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Moyen Orient et Monde

Bachar et Asma el-Assad : un couple régnant sur l’enfer

Fiche de lecture
04/08/2017

Bachar le chimique, le criminel, le dictateur, le bourreau, le monstre... Les mots n'ont pas manqué à Jean-Marie Quéméner pour décrire le président syrien sous son jour le plus sombre dans son nouveau livre Bachar el-Assad, en lettres de sang (édition Plon, 2017).

Journaliste correspondant au Proche-Orient durant sept ans, l'auteur tente à travers ce second ouvrage consacré au président syrien (le premier était Docteur Bachar, Mister Assad, édition Encre d'Orient, 2001) d'élaborer une biographie pour tenter de comprendre comment ce jeune homme discret et timide, « cette petite chose fragile de sa famille », est devenu « le plus grand criminel de guerre de son siècle ». « Qu'est-il arrivé ? » se demande l'auteur.

Son but sera donc de dresser « un portait le plus juste possible de Bachar el-Assad, nourri des propos des opposants, mais aussi de ses amis, de sa famille, du "premier cercle" ». Un fil conducteur sera néanmoins présent tout au long du livre : a-t-il toujours été ainsi, ou bien l'est-il devenu ?
« Ses enseignants auront toutes les peines du monde, quand il sera devenu président, de se souvenir de l'élève Bachar », note l'auteur. Par contre, « à la mort de son père, il incarnera l'espoir d'une grande nation, le renouveau d'une Syrie qui doit se réécrire en lettre de modernité ». Mais dans les coulisses, le jeune Bachar « élimine un à un tous ceux qui expriment la moindre réticence devant son ascension programmée »... Il tisse donc sa Toile et « peu à peu Bachar fait le vide », non seulement chez les caciques du régime, mais aussi au sein de l'opposition syrienne qui faisait ses premiers balbutiements au début de son mandat. C'est ainsi qu'après quelques hésitations, le jeune président met un point final au « printemps de Damas » en 2005.

 

(Pour mémoire : Asma el-Assad affirme avoir rejeté des "offres" de quitter la Syrie)

 

Dame de l'enfer
L'intérêt du livre de Jean-Marie Quéméner réside par ailleurs dans l'intérêt qu'il porte à la femme du président syrien, Asma el-Assad, née el-Akhrass. Sa famille, sa jeunesse, ses études et surtout son rôle primordial dans la décision de Bachar de tout quitter à Londres pour revenir aux côtés de son père Hafez, après la mort de son frère Bassel dans un accident de voiture. Sans oublier aussi son implication active au début du mandat de son mari à la tête de la Syrie et ses positions solidaires de l'action du dictateur depuis le début de la révolte en 2011. « Asma va passer, dans la presse occidentale, de la "Rose du désert" à la "Première dame de l'enfer". »

Il retrace ainsi sa vie à Londres, son parcours académique à la Harvard Business School et professionnel en tant que trader en herbe à la banque JPMorgan, ainsi que ses premières rencontres avec le fils de Hafez el-Assad qui, lui, faisait ses études d'ophtalmologie au Royaume-Uni.
Les deux Syriens londoniens « vont donc se rapprocher jusqu'à se fiancer. Pour le plus grand plaisir de la famille el-Akhrass... Et le plus profond déplaisir de la mère de Bachar » qui voulait pour son fils une épouse alaouite, et non pas sunnite comme c'est le cas d'Asma.

Elle sera toujours à ses côtés dans les temps difficiles, et le rassure. « Si nous sommes forts ensemble, nous surpasserons cela ensemble... Je t'aime... », lui écrit-elle dans un e-mail divulgué par WikiLeaks. Lui, de son côté, lui renvoie par e-mail un lien iTunes d'une chanson intitulée God gave me to you (Dieu m'a donné à toi). Mais l'adversité ne l'empêche pas de passer son temps à faire du shopping online.
En tentant d'expliquer la situation d'Asma depuis le début du conflit armé en Syrie, l'auteur cite Chris Doyle, directeur du Council for Arab-British Understanding : « Ils se sont sentis de plus en plus à l'aise avec la corruption du régime. » Et puis, « après cinq ans d'un tel carnage, de destruction et d'exode, il est difficile de croire qu'elle et les autres à la tête du régime ne sont pas pleinement conscients de ce qui se passe ».

 

Pour mémoire
Quand l'Onu octroie des contrats humanitaires à des proches d'Assad

Le "beau pays" de Asma el-Assad

À quoi pense Asma el-Assad ?

La "Rose du désert" montre ses épines

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LA TABLE RONDE

L'OCCASION FAIT LE LARRON .

Son pays est sous la menace d'un complot , d'agneau , il se transforme en LION , c'est tout à son honneur .

Ecoutez ce que Robert Dumas dit sue ce complot initié depuis 2011 et auquel il a été convié A PARTICIPER .

ROBERT DUMAS ETAIT LE MAE DE MITTERAND PENDANT 10 ANS .
Tout le reste de manif pacifique etc..., des fables qu'on raconte même plus à des enfants .

LES VAINQUERS ECRIRONT L'HISTOIRE .

Chammas frederico

Pour assumer la tâche de succéder au dictateur Hafez, sans devenir aussi féroce que lui, il fallait
Une "âme forte "... Que n'a probablement pas Bachar...
La coopération sincere des instances du parti...ce qui ne lui a pas été assuré
Des progrès economiques soutenus dans un pays à la démographie galopante, ce qui étant assure un moment, a fléchi, mine aussi par la corruption
Et un répit dans la fronde des "frères musilmans"...toujours en embuscade
Trop de conditions à remplir...pour un homme"impréparation"

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