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Moyen Orient et Monde

L’ONU « préoccupée » par le nombre de civils tués à Raqqa

Offensive
OLJ
15/06/2017

La commission d'enquête de l'ONU sur la Syrie a appelé hier les parties en conflit à protéger davantage la population, se disant « gravement préoccupée » par le nombre croissant de civils tués, notamment dans l'offensive pour reprendre Raqqa au groupe État islamique. « Dans les zones contrôlées par des factions extrémistes, nous sommes gravement préoccupés par le nombre croissant de civils qui périssent lors des attaques aériennes », a déclaré le président de la commission, Paulo Pinheiro. « Nous notons en particulier que l'intensification des frappes aériennes, qui ont préparé le terrain à l'offensive des Forces démocratiques syriennes », une alliance arabo-kurde appuyée par les États-Unis pour reprendre Raqqa aux jihadistes, « a entraîné non seulement un nombre effrayant de pertes en vies civiles, mais a également conduit 160 000 personnes à fuir », a-t-il ajouté.
Human Rights Watch a exhorté de son côté hier la coalition internationale à protéger la population civile des effets du phosphore blanc qu'elle utilise. « Peu importe comment il est utilisé, le phosphore blanc présente un risque élevé d'effets néfastes et durables sur les villes densément peuplées », a souligné Steve Goose, directeur de la division armes de l'ONG. « Les forces conduites par les États-Unis doivent prendre toutes les précautions possibles pour minimiser les risques au sein de la population civile quand elles utilisent du phosphore blanc en Irak et en Syrie », ajoute-t-il. Ce produit est généralement utilisé pour créer des écrans de fumée ou marquer un champ de bataille, mais il peut également être utilisé comme une arme incendiaire meurtrière, ce qui est interdit par le droit international.
Des images fortes, partagées la semaine dernière par des militants et le groupe EI, ont montré du phosphore blanc utilisé dans la ville syrienne de Raqqa, que les forces antijihadistes tentent de reprendre à l'EI. Interrogé à ce sujet, le colonel Ryan Dillon, porte-parole de la coalition, a refusé de « discuter les détails de l'utilisation de nos munitions ou de nos capacités (militaires) ». Il a néanmoins ajouté que le phosphore blanc était utilisé « conformément au droit de la guerre » et « en prenant en considération les effets possibles sur les civils et l'infrastructure civile ». HRW a dit ne pas avoir pu vérifier de manière indépendante si des civils avaient été touchés par l'usage de phosphore blanc par la coalition.
Par ailleurs, des troupes américaines étendent leur présence dans le désert syrien, à en croire des insurgés, ce qui accroît le risque d'une confrontation directe, au sol, entre des Américains et des éléments soutenant le régime syrien. Des éléments des forces spéciales américaines sont basés depuis l'an dernier à Tanaf, un poste-frontière syrien à la frontière irakienne où les Américains aident des insurgés à reprendre des territoires aux jihadistes de l'EI.
Le colonel Ryan Dillon a démenti que les Américains aient mis sur pied une nouvelle base. Mais les forces de la coalition, a-t-il dit, mènent parfois des patrouilles et entraînent des rebelles, dans les environs de Tanaf, pour des durées allant de plusieurs jours à plusieurs semaines.

Relance des négociations
Sur le plan diplomatique, le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian se rendra à Moscou le 20 juin pour discuter avec son homologue russe Sergueï Lavrov de la situation en Syrie et en Ukraine, a annoncé hier la diplomatie russe. Ensemble, ils discuteront de « l'ensemble des relations franco-russes et, bien entendu, de toutes les problématiques internationales actuelles, y compris la crise intérieure de l'Ukraine et la situation en Syrie », a précisé le vice-ministre russe des Affaires étrangères Alexeï Mechkov. L'émissaire de l'ONU pour la Syrie, Staffan de Mistura, a pour sa part laissé entrevoir hier un nouveau cycle de pourparlers de paix à Genève en juillet, et dit espérer des avancées américano-russes au G20 au début du même mois. Ces pourparlers « auront lieu en juillet, (...) après le ramadan (qui prend fin autour du 24 juin), mais aussi une fois que l'on aura aidé à garantir que la désescalade fonctionne réellement », a dit M. de Mistura lors d'une conférence de presse à Losby, près d'Oslo.
De nouveaux pourparlers d'Astana étaient programmés cette semaine mais ont été repoussés sine die. « Astana est important pour l'ONU. Nous espérons que ce qui est fait à Astana peut être étendu afin de (parvenir) à une trêve complète », a indiqué M. de Mistura.
Source : AFP

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