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"Jamais la liberté de la presse n'a été aussi menacée", s'alarme RSF

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Dans ce classement, le Liban figure à la 99e position (sur 180 pays recensés).

 

OLJ/AFP
26/04/2017

Attaques anti-médias, fausses informations, répression et triomphe d'"hommes forts" comme Trump ou Erdogan: "Jamais la liberté de la presse n'a été aussi menacée", s'alarme Reporters sans frontières (RSF) dans son rapport 2017 publié mercredi.

La liberté de la presse connaît une situation "difficile" ou "très grave" dans 72 pays (sur 180 recensés), dont la Chine, la Russie, l'Inde, presque tous les pays du Moyen-Orient, d'Asie centrale et d'Amérique centrale, ainsi que les deux tiers des pays d'Afrique. La carte du monde dressée par RSF est envahie de rouge ("difficile") et de noir ("très grave"). La presse n'est libre que dans une cinquantaine de pays - en Amérique Nord, Europe, Australie et sud de l'Afrique - selon ce rapport.

Dans ce classement, le Liban figure à la 99e position, derrière la Tunisie et la Timor Oriental, et tout juste devant le Népal. Le pays du Cèdre figurait à la 98e position dans le classement précédent. "S'il existe une réelle liberté de ton dans les médias libanais, ces derniers restent néanmoins extrêmement politisés et polarisés", peut-on lire sur le site de RSF.

 

 

 

 

RSF s'inquiète d'un "risque de grand basculement" de la situation de la liberté de la presse, "notamment dans les pays démocratiques importants". "L'obsession de la surveillance et le non respect du secret des sources contribuent à faire glisser vers le bas de nombreux pays considérés hier comme vertueux: les États-Unis (43e, -2 places), le Royaume-Uni (40e, -2), le Chili (33e, -2) ou encore la Nouvelle-Zélande (13e, -8)", selon l'ONG.

"L'arrivée au pouvoir de Donald Trump aux États-Unis et la campagne du Brexit au Royaume-Uni ont offert une caisse de résonance au +médias bashing+ et aux fausses nouvelles", déplore RSF. Et "partout où le modèle de l'homme fort et autoritaire triomphe, la liberté de la presse recule".

Rétrogradent aussi la Pologne (54e), qui "étrangle financièrement" la presse indépendante d'opposition, la Hongrie (71e) de Viktor Orban et la Tanzanie (83e) de John Magufuli. En Turquie (155e, -4 places), le président Recep Tayyip Erdogan a "résolument basculé du côté des régimes autoritaires" pour devenir "la plus grande prison au monde pour les professionnels des médias", accuse RSF.

La Russie de Vladimir Poutine (148e) reste elle aussi ancrée dans le bas du classement.

 

Journalistes hués en France
En Asie, les Philippines (127e) gagnent 11 places grâce à une baisse du nombre de journalistes tués en 2016, mais, estime RSF, les insultes et menaces contre la presse proférées par le président Rodrigo Duterte laissent présager du pire. "Le basculement des démocraties donne le vertige", a commenté Christophe Deloire, secrétaire général de RSF.

Six pays sur dix ont enregistré une aggravation de leur situation.

Comme l'an dernier, aux première places figurent les pays scandinaves (Norvège, Suède, Finlande, Danemark) et aux dernières l'Erythrée et la Corée du Nord, où "écouter une radio basée à l'étranger peut conduire directement en camp de concentration".

Parmi les 25 pays où la presse est la plus attaquée selon RSF figurent l’Égypte et Bahreïn, des "prisons à journalistes", le Turkménistan (178e), "l'une des dictatures les plus fermées au monde" et la Syrie (177e), pays le plus meurtrier pour les journalistes. Ils sont aussi menacés en Ouzbékistan, en Azerbaïdjan, au Vietnam, au Laos, à Cuba, au Soudan et en Guinée équatoriale.

RSF dénonce aussi le cas de plusieurs pays du Moyen-Orient, comme l'Iran (165e) qui emprisonne ses journalistes "par dizaines" ou les condamne au fouet, peine pratiquée aussi en Arabie saoudite (168e), notamment envers le blogueur Raïf Badawi, aussi condamné à 10 ans de prison.

La France, pour sa part, remonte de la 45e place (en 2016) à la 39e place, un effet mécanique après une année 2015 marquée par la tuerie de Charlie Hebdo. RSF y relève néanmoins un "climat violent et délétère", avec des attaques verbales contre "les médias menteurs" pendant la campagne présidentielle "où il devient normal d'insulter les journalistes, de les faire siffler et huer lors de meetings".

L'ONG dénonce aussi les pressions du groupe Vivendi de Vincent Bolloré sur ses médias, comme la "déprogrammation d'une enquête sur le Crédit Mutuel dirigé par l'un de ses amis", la suppression d'émissions ("Zapping" et "Spécial Investigation") sur Canal+ ainsi que le long conflit social à iTELE l'an dernier, à l'issue duquel une centaine de journalistes sont partis.

 

Pour mémoire

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