Deux hommes à moto, le 5 avril 2017, passent dans une rue de Khan Cheikhoun à Idleb, ciblée mardi par des frappes aériennes, vraisemblablement à l'aide de munitions chimiques. Photo REUTERS/Ammar Abdullah
Idleb dans la guerre
La province d'Idleb a une importance stratégique, étant à la fois proche de la frontière avec la Turquie, pays favorable à la rébellion, mais aussi de la province côtière de Lattaquié, fief du régime et berceau de la famille du président Assad.
Proche de l'axe routier reliant Alep à Damas, la ville d'Idleb compterait aujourd'hui environ 200.000 habitants.
Avant la guerre, la majorité des habitants de la province travaillaient dans l'agriculture, surtout dans la culture du coton et des céréales, ou à Alep.
En mars 2015, l'Armée de la Conquête (Jaich al-Fatah), une coalition composée de groupes rebelles islamistes comme Ahrar al-Cham, et jihadistes tel que le Front al-Nosra (rebaptisé depuis Fateh el-Cham), s'empare de la ville d'Idleb, à majorité sunnite.
Sa capture est un coup dur pour le régime car il s'agit de la seconde capitale provinciale à lui échapper, après Raqqa, devenue le fief du groupe jihadiste Etat islamique (EI).
Idleb et sa province vont être la cible répétée de raids aériens meurtriers de l'aviation syrienne et de celle de son allié russe, engagé dans le conflit depuis septembre 2015.
C'est dans cette province qu'ont été transférés des milliers de rebelles et leurs familles évacués par la force d'autres fiefs insurgés, notamment de la province de Damas.
"Attaques chimiques"
Avant l'attaque de mardi contre Khan Cheikhoun (86 morts dont 30 enfants), la province a été visée par d'autres "attaques chimiques.
En octobre 2016, le Conseil de sécurité reçoit un rapport confidentiel concluant que l'armée syrienne avait mené une attaque à l'arme chimique, sans doute du chlore, à Qmenas, un village de la province, en mars 2015.
Dans un précédent rapport, la commission d'enquête avait conclu que des hélicoptères militaires avaient répandu du gaz de chlore sur au moins deux localités, à Talmenes le 21 avril 2014 et Sarmine le 16 mars 2015.

Foua et Kafraya, localités prorégime
Les localités chiites de Foua et Kafraya sont contrôlées par le régime mais assiégées par des rebelles islamistes.
En vertu d'un accord conclu en 2015, leur sort a toujours été lié à celui de Zabadani et Madaya, deux villes assiégées par le régime dans la province de Damas. Toute aide parvenant aux localités loyalistes soit également livrée à ces deux villes rebelles.
Un nouvel accord a été conclu fin mars pour l'évacuation de ces quatre bourgs mais son application a été reportée sine die.
"Guerre" au sein de la rébellion
La province d'Idleb a été le théâtre fin janvier 2017 de combats sanglants opposant Fateh el-Cham (ex-branche syrienne d'el-Qaëda) à des groupes rebelles jusqu'alors leurs alliés, dans le cadre d'une guerre d'influence.
La rébellion se scinde alors en deux: des groupes insurgés qui rejettent le processus de paix fusionnent avec Fateh el-Cham sous le nom Tahrir el-Cham, alors que d'autres ouverts aux négociations s'allient avec le groupe salafiste Ahrar el-Cham.
La cité d'Ebla ravagée
La cité antique d'Ebla (Tall Mardikh), dans la province d'Idleb, érigée au temps d'un des plus anciens royaumes de la Syrie antique, a été pillée et ravagée par les combats. Ses tablettes d'argile, datant de 2.400 à 2.300 avant JC et découvertes en 1964, témoignent de l'invention du premier alphabet.
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Proche de l'axe routier reliant Alep à Damas, la ville d'Idleb compterait aujourd'hui environ 200.000 habitants.Avant la guerre, la majorité des habitants de la province travaillaient dans l'agriculture, surtout dans la culture du coton et des céréales, ou à Alep.
En mars 2015, l'Armée de la Conquête (Jaich al-Fatah), une coalition composée de groupes rebelles islamistes comme Ahrar al-Cham, et jihadistes tel que le Front al-Nosra (rebaptisé depuis Fateh el-Cham), s'empare de la ville d'Idleb, à majorité sunnite.
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