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Culture

Les décibels berlinois de Sary Sehnaoui

Musique

L'EP « Elephantoms » de San Proper et Hear sort mondialement le 14 juillet en format vinyle, sur le label Naissance Musik.

12/07/2017

C'est un projet à plus de quatre mains qui prend, enfin, forme. Un projet mêlant le format du passé (le disque vinyle) à la musique contemporaine, « pour se positionner à la fois dans un monde particulier, celui des collectionneurs, et pour être écouté par le reste des néophytes ». L'EP Elephantoms (en hommage à cette espèce en voie de disparition), écrit par Manuel Benguigui, avec le design et les créations de Céline Bedat, est sur le label Naissance Musik de Sary Sehnaoui, qui a pris, il y a quelques années, le nom de Hear.

 

En roue libre
Comment le jeune homme trentenaire – qui a étudié les beaux-arts au Canada, avec une spécialisation en production audiovisuelle – a-t-il finalement atterri sur les platines, et non des moindres, puisqu'il s'agit de celles de la capitale la plus branchée d'Europe, c'est-à-dire Berlin ? « Je suis devenu DJ en 2002. Je commençais à mixer par pur hobby dans de nombreux clubs internationaux comme le Watergate, le Basement, le Salon Daomé, le Stéréo... ou encore des événements comme le Piknic Électronik, l'Igloofest, le Mutek. »

Tout arrive à Sary Sehnaoui fortuitement, « plutôt intuitivement », dit-il.
Il réalise qu'être DJ avait une dimension plus grande. Il s'attellera alors à la production, encouragé par sa mère qui le pousse à se jeter à l'eau. Le nom de Hear voit le jour en 2003 et le musicien se met à produire des musiques pour les autres. « C'est un plaisir que d'écouter ma musique mixée par d'autres. Elle se reproduit ainsi autrement. La production et le "DJing" sont deux disciplines différentes, qui se rejoignent parfois, poursuit Sehnaoui. Mais c'est un challenge que de faire les deux à la fois. » Pour concocter sa musique, il se trouvera un studio indépendant. « Une trouvaille, dit-il. C'est une ancienne chambre d'écoute appartenant à la Stasi, insonorisée et idéale pour la confection musicale, sur mesure. »

 

 

 

 

La musique, une cuisine d'émotions
Hear poursuit sa trajectoire comme un électron libre, devenant un quasi-ingénieur du son. « Je joue ainsi avec les logiciels d'ordinateur, les modulaires, soudant parfois des modules et créant mon propre circuit. J'ai besoin d'avoir une vision globale de la musique. » Les jams avec d'autres artistes (Hear + Hakim Murphy pour Dream Scoring ou Hear + San Proper pour The Groin) deviennent des collaborations solides qui jalonnent son parcours sous le label Naissance Musik, qu'il crée lui-même. « Mais on n'écoute pas uniquement des collaborations sur ce label, précise le DJ. J'ai voulu monter une plateforme de création artistique libre. Tant qu'il y a des émotions et des histoires musicales qui font vibrer, elles y seront gravées. »

Son EP en collaboration avec San Proper sort mondialement le 14 juillet. Pour son lancement, son copain, le réalisateur Hany Tamba, César 2006 du meilleur court-métrage, signe le clip d'un morceau intitulé The Groin. Mi- hip-hop, mi-grungy, la musique, tout comme la vidéo, témoigne d'un humour décalé. Hany Tamba explique le choix de la réalisation par ces mots : « Quand Sary m'a fait écouter le morceau, j'ai trouvé la musique aussi étrange que son titre, The Groin, signifiant l'aine ou l'entrejambe en anglais. Avec un titre pareil, il me semblait évident de créer quelque chose qui aurait rapport au désir, mais avec humour. La première image qui m'est venue à l'esprit est celle d'une femme ordinaire qui repasse l'entrejambe d'un pantalon de façon sensuelle. L'autre image est celle d'un personnage bizarre, une sorte de créature mi-Elvis, mi-zombie qui représente The Groin. Et puis tout découle de là. La musique réveille la libido endormie de nos personnages, aidée par la présence de notre héros de série Z ou de film underground, notre "Elvis from Hell", et de ses "Groin Girls". On voulait faire quelque chose de décalé, mais surtout d'amusant et sexy tout en évitant les clichés habituels. »

 

 

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