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Liban - La situation

L’adoption d’une loi électorale, précondition à l’approbation du budget

Bassil : « Nous sommes prêts à sacrifier le mandat. »

Une semaine politiquement et socialement mouvementée s'ouvre aujourd'hui, avec la bombe lancée durant le week-end par le ministre des Affaires étrangères, Gebran Bassil, au cours d'un meeting à Batroun. « Pas de budget avant la loi électorale », a-t-il lancé, allant jusqu'à jurer que la loi électorale est, pour le Courant patriotique libre, « encore plus importante que la présidence même ».

Le renversement des priorités ainsi décidé va certainement remettre en question toute l'actualité politique. Normalement, la semaine devait s'ouvrir sur une nouvelle réunion gouvernementale consacrée à l'examen du projet de budget 2017. Mais alors que certains espéraient voir cet examen s'achever rapidement, il semble que ce processus va se ralentir et se compliquer.

C'est ainsi que, pour commencer, outre la réserve exprimée par M. Bassil, une seconde précondition, qui n'est pas nouvelle, a été posée à l'approbation du budget par le vice-président du Conseil des ministres, Ghassan Hasbani (Forces libanaises). Ce dernier a réaffirmé ce week-end que « l'exercice budgétaire 2017 ne sera pas approuvé lundi (aujourd'hui) (...) sans l'adoption, en concomitance, d'un programme de privatisation de la production d'électricité ». Et M. Hasbani d'ajouter que les Forces libanaises ont encore beaucoup de remarques à faire sur des détails du projet de budget.

 

(Lire aussi : Raï : La mauvaise gestion du pouvoir, une lèpre sociale)

 

Avec les nouvelles priorités fixées par M. Bassil et les Forces libanaises, il est probable que les syndicats vont hausser le ton, sachant qu'à l'appel du comité de coordination intersyndical, un grand rassemblement est prévu aujourd'hui même, place Riad el-Solh, en prévision de la réunion consacrée à l'examen du projet de budget et en appui à l'échelle des salaires dans le secteur public. En effet, parallèlement à l'examen du projet de budget par le gouvernement, l'échelle des salaires va être réexaminée aujourd'hui par les commissions parlementaires conjointes. Celles-ci doivent en évaluer à nouveau le coût exact et dire s'il faut qu'elle soit inscrite ou pas dans l'exercice budgétaire 2017, et à quelles conditions.
Notons qu'à supposer que l'examen du projet de budget s'achève cette semaine, il faudra ensuite faire approuver cet exercice lors d'un Conseil des ministres présidé par le chef de l'État.

Signalons enfin qu'indépendamment du budget 2017, le Conseil des ministres se réunira en séance ordinaire, mercredi, à Baabda, pour approuver le train de nominations sécuritaires prévoyant notamment la nomination du successeur du général Jean Kahwagi, en l'occurrence le général Joseph Aoun (sans rapport de parenté avec le chef de l'État). Par ailleurs, ce sera probablement le général Imad Osman, aujourd'hui chef du bureau des renseignements des FSI, qui succédera au général Ibrahim Basbous, tandis que le général Antoine Saliba succédera au général Georges Karaa à la tête de la Sécurité de l'État.

 

(Lire aussi : Les nominations militaires et sécuritaires (presque) décidées)

 

Loi électorale
Si M. Bassil met tellement de pressions pour inciter la classe politique à s'entendre sur une nouvelle loi électorale, c'est que les délais pour son adoption commencent à devenir très courts. Il ne reste plus qu'une quinzaine de jours en effet avant le 21 mars, date limite véritable pour la convocation du collège électoral (90 jours avant la date d'expiration du mandat de la Chambre, le 21 juin prochain).

« Entre la loi électorale de 1960 et le vide, je choisirais le vide », avait dit le chef de l'État. Pour sa part, Nabih Berry a récemment affirmé : « Entre le vide et la loi électorale de 1960, je choisirais la loi électorale. » De ces deux positions diamétralement opposées, force est de constater qu'une seule est légale, la seconde, et que tant qu'elle n'est remplacée par aucune nouvelle loi, la loi de 1960 est toujours en vigueur. Où peut conduire de bras de fer constitutionnel, cette politique du bord du gouffre ? Le chef de l'État parviendra-t-il à convaincre l'opinion que la sortie de l'ordre constitutionnel qu'il prévoit, en refusant de contresigner le décret de convocation du corps électoral si une nouvelle loi n'est pas adoptée, s'opère par fidélité à l'esprit de la Constitution ? Et qu'elle n'est pas une nouvelle aventure ?

 

 

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commentaires (6)

Voila qu'un recalé aux deux élections législatives de 2005 et 2009 de surcroît gendre du président de la République qui déclare que "la loi électorale est plus importante que la présidence" (sic). Le Liban où les chrétiens ne seraient plus que 36% de sa population, serait-il devenu le pays des vantards, des fanfarons, des bluffeurs et des hâbleurs ? Un tel comportement arrête-t-il l'exode des chrétiens vers le Canada, l'Australie et autres coins du monde ?

Honneur et Patrie

16 h 16, le 06 mars 2017

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Commentaires (6)

  • Voila qu'un recalé aux deux élections législatives de 2005 et 2009 de surcroît gendre du président de la République qui déclare que "la loi électorale est plus importante que la présidence" (sic). Le Liban où les chrétiens ne seraient plus que 36% de sa population, serait-il devenu le pays des vantards, des fanfarons, des bluffeurs et des hâbleurs ? Un tel comportement arrête-t-il l'exode des chrétiens vers le Canada, l'Australie et autres coins du monde ?

    Honneur et Patrie

    16 h 16, le 06 mars 2017

  • Un gouvernement propose des lois La Chambre des deputes vote les lois Pourquoi ne pas mettre les differentes options de la loi electorale devant la Chambre et que les deputes votent C'est cela la democratie ni plus ni moins

    LA VERITE

    13 h 18, le 06 mars 2017

  • Tout cela sent le complot à plein nez ! MINI-BLANC-BEC qui visiblement se prend pour le premier ministre, ses copains Gh. Hasbani etc, font tout pour retarder les divers projets qui sont tous urgents pour le pays. Probablement avec l'approbation de ceux qui veulent diriger ce pays selon leur volontè ainsi que celle de leurs commanditaires extérieurs. Quelle honte pour eux tous et pour nous d'avoir de tels IRRESPONSABLES-CORROMPUS ! Irène Saïd

    Irene Said

    09 h 47, le 06 mars 2017

  • “Le plus grand danger pour la plupart d’entre nous n’est pas que notre but soit trop élevé et que nous le manquions, mais qu’il soit trop bas et que nous l’atteignons.” de Michel-Ange

    FAKHOURI

    09 h 46, le 06 mars 2017

  • CONDITION DES UNS ET CONDITION DES AUTRES ET ON N,EST QU,AU DEBUT DES CONDITIONS... TOUT CA S,APPELLE DES BOYCOTTAGES... ET LES BOYCOTTEURS NE SONT PAS QUE DEUX... ON NE FINIRA DE TOUTES CES MASCARADES QU,AVEC LE - DEGAGEZ ! - DE TOUS LES VAURIENS !!!!!!!!!!!!!!!

    CENSURE + CARENCE + BOURDES = FUITE DES ABONNES.

    08 h 50, le 06 mars 2017

  • au vatican,on n en finit que lorsque la fumee blanche en sort,et le pape est designe.j exige que les deputes restent enfermes jusqu a ce que les trois projets en sortent sains et saufs.1-la loi electorale.2-le budget.3-la grille des salaires.juste,apres la fumee blanche doit s elever fierement. les membres du parlement doivent s unir,comme freres,pour aboutir a une fin heureuse,rejetant tout interet et egoisme loin de portee,au moins,pour satisfaire leurs partisans,et egayer la face des libanais. croyez-moi apres cette grande operation,les deputes en sortent des vrais heros.

    Emile Doumet

    06 h 41, le 06 mars 2017

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