Liban

Quand l’État devient le maillon faible...

Éclairage
05/07/2017

Les propos du ministre de l'Intérieur, Nouhad Machnouk, concernant les interférences politiques dans l'action du pouvoir judiciaire, ingérences qui auraient permis la libération de plusieurs personnes détenues pour s'être livrées à des tirs en l'air à la suite de l'annonce des résultats du brevet, ont remis sur le tapis le dossier de la prolifération anarchique des armes, ainsi que celui de la couverture politique assurée à certains individus et l'absence d'une approche officielle sérieuse axée sur le respect de l'égalité entre les citoyens.
Si le ministre de l'Intérieur a tenu ces propos en réponse à un tweet du chef des Kataëb, Samy Gemayel, dans certains milieux de l'opposition, on se demande si M. Machnouk ira jusqu'à rendre publics les noms des personnes relâchées et à identifier les parties politiques qui auraient demandé leur libération. Et pourrait-il révéler les noms de ceux qui sont toujours détenus ?
Les opposants saisissent l'occasion pour répondre au communiqué publié hier par le ministre de la Justice, Salim Jreissati, dans lequel il avait démenti les déclarations de Nouhad Machnouk, assurant que « certains détenus ont été relaxés pour absence de preuves ».
À ce sujet, on se pose la question de savoir pour quelle raison on mettrait en détention des personnes concernées sans aucune preuve à l'appui. Mais aussi, si les personnes arrêtées vont être relaxées sous l'effet d'interventions politiques, pourquoi les forces de l'ordre prennent-elles à la base la peine de les arrêter ?
Les Kataëb vont encore plus loin. Des proches de Samy Gemayel estiment en effet que tous les protagonistes devraient aider les forces de l'ordre à arrêter les individus recherchés par la justice, à l'heure où certains d'entre eux ne manquent pas de donner des interviews télévisées en arborant fièrement leurs armes illégales, et d'autant que toutes les formations politiques appellent à lever la couverture protégeant certains criminels.
Pour les observateurs, le paysage politique libanais est atypique. Le « mini-État » y est plus fort que l'État, et la loi n'y est plus qu'un simple point de vue. À cela s'ajoute le fait que la solidarité interministérielle est devenue une notion toute théorique et que des bras de fer sont fréquents entre membres du gouvernement, comme cela a été le cas hier entre MM. Machnouk et Jreissati.
D'ailleurs, souligne-t-on, ayant fait ces révélations sur des libérations intervenues sous des pressions politiques, le ministre de l'Intérieur devrait en toute logique présenter sa démission, d'autant qu'il s'est montré incapable d'appliquer les lois en vigueur et d'interdire, précisément, les pressions politiques.
Mais nombre de commentateurs dénoncent le manque de sérieux de certains responsables en matière de sécurité.

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L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

C,EST ALORS LE CHAOS !

Tabet Karim

Mais qu'il rende son tablier ce moule à gaufres.....Incapable de gérer la situation il veut a tout prix s'accrocher......

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