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Liban

Hariri met les municipalités face à leurs responsabilités

Déchets ménagers

Un élu s'insurge : « Les plans centraux de traitement doivent d'abord provenir des autorités. »

S. B. | OLJ
02/06/2017

« Nous n'accepterons pas de laisser les ordures dans les rues comme ce fut le cas dans le passé. » Ces mots sont ceux du Premier ministre Saad Hariri, qui s'exprimait hier à la suite d'une réunion sur des projets de développement dans le Metn-Sud.

Et d'enchaîner : « Certaines municipalités ont annoncé qu'elles pourraient trouver une solution à ce problème, et nous leur avons accordé le temps qu'il faut. Le ministre de l'Intérieur a envoyé des circulaires à ce propos, il y a quatre mois, mais n'a reçu aucune réponse. Un cahier des charges sera transféré au Conseil des ministres, ce qui nous permettra de prendre une décision à ce propos. En effet, nous n'accepterons pas que les déchets se retrouvent à la rue, d'où le fait que nous construirons des usines qui respectent des critères techniques très stricts, et nous allons collaborer pour cela avec de grands consultants qui seront chargés d'effectuer le suivi. » « En tant que municipalités et fédérations de municipalités, vous devrez aider le gouvernement dans ce domaine », a-t-il conclu, s'adressant aux présidents de conseils municipaux présents.

Pour ce qui est des usines prévues, évoquées par le Premier ministre, hier, nous n'avons pu obtenir de plus amples renseignements. Mais le ton adopté à l'encontre des municipalités était remarquable du fait qu'il était direct. Où en sont les municipalités dont le rôle a été très souvent évoqué – et critiqué – au cours de la crise des déchets qui a secoué le pays en 2015-2016 ? Est-il vrai qu'elles ont manqué à leurs engagements ? Un élu interrogé s'en défend.

Atef Mansour, président du conseil municipal de Bourj Brajneh, était présent hier à la réunion. « En tant que municipalités, nous avons travaillé sur le tri et le recyclage, dit-il. Mais le gouvernement essaie toujours de nous renvoyer la balle en affirmant que nous devons trouver des solutions, alors que c'est à lui d'élaborer un plan central. »

 

(Lire aussi : Une première transition Sukleen-Ramco, sur fond de monticules d’ordures)

 

M. Mansour explique que les conseils municipaux de la banlieue sud, dont il fait partie, ont proposé un plan au Conseil du développement et de la reconstruction (CDR), en attendant qu'il soit présenté au Conseil des ministres. « Nous avons une vision de ce que nous pouvons faire, mais financer des usines est tout à fait au-delà de nos moyens, affirme-t-il. Or, cette région est surpeuplée, comme tout le monde le sait, et ses problèmes s'en trouvent amplifiés. »
Pour ce qui est des usines évoquées par M. Hariri, M. Mansour assure que « le Premier ministre n'a assisté qu'au début de la réunion et n'a pas donné de détails à ce sujet, ni apporté une vision globale au débat ».

À savoir que la réunion a porté sur plusieurs sujets de développement en rapport avec cette vaste région, notamment des projets de routes nécessaires à cette zone, des installations d'électricité, le traitement de la pollution de puits et la construction de stations d'épuration, le traitement du très pollué fleuve de Ghadir, avec élimination des nombreux empiétements sur son lit, des travaux dans les écoles publiques, des projets d'eaux usées... Parmi les points à l'ordre du jour, un article essentiel concerne « la nécessité de trouver une alternative permanente à la décharge de Costa Brava », qui dessert actuellement toute la région, mais qui fait l'objet d'un jugement pour sa fermeture prononcé par un juge des référés, suivi d'un recours en invalidation présenté par les municipalités de la banlieue sud. Une décharge côtière controversée pour de nombreuses raisons, « qui jouera les prolongations », selon M. Mansour. « Mais, même dans le meilleur des cas, elle ne nous servira pas plus de deux ans et demi, qu'y a-t-il de prévu pour l'étape suivante ? » se demande-t-il.

Après le départ de M. Hariri, la réunion s'est poursuivie, présidée par le vice-Premier ministre et ministre de la Santé Ghassan Hasbani, en présence de plusieurs représentants de ministères et du mohafez du Mont-Liban par intérim, Mansour Daou.

 

 

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aliosha

bla bla bla

Irene Said

Ou l'art de toujours déplacer la faute de tous nos maux qui durent depuis...combien de temps...?...sur les autres !
Irène Saïd

Beauchard Jacques

Tous ces grands projets risquent de repousser la prise en charge de l'espace public et marin côtier, laissé à l'encan, alors que chaque municipalité et l'Etat devraient en assurer la maintenance et la mise en valeur...cette crise est radicale et le retour des ordures en est le symptôme....

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