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À l’AUB, la Global Summer School : un atelier international pour un impact local

ARCHITECTURE

Au mois de juillet, quinze jeunes étudiants en architecture de plusieurs universités libanaises ont conçu et construit au village de Douma un pavillon public de 25 m² inspiré des maisons traditionnelles.

19/08/2017

« La Global Summer School (GSS) est un atelier d'une durée de deux semaines ayant lieu chaque année au mois de juillet, simultanément dans plusieurs villes autour du monde », précise Stéphanie Bachir, chef de projet de GSS Beyrouth, avant de poursuivre : « Cet atelier international initié par l'Institut d'architecture avancée de Catalogne (IAAC) a pour but de créer une plateforme commune, entre les équipes des différentes villes participantes, autour des applications des technologies émergentes du monde de la conception et de l'ingénierie. » Selon l'architecte qui est elle-même diplômée de l'IAAC en 2014, cette institution vise à décentraliser sa méthodologie de conception en partageant son savoir-faire à travers ses diplômés qui lancent cet atelier dans leurs pays d'origine. Cette année, six villes — Barcelone, Montería, Téhéran, Moscou, Beijing et Beyrouth — y ont participé. Le thème commun consistait « à revisiter les techniques traditionnelles de construction et se servir de logiciels numériques avancés afin de concevoir, d'analyser et d'optimiser la fabrication de structures architecturales complexes ».

Pour la deuxième année consécutive, cet atelier a été accueilli et organisé par la professeure Carla Aramouny au département de l'architecture et du design à l'AUB avec une équipe de 15 étudiants en architecture et ingénierie provenant de différentes universités du Liban (AUB, Alba, Usek, NDU et UL) et de l'École de design de Rhode Island School (RSDI) à New York. « Les installations avancées
du laboratoire technologique de la faculté d'ingénierie et d'architecture de l'AUB nous permettent de réaliser les expérimentations nécessaires dans le cadre de cet atelier », précise l'architecte.

« Outre son but éducationnel, l'importance de cet atelier réside dans le fait de réunir des jeunes universitaires de différents backgrounds et universités dans une enquête commune », assure Mlle Bachir, qui a conçu le contenu du programme de l'atelier avec le Dr Raffi Tchekerian, professeur à l'AUB, de manière à l'adapter au contexte local. « Nous avons décidé de concevoir et de construire une structure publique inspirée des maisons traditionnelles dans un espace public offert par la municipalité au village de Douma. Notre objectif étant d'activer cette région rurale tout en invitant les gens à explorer les techniques avancées de construction », explique-t-elle.

 

Aspect pratique de l'atelier
« Nos étudiants en architecture ont besoin de pratique. Ils conçoivent et font des maquettes, mais l'expérience de construction leur manque. Passer de la théorie à l'application en exécutant un prototype réel est essentiel à ces architectes en herbe », précise l'organisatrice de la GSS Beyrouth. Et d'assurer : « L'idée de travailler avec leurs mains et d'exécuter ce projet à l'échelle réelle en faisant une transition continue entre la conception numérique et la construction physique a vraiment motivé les participants. » L'atelier a débuté par une visite guidée avec les étudiants au village de Douma pour se familiariser avec les différentes typologies de maison traditionnelle. « S'informer sur les méthodes traditionnelles de construction était essentiel aux membres de l'équipe afin de pouvoir par la suite faire le mariage entre la tradition et la technologie », explique-t-elle.
La première semaine de l'atelier était consacrée à des sessions intensives et des travaux dirigés d'outillage à l'AUB avec le Dr Tchekerian, Mlle Bachir et des conférenciers internationaux. Les étudiants ont par la suite conçu avec leurs tuteurs la structure architecturale avant de commencer sa fabrication, avec un matériel durable, au laboratoire de l'AUB. Au cours de la deuxième semaine, les étudiants ont rassemblé les 500 pièces qu'ils ont construites sur le site à Douma pour aboutir à la structure finale.

 

Échanges internationaux
Le 16 juillet dernier, l'atelier a été clôturé par une conférence menée via Skype avec les équipes des autres villes, en direct du village de Douma. « Cela nous a permis d'exhiber notre travail et d'effectuer des échanges culturels et d'approches sur les applications des technologies émergentes avec les autres équipes », note Stéphanie Bachir, avant d'ajouter : « Ce pavillon public dans lequel les gens peuvent se réunir tout en savourant la vue sur la nature a été officiellement inauguré le 29 juillet. La précision, la bonne coordination et la dynamique exemplaire du groupe nous ont permis de mener à bout ce projet tout en relevant plusieurs défis dont : l'échelle réelle de la structure, la synchronisation des séquences construites et la responsabilité d'obtenir une structure stable et sécuritaire. » Le témoignage d'Héléna Homsi illustre les paroles de l'architecte. L'étudiante en 4e année d'architecture à l'AUB assure : « Cet atelier m'a permis de créer, suivre et célébrer un projet du début jusqu'à la fin et de travailler en harmonie avec mes coéquipiers. Communiquer nos idées et mêmes nos soucis nous a permis éventuellement d'aboutir à un produit intelligent, esthétique et utile. »

 

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