE MONDE SAIT DES LE DEBUT... DE L,ARGENT JETTE PAR LA FENETRE !

Antoine Sabbagha

Assassinat Hariri un feuilleton noir qui ne cesse de choquer les libanais et la fin ?

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