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Lifestyle - This is America

Ivanka entre féminisme à l’eau de rose et comité d’éthique

La fille de Trump, qui vient de publier un « manuel pour structurer la vie que l'on veut mener », doit passer au scanner d'une instance de surveillance du gouvernement.

Ivanka Trump portant son fils Theodore James Kushner. Chip Somodevilla/Getty Images/AFP

Ivanka Trump, c'est une image soignée et toujours contrôlée qui colle bien avec le nouvel ouvrage qu'elle vient de publier sous le titre Women Who Work : Rewriting the Rules for Success. La « fille de, femme de », a voulu, en 217 pages, proposer aux Américains un « manuel pour structurer la vie que l'on veut mener », et plus spécifiquement une vie mêlant dans un bel équilibre famille et travail.

Dans cet ouvrage, Ivanka Trump s'appuie sur sa propre expérience après la naissance de son premier enfant. Elle avoue avoir ressenti la nécessité de « démystifier la superwoman » et, écrit-elle, de « partager tous les aspects de (sa) vie et pas seulement (son) moi le plus policé ». Ceci en postant, par exemple, des clichés d'elle au naturel, tel un instantané pris par son époux, la montrant les cheveux ramassés en queue de cheval, en train de jardiner avec ses enfants. Elle parle aussi de cette réalité où « le parfait équilibre travail-vie de famille n'existe pas vraiment ». Parmi ces moments de grand stress, ceux vécus pendant la campagne électorale paternelle, où il lui a fallu assumer ce triangle difficile, ce qui ne lui laissait même plus le temps pour « un massage » ou pour « s'occuper de sa propre personne ». « Je souhaitais pouvoir me réveiller encore plus tôt pour méditer pendant vingt minutes », écrit-elle.

 

(Pour mémoire : Ivanka Trump défend son père accusé de misogynie)

 

De designer à conseillère politique ?
C'est là que le bât blesse. Ce genre de propos ne pouvait qu'attirer une multitude de réactions exaspérées. Au moins, se sont écriées les « vraies femmes » qui travaillent, n'a-t-elle pas à courir elle-même pour accompagner les enfants à l'école, les ramener, les faire manger. Une horde de chauffeurs et de gouvernantes remplissent parfaitement ces tâches parfois ingrates. Même si Ivanka Trump a reconnu, par le passé, être privilégiée, on lui rappelle régulièrement qu'elle n'a pas eu à vivre sous la pression de devoir à gagner, comme les femmes nées sous une moins bonne étoile, son salaire à la sueur de son front.

Pour le critique du New York Times, Women Who Work : Rewriting the Rules for Success est un « milkshake à la fraise, fait de célèbres citations qui l'ont inspirées ». Parmi lesquelles, la réflexion de l'anthropologue et primatologue Jane Goodall : « Ce que vous faites fait la différence et vous devez décider quel genre de différence vous voulez faire. » Réponse de Mme Goodall à Ivanka : « J'espère qu'elle prendra à cœur toute la portée de mes mots. Elle est dans une position où elle peut faire beaucoup de bien ou beaucoup de mal. » La scientifique avait accusé auparavant l'administration Trump d'avoir mis en danger la faune et l'environnement. Ailleurs, Ivanka a soulevé l'indignation en appliquant au monde des affaires une citation de l'écrivaine américaine Toni Morrison : « Êtes-vous l'esclave de votre temps ou son maître? » Citation qui, à la base, se référait à la libération de l'esclavage.

Autant de matière pour nourrir les critiques d'Ivanka qui mettent en doute sa crédibilité et sa capacité à se métamorphoser de designer en conseillère politique. Si elle a son écoute et son apparente approbation, il n'est pas sûr que Donald Trump prenne en compte les avis des autres, y compris ceux de son entourage le plus proche.

 

(Lire aussi : Ivanka Trump : Quand je ne suis pas d'accord avec mon père, il le sait)

 

Indépendamment de ces points et de ces analyses concernant l'influence de la « First Daughter » et de la sincérité de son féminisme, le comité d'éthique du gouvernement vient d'intervenir pour clarifier son statut de fonctionnaire de la Maison-Blanche. Certes, elle et son époux, nommés conseillers du président, ne touchent aucun salaire. Néanmoins, ils ont l'obligation de se soumettre au règlement régissant leur poste. Ivanka, qui s'est déjà vu assigner un bureau non loin du bureau Ovale paternel, a cessé de s'y rendre depuis une semaine. Elle ne pourra le regagner qu'après avoir rempli les documents qui lui ont été envoyés par le comité d'éthique. Elle doit ainsi fournir un rapport détaillé de ses avoirs financiers, de même que ceux de son époux et de ses enfants. Pour cela, elle a un délai de 30 jours, pouvant s'étendre jusqu'à 45 jours. Elle devra aussi rendre régulièrement compte de ses affaires et dévoiler annuellement l'état de ses finances. De plus, les proches du chef d'État ne doivent, en aucun cas, être sujets à des conflits d'intérêt personnels. Ils doivent donc se désister de tout leur « encombrant » bagage non officiel, ce que la famille Trump ne semble pas avoir encore fait.

La fille aînée du président des États-Unis n'a pas encore réussi à être publiquement ce qu'elle est au sein de sa famille, à savoir la grande favorite. On n'échappe pas comme cela au système de l'Oncle Sam.

 

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