Chrystèle Khodr

Ce qu’en dit le maître - Roger Assaf

OLJ
22/04/2017

Tiens, la voilà ! Où était-elle ? En Belgique, au Caire, dans la Békaa, en France, au Rwanda... Et puis on se rencontre quelque part à Beyrouth. Coucou ! Quand je la vois, elle rit et elle me fait rire. On pourrait croire, avec cette introduction, qu'elle est instable et pas sérieuse. Eh bien non ! Elle est d'une remarquable constance dans ses choix fondamentaux, dans ses dénonciations, dans sa façon d'utiliser le théâtre sans conformisme ni cliché anticonformiste. Sur scène, elle est elle-même tout l'espace du spectacle. Pas de décors donc, mais une proximité irrésistible qui rend dérisoire toute protection chez le spectateur. D'ailleurs, la personne qui nous parle n'est pas maquillée (au sens propre comme au sens figuré), elle parle de choses vécues, par elle, par nous, par d'autres que nous qu'elle a vraiment rencontrés, et cela fait mal, ou fait sourire, ou fait réfléchir, ou nous rappelle ce qu'on aurait tort d'oublier. Dans ce petit espace privé qu'elle occupe entièrement et qu'elle meuble de petites histoires et de grandes questions, je suis heureux de découvrir la jeunesse libanaise du XXIe siècle, ses blessures profondes, sa rébellion tenace, son inquiétude rageuse et son humour corrosif. Je me suis toujours méfié des révolutionnaires au visage grave et à la parole ennuyeuse. Réjouissez-vous avec moi à la rencontre de ceux et celles qui, comme Chrystèle, manient la dérision et l'autodérision avec l'énergie d'une génération qui refuse le désespoir.


Roger Assaf est un vétéran de la scène théâtrale libanaise.

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