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La rupture façon Trump sème à nouveau la confusion, au Proche-Orient

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"Nous soutenons absolument une solution à deux États, mais nous songeons aussi à des alternatives", affirme Nikki Haley à l'issue d'une réunion du Conseil de sécurité consacrée au Proche-Orient.

OLJ/AFP
16/02/2017

En prenant ses distances avec la solution à deux États pour régler l'un des plus vieux conflits du globe, Donald Trump a ravi la droite israélienne, alarmé les Palestiniens et de nouveau semé la confusion sur ses desseins.

Recevant le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, M. Trump a indiqué mercredi que les États-Unis, acteur historique de l'effort de paix entre Israéliens et Palestiniens, ne s'accrochaient plus à la solution dite à deux États, à savoir la création d'un État palestinien qui coexisterait avec Israël.

Cependant, 24 heures après, l'ambassadrice des États-Unis à l'Onu, Nikki Haley, ajoutait à l'impression générale de cafouillage projetée par l'administration Trump pendant son premier mois.
"Nous soutenons absolument une solution à deux États, mais nous songeons aussi à des alternatives", a-t-elle déclaré à l'issue d'une réunion du Conseil de sécurité consacrée au Proche-Orient.

Les propos de M. Trump mercredi rompaient avec un principe directeur de la diplomatie américaine officiellement adopté par les présidents depuis au moins 2001. La solution à deux États est aussi la référence d'une grande partie de la communauté internationale, de l'Onu à la Ligue arabe, en passant par l'Union européenne. Mais le flou caractérisant une fois de plus une déclaration en rupture de la part de M. Trump a suscité triomphalisme, alarme ou perplexité.

Le chef de la diplomatie française Jean-Marc Ayrault a estimé que le positionnement des États-Unis était "très confus et préoccupant" et que l'option à un seul État, évoquée à son tour par son homologue américain Rex Tillerson lors des entretiens entre les deux hommes, n'était "pas réaliste". "La solution à deux États reste la seule voie", a abondé l'émissaire des Nations unies pour la paix au Proche-Orient, Nickolay Mladenov, devant le Conseil de sécurité.

M. Trump a redit mercredi sa volonté de présider à un accord entre Israéliens et Palestiniens, "vraiment, un formidable accord de paix... Très important pour moi aussi". Mais il n'a aucunement précisé la manière dont il comptait s'y prendre là où ses prédécesseurs ont échoué, sinon pour sembler évoquer en termes vagues une approche régionale préconisée par M. Netanyahu, "avec beaucoup, beaucoup de pays et (qui) couvrirait un territoire très vaste".

Comment associer les pays arabes à une entreprise de paix qui n'aboutirait pas à un État palestinien indépendant, demandaient les experts, perplexes.

 

(Repère : La solution à deux Etats, qu'est-ce que c'est?)

 

Idée 'dangereuse et erronée'
Le conflit nécessite "une paix juste et globale fondée sur une solution à deux États avec un État palestinien indépendant", a répondu Ahmed Aboul Gheit, secrétaire général de la Ligue arabe, organisation qui a endossé l'initiative de paix arabe prévoyant la création d'un État palestinien souverain.

Du côté palestinien, l'inquiétude est vive, même si la présidence palestinienne a choisi le ton de la réserve. Elle a répété dans un communiqué son "attachement à la solution à deux États" et s'est dite prête à coopérer avec l'administration Trump pour la paix. "Ce que nous retenons, c'est que Trump dit qu'il veut la paix", a déclaré à l'AFP Hossam Zomlot, conseiller du président Mahmoud Abbas, s'en prenant à Israël mais pas à M. Trump.

Le politologue Jihad Harb soulignait toutefois que la direction palestinienne ne pouvait engager un bras de fer inégal avec M. Trump; elle n'a d'autre horizon qu'une confrontation diplomatique avec Israël, que les Etats-Unis pourraient lui faire payer cher, ou un soulèvement populaire aux conséquences imprévisibles, disait-il.

Les craintes palestiniennes s'exprimaient dans un éditorial du quotidien al-Quds. "Après plus de vingt années passées à négocier et après avoir accepté de ne conserver que 22% de la Palestine historique, la grande question est: que devons-nous faire?".

 

(Lire aussi : Transfert de l'ambassade américaine à Jérusalem: Trump semble reculer)

 

Les dirigeants palestiniens favorables à la négociation avec Israël ne cessent de répéter que faute d'État palestinien, la seule possibilité est celle d'un État élargi à la Cisjordanie, déjà occupée par Israël, et à Jérusalem-Est, que les Palestiniens revendiquent comme future capitale mais qu'Israël a annexée. Les juifs y auraient plus de droits que les Palestiniens, ce qui reviendrait à un régime d'apartheid, disent-ils.

Le contraste était saisissant du côté de la droite israélienne. "La fin d'une idée dangereuse et erronée: celle de la création d'un État terroriste palestinien au cœur de la terre d'Israël", a jubilé le ministre israélien des Sciences Ofir Akunis, réitérant la revendication juive sur la Cisjordanie au nom de la Bible.

M. Trump a dit mercredi "tout ce que les Israéliens ont toujours voulu entendre de la part d'un président américain", a déclaré aux journalistes un des collaborateurs de M. Netanyahu, Michael Oren. "Prétendre que la solution à deux États était la seule solution confinait à l'absurde".

 

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