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Économie - France

Sortie de l’euro : le nouveau calendrier du FN difficile à tenir, selon des économistes

Selon un récent sondage Elabe, 72 % des Français veulent garder la monnaie unique.

L’accord de gouvernement conclu entre Marine Le Pen et le souverainiste Nicolas Dupont-Aignant a contraint la candidate du FN à la présidentielle à modifier son calendrier sur la politique monétaire de la France. Photo AFP

Le nouveau calendrier de Marine Le Pen sur la politique monétaire, qui repousse aux calendes grecques le retour au franc et l'abandon de l'euro comme monnaie unique, est un coup politique qui ne change rien aux risques que le projet ferait courir à l'économie française, estiment des économistes.

L'accord de gouvernement conclu vendredi par la candidate du Front national au second tour de l'élection présidentielle avec le souverainiste Nicolas Dupont-Aignan affirme que « la transition de la monnaie unique à la monnaie commune européenne n'est pas un préalable à toute politique économique ».

La députée FN Marion Maréchal-Le Pen a précisé que les négociations de sortie de l'euro dureraient beaucoup plus que les six mois initialement prévus, Marine Le Pen parlant évoquant une durée allant jusqu'à 18 mois. La candidate, qui sait que les risques liés à la sortie de l'euro inquiètent une grande partie de l'électorat (72 % des Français veulent garder la monnaie unique selon un récent sondage Elabe), affirme qu'il n'y a aucun changement ni contradiction dans sa position.

 

(Pour mémoire : Présidentielle française : Pour les marchés, « jusqu'ici, tout va bien »)

 

La donne est différente
Elle ajoute dans un entretien publié dimanche dans Le Parisien qu'elle maintient sa volonté de garder un euro comme « monnaie commune » et non plus unique pour « les grandes entreprises qui font du commerce international », parallèlement à une « monnaie nationale ».

Dans son entourage, on confirme que ce nouveau calendrier constitue bien un changement de position. « Il y a eu accord de gouvernement avec Nicolas Dupont-Aignan. La donne est quand même assez différente », reconnaît Jean Messiha, le coordinateur du programme du FN. « Il y a effectivement la crainte exprimée par un certain nombre de Français (...) que nous avons intégrée dans les négociations que nous avons eues avec Nicolas Dupont-Aignan. »

Les économistes y voient l'effet de la prise de conscience par Marine Le Pen que la sortie de l'euro renforçait le « plafond de verre » qui l'empêchera d'être élue dimanche prochain. « C'est un vrai changement, mais ça déséquilibre complètement son programme économique », déclare à Reuters Nicolas Bouzou, économiste et directeur du cabinet d'études Asteres. « Ils cherchaient un moyen de se sortir d'une situation où ils s'étaient enfermés ; l'alliance avec Dupont-Aignan leur a donné le prétexte politique pour en sortir mais du coup son programme s'écroule. »

Pour Ludovic Subran, économiste chez l'assureur-crédit Euler Hermes, Marine Le Pen a compris que les Français ont « peur de l'impact que cela aura, notamment sur la consommation et sur l'épargne. Mais ça ne change absolument rien à la fiction absolue qu'est l'idée d'avoir une double monnaie. La monnaie locale se dévaluerait énormément et ça aurait un impact fort sur le bien-être des consommateurs, sans gain de compétitivité, » estime-t-il.

Christopher Dembik, responsable de la recherche à Saxo Bank, parle, lui, d'un « retour à la réalité, la sortie de l'euro remise aux calendes grecques ». « Mais deux monnaies, ça n'a pas de sens. On renoue avec le serpent monétaire européen (avec l'euro monnaie commune ; NDLR) qui avait un inconvénient, c'est que les monnaies nationales étaient soumises à la spéculation », ajoute-t-il.

 

(Pour mémoire : Les investisseurs restent prudents face au FN, sans croire à sa victoire)

 

Programme condamné ?
En abandonnant l'idée d'une sortie rapide de l'euro pour rassurer une partie de l'électorat, Marine Le Pen condamne le reste de son programme, selon les économistes. Nicolas Bouzou rappelle qu'elle prévoit une augmentation massive des dépenses publiques qui se traduirait selon lui par une « explosion du déficit budgétaire » et de la dette. « Il n'était rendu possible que par la monétisation de la dette par la Banque de France qui prêterait directement à l'État », explique-t-il. « Sans (ça), le financement de son programme n'est plus possible. »

En outre, la longue période d'incertitude qui s'ouvrirait avec l'allongement du délai avant l'introduction de la monnaie locale dissuaderait les investisseurs de prêter à la France et provoquerait très probablement une hausse des taux d'intérêt. « Ils partent de l'idée que les marchés ont été résilients après l'élection de Trump et le référendum sur le Brexit », dit Ludovic Subran. « Mais ils oublient que ce sont deux pays qui (...) ne sortaient pas d'une monnaie unique. »

À terme, l'idée d'avoir une double circulation monétaire est également jugée lourde de risques pour la France. « Les seuls pays où il y a un système de double monnaie sont des pays (...) où la monnaie locale se dévalue constamment », ajoute l'expert du cabinet Euler Hermes.
Et une monnaie commune avec des pays dont les taux de change évolueraient à l'intérieur d'un serpent monétaire ne résisterait pas aux tensions dues aux politiques économiques très divergentes. « La monnaie commune évoquée par Marine Le Pen (...) ne peut fonctionner que si les politiques monétaires de pays appartenant à cette monnaie commune sont convergentes. Si cela n'est pas le cas, la monnaie commune ne pourra pas exister », écrit Philippe Waechter, directeur de recherche économique chez Natixis Asset Management, dans une note publiée hier.

 

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La députée FN Marion Maréchal-Le Pen a précisé que les négociations de sortie de l'euro dureraient beaucoup plus que les six mois initialement prévus, Marine Le Pen parlant évoquant une durée allant jusqu'à 18 mois. La...
commentaires (1)

Dur combat pour défendre l' identité française et les intérêts nationaux...! ,contre la gauchocratie caméléonesque ,la presse et médias de gauche , la presse est médias d'état, (bien souvent c'est les même), le syndicat de la magistrature et la justice d'état ,leurs faiseurs d'opinion et leurs commanditaires...

M.V.

09 h 13, le 02 mai 2017

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Commentaires (1)

  • Dur combat pour défendre l' identité française et les intérêts nationaux...! ,contre la gauchocratie caméléonesque ,la presse et médias de gauche , la presse est médias d'état, (bien souvent c'est les même), le syndicat de la magistrature et la justice d'état ,leurs faiseurs d'opinion et leurs commanditaires...

    M.V.

    09 h 13, le 02 mai 2017

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