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Moyen Orient et Monde - Chronique / Sur un air de campagne

Évolution ou révolution française ?

La candidate du Front national à la présidentielle française Marine Le Pen lors d’un meeting à Clairvaux-les-Lacs, dans l’est de la France, le 17 février 2017. JEAN-PHILIPPE KSIAZEK/AFP

« L'histoire ne se répète pas, elle bégaie. » Force est de constater que ces mots de Karl Marx résonnent en France quand les candidats à la fonction suprême, eux, raisonnent. Vous avez dit décalage ? Faisons un léger devoir d'inventaire. Le chômage gangrène le pays. Le gouvernement, figé, est incapable de résoudre les problèmes. La violence gonfle. Les quartiers s'embrasent. À bout de souffle, l'autorité de l'État est devenue inexistante. Sur la scène internationale, jusqu'à hier, la voix de la France était entendue. Mieux, écoutée. Pfft, balayée. Disparue, rayée des cartes... Celles des élus d'hier, les Sarkozy, Juppé, Hollande ou Valls, ont été, elles aussi, coupées. Le bilan est noir. Cela ne vous rappelle rien ? Tic-tac, tic-tac.

1957. Bonne réponse ! Il y a 60 ans, en effet, la IVe République est moribonde. Une cinquantaine de députés sont élus derrière le slogan des poujadistes: « Sortez les sortants ! » Le peuple ne croit plus aux institutions. Le bilan politique est sombre. Dramatiquement sombre. La Ve république naît de ce chaos.
À la lumière de notre histoire, nos candidats ne doivent pas simplement entendre un vague borborygme citoyen, mais écouter la France qui cause. Voir le peuple qui ne like pas, mais qui serre les dents... Sentir l'opinion publique assaillie par l'angoisse, la désillusion, le flou des horizons... Les Hamon, Mélenchon, Fillon, Macron, Le Pen savent que nous sommes à la fin d'un cycle. D'une boucle. Que nous revivons 1957. Voire 1788. On décèle même quelques signes prémonitoires. La profession de foi de Macron s'appelle Révolution. Mélenchon voulait, jusqu'à ce week-end, comme Robespierre, faire tomber des têtes pour envisager un front commun à gauche. S'il est élu, il annonce même convoquer une assemblée constituante.
Le peuple gronde et la Constitution de 1958 est dépassée. Obsolète. Dans son discours, Charles de Gaulle précisait bien que cette Constitution était faite « pour le peuple que nous sommes, au siècle et dans le monde où nous sommes ».

C'était au siècle dernier. Depuis 1958, notre peuple a changé, tout comme le monde. Il est temps de tourner la page sans la déchirer. La VIe République sonne à notre porte. Il devient urgent que nos candidats mettent sa création comme thème, si ce n'est principal, au moins central dans la campagne. Il faut le dire et l'expliquer avant l'embrasement.

À dix semaines du premier tour, les électeurs sont, d'après une récente enquête publiée par Le Monde, inhabituellement indécis. Les grandes tendances s'affichent ici et là. Fillon dévisse. Macron patine, ou inversement. Hamon-Mélenchon jouent, eux, dans un vaudeville. Mauvais. Seule certitude, Marine Le Pen a, elle, un électorat déterminé, et même si elle apparaît toujours comme la candidate qui « inquiète » le plus, elle est aussi celle qui, aux yeux des Français, « veut vraiment changer les choses ».

Au printemps prochain, tout devient possible. Tout peut arriver. On retient son souffle en pensant à Mark Twain qui écrivait: « La catastrophe qui finit par arriver n'est jamais celle à laquelle on s'est préparé. »

*Frédéric Picard est rédacteur en chef du Figaro.fr

« L'histoire ne se répète pas, elle bégaie. » Force est de constater que ces mots de Karl Marx résonnent en France quand les candidats à la fonction suprême, eux, raisonnent. Vous avez dit décalage ? Faisons un léger devoir d'inventaire. Le chômage gangrène le pays. Le gouvernement, figé, est incapable de résoudre les problèmes. La violence gonfle. Les quartiers s'embrasent. À...
commentaires (3)

"La catastrophe qui finit par arriver, n'est jamais celle à laquelle on s'est préparé.". Et si Hamon siphonnait les voix "prévues" pour Mélenchon, ce ne serait plus alors une Catastrophe....

ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

10 h 35, le 26 février 2017

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Commentaires (3)

  • "La catastrophe qui finit par arriver, n'est jamais celle à laquelle on s'est préparé.". Et si Hamon siphonnait les voix "prévues" pour Mélenchon, ce ne serait plus alors une Catastrophe....

    ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

    10 h 35, le 26 février 2017

  • DE-EVOLUTION... DU RETRO !

    LA LIBRE EXPRESSION

    09 h 59, le 20 février 2017

  • le constat est implacable, 28 ans après La chute du mur de Berlin et l'implosion du paradis du socialisme ...la France est resté fossilisée dans les mentalités d' avant et elle a été incapable de gérer l'après ...si bien que depuis 40 ans, la mentalité sclérosée de fonctionnaire d'état a prévalu ...Normal 1er est un exemple type, d'ailleurs le choix de l'UE , n'est qu'une fuite en avant "intellectuellement confortable" ...vers plus de technocratie eurocrate ..., incontrôlable et vraiment ingérable ....donc, l'éclatement de l'UE est en phase d' "autoprogrammassions" ,le Brexit étant un premier exemple ...! faut dire que dans la balance Roberval des équilibres européens ,le plateau UE penche vers les bas .. car le contrepoids de l'URSS n'existe plus....le constat , est clair au final ,les nationalismes ne peuvent que reprendre du service...

    M.V.

    09 h 25, le 20 février 2017

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