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Économie - Liban

Protectionnisme : les industriels haussent le ton

Les représentants des commerçants et des industriels ont réclamé hier des mesures « urgentes » au gouvernement.

De g. à d. : le ministre de l’Économie, Raed Khoury, le président de l’AIL, Fadi Gemayel, le ministre de l’Industrie, Hussein Hajj Hassan, et le président de la CCIAB, Mohammad Choucair.

Les représentants des industriels et des commerçants ont dénoncé hier à la Chambre de commerce de Beyrouth et du Mont-Liban (CCIAB) la détérioration de leur situation. Un phénomène qu'ils attribuent principalement à l'absence de « mesures protectionnistes adaptées » pour limiter les importations de produits concurrents, à la contrebande ainsi qu'à la multiplication des entreprises ouvertes sans autorisation.

« Nous ne nous tairons pas face aux fermetures successives d'usines libanaises (...) et la baisse des exportations », a déclaré le président de l'Association des industriels (AIL), Fadi Gemayel, lors d'une conférence de presse conjointe avec le ministre de l'Industrie, Hussein Hajj Hassan, celui de l'Économie et du Commerce, Raed Khoury, et le président de la CCIAB, Mohammad Choucair. M. Gemayel a notamment demandé à l'État de « lutter contre la concurrence des produits étrangers », de convaincre les pays « qui ont conclu des accords commerciaux avec le Liban d'importer davantage de produits libanais » ou de contraindre les ONG qui viennent en aide aux réfugiés syriens à acheter local. Des revendications soutenues par M. Choucair qui s'est toutefois inquiété du fait que l'adoption de mesures protectionnistes puisse pénaliser les importateurs.

 

(Pour mémoire : Les exportateurs libanais face au casse-tête des barrières normatives)

 

« Prendre ses responsabilités »
Les industriels et les commerçants dénoncent fréquemment la dégradation de la situation économique du pays depuis le début du conflit syrien en 2011, notamment marquée par le recul des exportations. Pour rappel, le déficit commercial a atteint 15,7 milliards de dollars en 2016 (+4,1 % en un an selon les douanes), suite à la hausse des importations (+3,5 % à 18,7 milliards de dollars) et la stagnation des exportations (+0,8 % à 3 milliards de dollars). « En outre, si le prix du baril était resté fixé aux environs de 100 dollars, le déficit aurait atteint 22 milliards », a surenchéri M. Hajj Hassan lors de son intervention, rappelant que les exportations avaient reculé de plus d'1,2 milliard de dollars en six ans. Selon lui, il faudrait « baisser les importations – hors carburant – de 2 milliards de dollars en deux ans » afin de permettre aux industriels de se repositionner sur le marché local.

 

(Pour mémoire : Produits laitiers : vers un protectionnisme renforcé)

 

De fait, les deux ministres présents ont reconnu le caractère « d'urgence » de la situation économique et rappelé des pistes déjà évoquées de longue date pour y remédier. Le ministre de l'Industrie a, par exemple, remis sur la table sa décision de taxer une vingtaine de produits importés identifiés avec l'aide des acteurs des filières les plus menacées, un projet annoncé pour la première fois en mars et qui doit encore être présenté au Conseil des ministres. S'agissant de la multiplication des entreprises ouvertes sans autorisation – mise en avant par M. Choucair qui a fustigé la multiplication d'usines et de commerces détenus par des Syriens – M. Hajj Hassan a indiqué qu'il avait ordonné, « vendredi, la fermeture de toutes les usines sans licence dans la Békaa ».

« Nous allons (...) pousser tout le monde à prendre ses responsabilités au sein du gouvernement. S'il n'y a pas de réactions, nous le dirons (aux citoyens) », a lancé de son côté M. Khoury, qui a préconisé la création d'une « cellule de crise » réunissant les ministères et les parties prenantes afin d'identifier et de soutenir les filières les plus menacées. Le ministre a également fustigé l'organisation du port de Beyrouth, estimant qu'il était « impossible » de lutter contre la contrebande sans réformer son fonctionnement.

 

Pour mémoire

Hajj Hassan envisage de nouvelles mesures protectionnistes


Les représentants des industriels et des commerçants ont dénoncé hier à la Chambre de commerce de Beyrouth et du Mont-Liban (CCIAB) la détérioration de leur situation. Un phénomène qu'ils attribuent principalement à l'absence de « mesures protectionnistes adaptées » pour limiter les importations de produits concurrents, à la contrebande ainsi qu'à la multiplication des...

commentaires (3)

MON COMMENTAIRE N,A PAS PLU... JE SUIS AVEC LES INDUSTRIELS !

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

19 h 57, le 10 mai 2017

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Commentaires (3)

  • MON COMMENTAIRE N,A PAS PLU... JE SUIS AVEC LES INDUSTRIELS !

    L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

    19 h 57, le 10 mai 2017

  • ouf.. pour une fois, personne ne dit que c'est la faute à l'ennemi israélien ... simple conclusion , le problème est donc bien libano/libanais ....!

    M.V.

    15 h 30, le 10 mai 2017

  • entre le hezbolla qui considere que chaque Chiite fait partie de la moqawama et qu'il faut fermer les yeux si un d'eux se sert frauduleusement des richesses du pays et les syriens qui nous innondent de leur contrebande, le pays est en train d'etre completement noyaute.

    George Khoury

    06 h 40, le 10 mai 2017

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