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Conflit syrien : qui sont les négociateurs aux pourparlers de Genève ?

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Bachar al-Jaafari, diplomate chevronné, Nasr al-Hariri, cardiologue diplomate et Mohammad Sabra, avocat avisé.

OLJ/AFP
22/02/2017

Un diplomate chevronné, un cardiologue et un avocat représenteront les deux parties du conflit syrien lors des négociations qui débutent jeudi à Genève pour tenter de trouver une solution à six ans de guerre.
Bachar al-Jaafari, ambassadeur syrien à l'Onu, représentera le régime de Damas tandis que Nasr al-Hariri et Mohammad Sabra seront à la tête de la délégation de l'opposition.

 

Jaafari, diplomate chevronné 



Photo AFP

 

M. Jaafari, 61 ans, est l'un des plus éminents visages de la diplomatie syrienne et un défenseur inconditionnel du régime depuis l'éclatement du conflit en 2011. Licencié en littérature française, détenteur d'un doctorat en Sciences politiques de la Sorbonne, il parle couramment le français, l'anglais et le persan, outre l'arabe.
Musulman alaouite, comme le président Bachar el-Assad, M. Jaafari a entamé sa longue carrière diplomatique en 1980.

Ambassadeur à l'Onu depuis 2006, il a rejeté les rapports des Nations unies sur les graves violations des droits de l'Homme perpétrées par le régime, comme l'attaque à l'arme chimique dans la Ghouta orientale dans la province de Damas en 2013, qui avait fait des centaines de morts.

Sous ses airs policés, M. Jaafari peut se montrer injurieux contre ses adversaires. Pour un diplomate à New York, son "analyse partiale de la situation en Syrie" le fait davantage apparaître comme "un porte-parole zélé d'Assad que comme un diplomate", et en fait donc un "interlocuteur inefficace".
Les Etats-Unis ont restreint ses mouvements depuis 2014 et il ne peut circuler que dans un périmètre de 40 km autour de New York.


(Repère : Conflit syrien : des années d'efforts diplomatiques infructueux)

 

Hariri, cardiologue diplomate



Photo AFP

 

Le Haut comité des négociations (HCN), qui rassemble des groupes clés de l'opposition, a opté pour des figures extérieures au milieu militaire pour le représenter à Genève. Cette délégation sera présidée par Nasr al-Hariri, 40 ans, médecin spécialisé en cardiologie.

Anglophone, il est originaire de la ville de Deraa (sud) où avaient éclaté les premières manifestations pacifiques contre le régime en mars 2011, avant qu'elles ne dégénèrent en conflit sanglant qui a fait plus de 310.000 morts et provoqué la destruction massive des infrastructures du pays.

Après avoir pratiqué dans plusieurs hôpitaux, il s'est retrouvé en première ligne au sein des premiers secours et a rejoint la Coalition nationale d'opposition.

Selon plusieurs sources, sa confrontation avec M. Jaafari risque d'être difficile en raison de leurs caractères respectifs. M. Hariri "ne peut pas être provoqué facilement. Il est cardiologue et les cardiologues savent être calmes et capables de gérer la pression", confie une source.


Sabra, avocat avisé

Mohammad Sabra, avocat exigeant et expérimenté, sera le négociateur en chef du HCN.
Il remplace Mohammad Allouche, du puissant groupe rebelle Jaich al-Islam, qui avait représenté l'opposition lors de la dernière série de pourparlers en mars 2016.

En 2014, M. Sabra faisait déjà partie d'une équipe présente lors des négociations de paix en Suisse et était négociateur dans la délégation de l'opposition qui s'est rendue à Genève l'année dernière.
En tant que conseiller juridique de délégations précédentes, M. Sabra connaît bien son sujet, affirment ceux qui le connaissent. Il a travaillé en étroite collaboration avec le Conseil national.

En 2014, M. Sabra a quitté la Coalition nationale et cofondé le parti d'opposition Joumouhariya (la République). Aujourd'hui basé aux Emirats arabes unis, il est resté discret au cours des dernières années.

 

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