X

À La Une

Les déplacés de Raqqa rêvent de fêter la fin du ramadan chez eux

Syrie

Dans le camp de déplacés de Ain Issa, à 50 km au nord de la ville, les civils ne cessent d'affluer, à mesure que les combats se rapprochent de cette ville du nord aux mains des jihadistes depuis près de trois ans.

OLJ/AFP/Delil SOULEIMANE
05/06/2017

Près de Raqqa, des Syriens rêvent de fêter la fin du ramadan dans leur ville, bastion du groupe Etat islamique (EI) que des forces soutenues par les Etats-Unis s'apprêtent à assaillir dans les jours à venir.

Dans le camp de déplacés de Ain Issa, à 50 km au nord de Raqqa, les civils ne cessent d'affluer, à mesure que les combats se rapprochent de cette ville du nord aux mains des jihadistes depuis près de trois ans. Les Forces démocratiques syriennes (FDS), une alliance de combattants arabes et kurdes, devraient lancer l'assaut sur ce bastion de l'EI dans les tout prochains jours.

En attendant, les civils déplacés passent leur premier ramadan, mois de jeûne sacré pour les musulmans, dans les conditions rudes du camp. "Cela fait 20 jours que je suis là et je dors toujours par terre", déplore Salwa Ahmed, 33 ans, la tête couverte d'un voile noir.

Avec l'été qui approche et les températures qui avoisinent les 40 degrés, ceux qui jeûnent sont mis à rude épreuve. "Il fait tellement chaud dans le camp. On se sent mort à la fin de la journée", soupire la jeune femme.
Elle se souvient du temps où elle passait le ramadan chez elle avec ses proches, et des plats qu'elle cuisinait pour l'iftar, le repas de rupture du jeûne. "Chez nous, on cuisinait des centaines de plats différents. Ici, on n'en prépare qu'un seul. Parfois, on ne cuisine même pas et on attend la petite ration qui nous est servie", raconte Salwa Ahmed.

Dans le camp, les déplacés reçoivent gratuitement une ration de nourriture et du pain pour l'iftar, explique la jeune femme, pour qui cela est insuffisant. "Ceux qui n'ont pas d'argent meurent de faim". Plus de 20.000 personnes ont trouvé refuge à Ain Issa, selon un chiffre donné le mois dernier par un administrateur du camp.
"J'espère qu'on pourra rentrer à Raqqa pour fêter l'Aïd chez nous, rendre nos enfants heureux. Ici il n'y a plus de joie dans le cœur des gens".

 

(Lire aussi : La fuite des civils s'accélère en prévision de l'offensive sur Raqqa)

 

"Un rêve"
Les FDS ont lancé en novembre dernier l'opération "Bouclier de l'Euphrate", qui vise à chasser l'EI de Raqqa. Ses combattants sont à présent à quelques kilomètres de la ville sur les fronts nord, est et ouest. Une porte-parole des FDS a déclaré samedi que l'assaut final sera lancé "dans quelques jours".

Ibrahim Mohammad Saïd, la quarantaine, tente de se protéger du soleil à l'ombre du centre médical du camp. "La situation était vraiment difficile à Raqqa. Mais cela fait six jours que je suis ici (...) et nous n'avons rien reçu. Ma femme, qui vient d'accoucher, mange des tomates et des concombres", déplore ce père d'une famille de 14 personnes.

Dans le camp, un petit marché composé de quelques tentes bleues propose des produits alimentaires, mais Ibrahim ne peut rien se payer. "Je n'ai pas d'argent pour acheter à manger. Nous vivons quasiment de pain et d'eau", affirme l'homme aux yeux couleur miel et à la fine barbe noire. "Nous espérons pouvoir retourner chez nous le plus vite possible".

Ramadan al-Bakou, lui, a les larmes aux yeux en évoquant sa ville natale. Se remémorer "l'ambiance de l'Aïd à Raqqa, c'est comme un rêve pour celui qui est loin de chez lui". "Dès que Raqa sera libérée, quelle que soit l'heure, j'y retournerai. Même si c'est en pleine nuit", assure l'homme de 38 ans. "Qui ne voudrait pas rentrer chez lui?"

Il s'imagine déjà offrant des vêtements neufs à son fils pour la fête de l'Aïd et rendant visite à sa famille et ses amis. "Est-ce que Dieu fera que je passe l'Aïd à Raqqa?", s'interroge-t-il. "Ce serait un rêve pour moi".

 

 

Pour mémoire

Mines, exécutions : des Syriens bravent le danger pour fuir les jihadistes

« Je n’arrivais plus à raisonner tellement j’avais peur »

À la une

Retour à la Une

Vos Commentaires

Chère/cher internaute,
Afin que vos réactions soient validées sans problème par les modérateurs de L'Orient-Le Jour, nous vous prions de jeter un coup d'oeil à notre charte de modération en cliquant ici.

Nous vous rappelons que les commentaires doivent être des réactions à l'article concerné et que l'espace "réactions" de L'Orient-Le Jour, afin d'éviter tout dérapage, n'est pas un forum de discussion entre internautes.

Merci.

 

AIGLEPERçANT

SI ON envisage de libérer raqqa comme ça se passe avec Mossoul en ce moment , faut mieux faire appel à des spécialistes es-tu éradication de bactéries.

C'est pas cette équipe qui y arrivera .
AU SECOURS POUTINE BASHAR HASSAN. ...

Wa salammmmmmmmmmm.

Dernières infos

Les signatures du jour

Les + de l'OLJ

1/1

Les articles les plus

A WEEKLY EDITION CURATED AND
PERSONALIZED BY OUR EDITORIAL TEAM

SIGN UP TO OUR NEWSLETTER IN ENGLISH

More Info See Sample
x

Pour enregistrer cet article dans votre dossier personnel Mon Compte, vous devez au préalable vous identifier.

L'Orient-Le Jour vous offre 5 articles

Nous sommes un journal indépendant, nous chérissons notre liberté qui découle de notre autonomie financière comme de nos principes éthiques. Votre soutien, cher lecteur, est plus que nécessaire pour pérenniser nos initiatives.

Je poursuis la lecture

4

articles restants