Gebran Bassil proposera-t-il aujourd’hui la formule miracle de loi électorale ? Photo ANI
À une semaine du lundi 20 mars, date fatidique à laquelle, selon la Constitution, 90 jours avant l'expiration du mandat de la Chambre (20 juin à minuit), le Conseil des ministres doit convoquer le corps électoral conformément à la loi électorale en vigueur (loi de 1960), les forces politiques en présence continuent de chercher la clé de ce casse-tête qui les tourmente depuis 8 ans.
Ce n'est point le seul désaccord qui les oppose, comme on l'aura constaté avec la crise provoquée par les propos sur le Hezbollah tenus par le patriarche maronite (voir par ailleurs), et la polémique provoquée par l'adoption en commission d'une grille des salaires dans le secteur public qui doit normalement être avalisée par le Parlement, mercredi, mais qui soulève bien des contestations.
(Lire aussi : « Forcing » pour un projet de budget lundi, en prélude au « vote de la grille » mercredi)
À Bassil de jouer
Le chef du CPL, Gebran Bassil, présentera aujourd'hui la dernière des lois électorales fabriquées au cours des trois derniers mois, dans l'espoir qu'elle emportera l'adhésion de toutes les communautés, notamment la communauté druze, ou plutôt cette majorité druze que conduit Walid Joumblatt.
De source informée, on affirme que la loi électorale combine des éléments de scrutin proportionnel, qui a l'assentiment de beaucoup, avec des éléments de la loi dite « orthodoxe », en vertu de laquelle chaque communauté élit ses députés. De toute évidence, cette loi est fabriquée sur mesure pour satisfaire les particularismes communautaires. Elle pourrait ainsi servir de banc d'essai pour l'élection d'un Sénat qui affecterait au régime politique actuel un coefficient de fédération de communautés.
En attendant que M. Bassil ouvre son coffre au Trésor, le ton est monté d'un cran durant le week-end au sein de la communauté druze. Le chef du Parti socialiste progressiste, Walid Joumblatt, hostile à la proportionnelle intégrale, a évoqué hier dans un tweet ce dossier en martelant : « Oui à une proportionnelle qui prévoit un minimum de partenariat et non à une proportionnelle qui mènerait au divorce et au repli sur soi. Arrêtez de jouer au plus fin, nous avons le souffle long. »
(Lire aussi : Gebran Bassil, incontournable..., le décryptage de Scarlett HADDAD)
Grille des salaires
Le désaccord politique sur la loi électorale est tout aussi profond au sujet de la nouvelle grille des salaires adoptée en commission. Le patriarche maronite a pris hier fait et cause pour ceux qui rejettent toute augmentation des taxes destinée à financer la nouvelle grille des salaires, qui devrait coûter au Trésor 1 200 milliards de livres (800 millions de dollars).
Le chef des Kataëb, pour sa part, s'élève contre un projet qui ressemble fort à une prime à la corruption, dont « il renforce les structures » ; un projet qui sanctionne, une fois de plus, les bons payeurs et la population sans défense, et laisse libre cours à l'évasion fiscale. Il s'en expliquera une fois de plus aujourd'hui, dans une conférence de presse.
Le corps enseignant du secteur public est l'un des autres adversaires acharnés du projet parlementaire. Les enseignants font valoir que le projet des commissions conjointes est « créateur d'inégalités » et introduit une criante discrimination entre eux et les différents corps militaires, qui obtiennent deux fois plus de majorations. Situation d'autant plus injuste que les enseignants ont longtemps été le fer de lance de la grille des salaires adoptée.
Enfin, les bénéficiaires civils de la grille eux-mêmes protestent contre l'effort de présence qu'on leur demande (jusqu'à 17 heures), en échange des augmentations promises (lire en page 4).
(Lire aussi : Mécontents, les enseignants laissent entendre une escalade prochaine)
Anomalies
La relative lâcheté des mesures fiscales, destinées à racler les poches de la population à la recherche de 1 200 milliards de livres, éclate d'autant plus que les parlementaires se sont fait cadeau, en passant, d'un relèvement de 75 % à 100 % des indemnités mensuelles perçues par les familles des présidents, chefs de gouvernement et députés décédés, et calculées en fonction de leur dernier salaire.
Par contraste, le petit peuple verra augmenter des taxes sur les intérêts de son épargne (de 5 à 7 %), le prix des timbres sur ses demandes d'extraits de casier judiciaire, le passage de 10 à 20 % des taxes perçues sur les lots de la loterie nationale ( ! ), l'augmentation du prix de son whisky, le passage de 10 à 11 % de la TVA (qui pourrait se traduire par une augmentation de 5 % sur les produits de consommation). Bref, autant d'exemples criants de l'amateurisme qui continue de caractériser une classe politique dont on espère que ce sera le dernier méfait.
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Ce n'est point le seul désaccord qui les oppose, comme on l'aura constaté avec la crise provoquée par les propos sur le Hezbollah tenus par le patriarche maronite (voir par ailleurs), et la polémique provoquée par l'adoption en commission d'une grille des salaires dans le secteur public qui doit normalement être avalisée par le Parlement, mercredi, mais qui soulève bien des contestations.
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Ce n'est plus de la politique de la part de qui vous savez, mais de la politicardie dont le but est la Présidence de la République en 2022 !
12 h 11, le 13 mars 2017