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La Dernière

Oprah et les cellules miraculeuses d’Henrietta Lacks

This is America

Après un règne de 25 ans sur le petit écran qui ont engendré des fans par millions, Oprah Winfrey continue à prôner son célèbre « tout ce qui est humain me touche ».

09/06/2017

Mais qui est donc Henrietta Lacks? Jusqu'à présent, elle n'était connue que dans le monde des sciences. Elle est néanmoins aujourd'hui sous les feux de la rampe grâce à l'incomparable Oprah Winfrey, 63 ans, et un film réalisé par George C. Wolf qu'elle vient de produire. Un film dont elle est la principale interprète et que programme la chaîne de télévision éclectique HBO.

Intitulé The Immortal Life of Henrietta Lacks, ce film, inspiré du livre éponyme, est une invitation à suivre les traces d'un important cas d'éthique médicale, qui a eu lieu bien avant que la question du respect des droits des patients et de l'égalité raciale ne soit un vrai sujet de réflexion. L'histoire, vraie, a été vécue par une Afro-Américaine de très modeste condition qui, en se faisant traiter pour un cancer du col de l'utérus dans les années 40, avait à son insu ouvert la voie à de multiples traitements.

Car, en cultivant ses cellules malades, le médecin qui la soignait leur avait trouvé une particularité : elles pouvaient se reproduire indéfiniment dans des conditions précises. Il avait poussé ses recherches et les avaient vendues à des spécialistes du monde entier sous le nom de cellules HeLa. Ce qui avait permis la mise au point du vaccin contre la poliomyélite, une meilleure connaissance des tumeurs et des virus, ainsi que des avancées médicales importantes, tels le clonage ou la thérapie génique. Henrietta Lacks, qui travaillait dans les champs de tabac et est morte en 1951 à l'âge de 31 ans, n'a jamais rien su de tout cela. Ses cinq enfants n'ont appris que tardivement que les prélèvements dont elle avait fait l'objet avaient servi à des expérimentations. Exprimant publiquement leur désapprobation, ils ont précisé que le service rendu post mortem à la science ne pouvait tout simplement pas laisser dans l'ombre leur mère.

Entrée sans le savoir dans l'histoire
Il a fallu attendre de trop nombreuses années pour que la reconnaissance qu'elle mérite lui soit enfin rendue grâce au livre, publié en 2010, The Immortal Life of Henrietta Lacks, de Rebecca Skloot, journaliste et femme de lettres américaine passionnée par la science et la médecine. Un best-seller publié en 2010 qui est resté en tête des ventes pendant plus de deux ans et qui rend un hommage mérité à la mémoire d'une femme entrée, sans le savoir, dans l'histoire de la médecine. Et à qui on n'avait jamais demandé si elle consentait à être testée, d'autant plus qu'elle était noire. À noter que le titre du livre (et du film) se réfère à la caractéristique des cellules d'Henrietta Lacks qui, fertilisées in vitro, ont la capacité de se reproduire continuellement.

Oprah Winfrey avait mis un point final à son talk-show quotidien en 2011, après avoir mobilisé des millions de téléspectateurs aux États-Unis et dans le monde durant un quart de siècle. Ses qualités sont connues et applaudies par tous : elle est la femme la plus célèbre, la plus populaire, la plus riche, la plus influente, la plus généreuse, la plus philanthrope de son temps, disent ceux qui la célèbrent. Mécène toujours attentive aux grandes causes, c'est dans cette direction que son talent et sa curiosité l'ont toujours poussée.

En sus de ses combats humanitaires et culturels, cette « reine des prises de conscience » menait une autre bataille, pour laquelle elle a rencontré moins de succès : la lutte contre l'obésité. Sur ce plan, pour allier plaisirs du palais et santé, elle a réuni 115 recettes dans un ouvrage culinaire, Food, Health and Happiness. Pour ce faire, elle s'est attelée aux fourneaux avec une brochette de ses chefs préférés. Ensemble, ils ont concocté des saveurs qui flattent les papilles mais aussi la silhouette. Parmi lesquelles on trouve les recettes du poulet non frit, de la dinde au chili, de la salade de kale toscane, de la salade de pommes et des pâtes printanières. Le tout préparé selon son adage : « La nourriture, telle qu'elle doit être, un goût de bonheur, un rituel à partager et un toast à la vie. » Une qualité de vie qu'elle aspire à partager avec le plus grand nombre : notamment en créant la « Leadership Academy for Girls » en Afrique du Sud et en poursuivant ses initiatives caritatives socioculturelles. Le tout sur fond d'une existence menée avec son compagnon depuis trente ans, l'homme d'affaires Stedman Graham. Pas de bague au doigt, mais une relation qui perdure.

 

 

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