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Pamela Khadra : la simplicité, une qualité au cinéma

7e art

Cette jeune diplômée en audiovisuel de l'AUT a réussi le pari de faire voyager son film de fin d'études sur les routes du Liban. Elle rêve à présent d'aller à la conquête du grand public à l'étranger.

24/02/2017

Aussi loin qu'elle se souvienne, Pamela Khadra a toujours été passionnée par le cinéma et la photographie. Avant de suivre cette voie professionnelle, la jeune réalisatrice s'était toutefois engagée dans des études de psychologie. Un an et demi lui suffiront pour savoir qu'il faut fermer la parenthèse et se lancer dans des études en audiovisuel. Ce choix, Pamela Khadra l'a fait parce qu'elle est persuadée qu'il s'agit de sa véritable vocation. Le cinéma, la jeune Libanaise peut en parler pendant des heures sans se lasser. « Au cours de mes années de licence à l'Université américaine de technologie (AUT), j'ai eu enfin l'occasion de découvrir ce qu'est le cinéma à travers le monde, d'apprendre beaucoup et de me préparer à réaliser à mon tour un film pour grand écran », explique-t-elle. Avant d'écrire le scénario de son film de fin d'études, premier court-métrage qu'elle réalisera, la jeune femme hésite, multiplie les recherches, troque une histoire pour une autre. « Ce qui me semblait très important, c'était de mettre en scène une histoire qui refléterait quelque chose de personnel, qui me permettrait de m'exprimer et où le fond primerait sur la forme. Grande amoureuse du cinéma iranien, j'ai voulu filmer avec cette simplicité qui permet d'avoir une production sincère et poétique », confie la réalisatrice en herbe.

À la conquête du grand public
Après neuf mois de travail, Pamela est prête pour projeter son film, Nasseem, de 14 minutes dont le sujet sort définitivement des sentiers battus. Nasseem relate l'histoire d'une jeune Gitane très attachée à sa chèvre nommée Loulou. Une compagne de route dont elle doit néanmoins se séparer puisque son père a décidé de la vendre au boucher. Le court-métrage retrace cette journée pleine de périples au cours de laquelle Nasseem doit se déplacer, à pied, d'un village à un autre, pour remettre, contre son gré, sa chèvre au boucher. Mais il n'est pas certain qu'elle puisse sacrifier la vie de son animal préféré.
« J'ai voulu traduire, sur grand écran, la complicité qui peut exister entre l'humain et l'animal, et permettre à ce dernier d'acquérir le statut d'un personnage à part entière. L'héroïne de mon histoire, Nasseem, qui porte la chèvre Loulou sur ses épaules durant une grande partie du film, voit en l'animal un compagnon de route, un confident et un ami », ajoute Pamela. La jeune femme précise qu'elle a également voulu présenter au grand public une histoire symbolique qui traduit « ces moments de la vie où nous sommes amenés à faire des choix très difficiles ».
Pour qu'il n'y ait pas de faux raccords dans ce court-métrage, Pamela et son équipe ont réussi la prouesse technique de tout filmer en une journée. « D'abord, ce n'était pas évident d'avoir comme personnage principal une chèvre, ensuite nous avons filmé en extérieur, dans des conditions météorologiques difficiles et sans pouvoir nous alimenter en électricité. Mes équipes techniques et artistiques ont dû faire beaucoup d'efforts », poursuit la jeune femme qui ne tarde pas à être récompensée pour son travail. Elle remporte, en septembre dernier, le premier prix du meilleur court-métrage lors de la deuxième édition du festival du film estudiantin al-Kafaat. Après cette victoire, Nasseem sera projeté dans bon nombre de festivals tels que le Festival international du court-métrage libanais LISSF, le Festival du film court arabe ASFF, le Festival international du film de Chennai en Inde et lors de la 23e édition du Festival du cinéma européen.
À présent, Pamela part à la conquête du public international. Son court-métrage a été retenu parmi près de 3 000 candidatures pour être projeté au cours de la 8e édition du Festival de vidéo du Caire le 9 février, et la jeune femme a fait le déplacement pour pouvoir assister à la projection. Ce que les spectateurs lui racontent souvent, c'est qu'ils apprécient le côté artistique et l'aspect non commercial de son court-métrage. « Aller à la rencontre du public, découvrir la réaction de parfaits inconnus qui ont vu mon film est constructif pour moi. Je suis toujours curieuse de savoir ce que les gens peuvent bien penser de mon travail et j'aime discuter cinéma avec eux », confie enfin Pamela dont la première récompense lui a donné davantage confiance en son travail. Après la projection de son film au Caire, la réalisatrice en herbe espère que Nasseem sera retenu dans d'autres festivals à travers le monde. Si la jeune diplômée de l'AUT commence à réaliser des vidéoclips et des publicités, elle souhaite également aller au bout de l'écriture du scénario d'un moyen-métrage qu'elle développe actuellement.

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