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Une femme, un téton et une culotte

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20/05/2017

Des tétons, des poitrines, des cuisses, des culottes, des tenues quasiment transparentes, des tops transformés en robes cachant à peine le point le plus culminant des cuisses, des baisers torrides, aussi hypocrites qu'inattendus, sur scène, entre un couple des plus improbables... C'est une course aux moments choc qui se veulent insolites chaque année à Cannes ou ailleurs, mais vite oubliés quelques jours à peine après. Des moments importants pour certaines personnes, qui les diffusent et les partagent sur la Toile, mais en réalité inutiles. Enfonçant davantage l'image de la femme moderne dans le gouffre de la débilité et de la futilité, ils font d'elle un être dont la seule valeur tient à la surface et à la région cutanée qu'elle est prête à partager en direct avec des étrangers aux yeux gloutons. Ces femmes, parfois de grandes actrices qui ont ému des générations entières dans des rôles brillamment dirigés et écrits, entrent dans la spirale qui emprisonnait jadis les starlettes de seconde zone, capables de marcher à l'envers, les fesses en l'air, afin de se faire désespérément remarquer. Des femmes véritables séductrices, certes, mais qui s'égarent à se prendre pour Kim Kardashian, qui n'a rien à proposer à part sa plastique tellement remaniée qu'elle-même ne se reconnaît plus lorsqu'elle croise un miroir...

Il est certain que le Festival de Cannes ou autre événement similaire, comme la cérémonie des oscars ou les Golden Globes, ne sont pas une séance onusienne débattant des crises humanitaires, et que les stars en profitent pour se montrer dans leurs plus beaux attraits. Sauf que certaines femmes se trompent de lieu lorsqu'elles transforment le code vestimentaire d'un événement censé récompenser les talents et génies du monde cinématographique en un numéro d'effeuillage digne du Moulin rouge. Et cela ne concerne que les femmes ! Les hommes sont tous joliment habillés sans aucun changement majeur depuis une bonne dizaine d'années. Pour quelles raisons les hommes ne sentent pas le besoin de se dénuder en public, de laisser accidentellement paraître un téton ou un boxer ?

Inutile de se plaindre du manque de femmes réalisatrices récompensées ou appréciées pour leur talent lorsqu'on encourage ce voyeurisme à deux sous pour valoriser l'image de la sex-symbol aux dépens de son impact, de ses efforts, ses sacrifices et son rôle au cinéma!

Il est temps de voir plus haut que le téton, au-delà de l'échancrure et plus loin que la culotte, une autre forme de la femme. Toute en beauté et drapée dans sa pudeur, une femme s'impose en parlant, en réfléchissant et surtout en agissant. C'est une femme autre, plus en vue car courageuse, pionnière influençant par sa façon d'être des générations avides d'apprendre et orphelines de modèle à suivre. Vivement qu'à Cannes, ainsi qu'au Liban, où les cérémonies sont encore plus désolantes tellement le niveau intellectuel des stars récompensées est bas, nous retrouvions des femmes dont la seule fonction n'est pas seulement d'être belles et sexy, mais engagées socialement et même politiquement, prêtes à dénoncer à voix haute les injustices et à prendre les choses en main. L'exemple à généraliser est celui de la dernière cérémonie des Golden Globes, lorsqu'une actrice-mythe, Meryl Streep, a captivé l'audience, les caméras et les réseaux sociaux avec ce qu'elle avait à dire, tout en gardant sa langue et ses lèvres bien à elle, ses cuisses bien fermées et ses seins en place. On n'est pas prêt d'oublier le discours de Meryl Streep ni sa personne, contrairement à d'autres, dont on ne se souviendra même pas du sein, surmontant (ou non) une culotte...

 

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Le Faucon Pèlerin

Rectificatif : La Corse est à 160 km à vol d'oiseau du Continent.
La phrase exacte : Quand on passe les bornes, il n'y a plus de limites.
Dont acte.

Le Faucon Pèlerin

Lorsqu'il n'y a plus de limites, on dépasse les bornes. A 100 kilomètres de là, en Corse, elles se baignent en burkini.

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

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