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La technologie à l'assaut des mystères de l'Egypte antique

Archéologie

Selon l'archéologue égyptien Zahi Hawass, la science ne doit pas se substituer aux archéologues.

OLJ/AFP/Emmanuel PARISSE
04/08/2017

Du haut des pyramides de Guizeh, les mystères de l'Egypte antique narguent encore l'humanité mais des cohortes de scientifiques armés d'instruments de plus en plus sophistiqués font tout pour décrypter cette fabuleuse civilisation.

Le 1er juillet 1798, le général Bonaparte débarquait à Alexandrie avec 40.000 hommes pour bloquer la route des Indes aux Anglais. Il était accompagné de dizaines de savants et artistes qui ont jeté les bases de l'égyptologie moderne.

Depuis plus de 200 ans maintenant, les égyptologues utilisent la science pour percer les secrets enfouis dans le sable du désert égyptien depuis des millénaires. Aujourd'hui, pour accomplir leur tâche pharaonique, les scientifiques installent des dispositifs bardés d'électronique ou font appel aux dernières techniques chimiques pour la datation. Si la chimie a encore besoin d'échantillons même infimes, les techniques employées aujourd'hui se veulent non-invasives pour ne pas endommager les vestiges archéologiques.

 

(Pour mémoire : Des catacombes et 17 momies découvertes dans le centre de l’Égypte)

 

Mystères et spéculations
Thermographie infrarouge, muographie ou imagerie basée sur la détection de particules muons, et simulation 3D: ScanPyramids est l'un des plus ambitieux projets visant à percer les mystères de la pyramide de Khéops, sur le plateau de Guizeh près du Caire, l'une des sept merveilles de l'Antiquité construite il y a 4.500 ans. ScanPyramids a déjà annoncé en octobre que la grande pyramide pourrait receler des cavités inconnues.

"Tous les dispositifs qu'on a mis en place (...) sont destinés à savoir où se situe exactement la cavité. On sait qu'il y en a une mais nous cherchons à savoir où elle se situe exactement", explique Mehdi Tayoubi, président et co-fondateur de Hip-Institute qui pilote le projet ScanPyramids.

Les dispositifs de muons sont soit des émulsions chimiques mises en place par l'Université de Nagoya, soit des capteurs électroniques du laboratoire de recherche sur les particules japonais KEK, soit des télescopes à muons du CEA français. Les résultats obtenus doivent ensuite être confrontés aux relevés infrarouge et 3D.

Le mystère entretient les spéculations autour de la construction des pyramides depuis des siècles. C'est le cas aussi pour Néfertiti, la reine d'Egypte à la beauté légendaire, épouse d'Akhénaton née il y a près de 3.400 ans.
On n'a jamais retrouvé de manière certaine sa momie et chacun y est allé de sa théorie sur la localisation de ses restes.

L'égyptologue britannique Nicholas Reeves est convaincu qu'ils sont cachés dans la tombe de Toutankhamon, dans la vallée des rois près de Louxor. A l'automne 2015, les autorités égyptiennes ont fait procéder à un examen radar de la tombe du célèbre pharaon. Devant l'absence de résultats probants de cette opération ultra-médiatisée, le débat s'est enlisé.

Pour en avoir le coeur net, une équipe de l'Université Politecnico de Turin doit faire prochainement des mesures avec d'autres méthodes: la tomographie, une technique utilisée dans l'imagerie médicale, la magnétométrie ou mesure du champ magnétique, et le géoradar conçu pour sonder les sols.

Mais pour l'archéologue égyptien Zahi Hawass, il n'y pas de chambre secrète dans la tombe de Toutankhamon. Il explique notamment que Néfertiti, adepte du dieu Aton, n'aurait jamais pu être enterrée dans la Vallée des rois.

 

(Pour mémoire : Les restes d'un "jardin funéraire" de l'ère pharaonique découverts à Louxor)

 

Travail de fourmi
Chambre secrète ou pas, ni le ministère des Antiquités égyptien, ni Politecnico n'ont souhaité s'exprimer, sans doute échaudés par le fiasco médiatique des dernières expériences.

Loin de l'agitation médiatique, le laboratoire de datation de l'Institut français d'archéologie orientale (IFAO) au Caire, travaille à un grand projet: rendre plus précise la chronologie de l'Egypte ancienne. La vénérable institution installée dans la capitale égyptienne depuis 1880 abrite un laboratoire de datation et un autre pour l'étude des matériaux.

"Pour l'Egypte ancienne, la chronologie n'est pas clairement définie. On utilise une chronologie relative, on va parler d'Ancien, de Moyen, de Nouvel empire, on va se référer à des règnes, à des dynasties, mais on ne sait pas exactement de quand ça date", explique Anita Quilès, responsable du pôle archéométrie à l'IFAO. Le travail de fourmi qui allie sciences physiques et chimie durera plusieurs années.

La science a toutefois ses limites et Zahi Hawass insiste: elle ne doit pas se substituer aux archéologues. "Ces 10 dernières années, il y a eu de bonnes choses apportées par la technologie dans l'archéologie, mais nous ne pouvons pas laisser les scientifiques annoncer des découvertes sans qu'elles soient passées en revue par les archéologues", dit-il.

 

 

Pour mémoire

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