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A partir de vendredi, quatre séances du gouvernement consacrées au budget

Liban

Berry presse le gouvernement d'adopter une nouvelle loi électorale au plus vite.

15/02/2017

Le gouvernement libanais a poursuivi mercredi au Grand Sérail l'examen débuté la semaine dernière de l'avant-projet de loi de budget présenté par le ministre des Finances, Ali Hassan Khalil. A l'issue du Conseil des ministres, il a été décidé de consacrer à ce dossier pas moins de quatre réunions dans les 10 jours qui viennent, à partir de vendredi. Pour rappel, le Liban n'a pas voté de budget depuis 2005.

 

"Au plus vite"
"Les ministres se réuniront à nouveau vendredi pour poursuivre l'examen du budget, puis trois autres séances gouvernementales auront lieu la semaine prochaine dans l'objectif de l'adopter avant la fin du mois", a déclaré le porte-parole du gouvernement et ministre de l'Information, Melhem Riachi, à l'issue du Conseil des ministres présidé par le Premier ministre Saad Hariri.

De son côté, le chef du Parlement Nabih Berry, a appelé, lors de la réunion hebdomadaire avec les députés, le gouvernement à adopter au plus vite le budget afin que la Chambre puisse le voter. "La tendance montre une volonté du gouvernement d'adopter rapidement le projet de loi du budget et de le transmettre au Parlement pour qu'il l'examine et le vote", a déclaré Michel Moussa, député du bloc parlementaire dirigé par M. Berry, citant ce dernier. M. Berry s'est également prononcé en faveur de l'adoption de la grille des salaires de la fonction publique.

L'avant-projet du ministre Khalil est loin de faire l'unanimité. Dans l'après-midi, l'Association des Banques du Liban a exprimé ses craintes quant aux dispositions prévues dans ce projet de budget proposant des hausses d'impôts et de taxes.

 

Critiqué, Khalil réagit
Avant le début de la réunion du gouvernement, plusieurs ministres avaient aussi critiqué le texte.
"Nous demanderons que les dépenses soient diminuées et rationalisées, que l'alimentation électrique soit assurée à tous les citoyens et que les impôts impayés soient collectés", a déclaré le ministre des Affaires sociales, Pierre Bou Assi.

De son côté, le ministre d'Etat aux Affaires du Parlement, Ali Kanso, s'est déclaré contre toute hausse de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA). "Il faut se concentrer sur les sources du gaspillage et de la corruption", a-t-il déclaré.

Pour sa part, le ministre d'Etat pour les Droits de l'homme, Ayman Choucair, a appelé à mettre un terme au gaspillage, ajoutant qu'il n'était pas nécessaire d'augmenter les taxes et les impôts, notamment pour la classe moyenne. Il s'est également prononcé pour un règlement de la question de l'électricité.

Réagissant à ces déclarations, Ali Hassan Khalil a déclaré que "la grille des impôts a été adoptée par le Parlement". "Ceux qui s'y opposent ne lisent pas les décisions", a-t-il ajouté.


Al-Jadeed-Amal, la justice va se prononcer

Par ailleurs, le Conseil des ministres est revenu sur le coup de force, la veille, de militants du mouvement Amal qui s'étaient réunis en nombre devant les locaux de la chaîne locale al-Jadeed, dans le quartier de Tallet el-Khayat, à Beyrouth, pour protester contre la diffusion d'un programme qui a abordé la question de la disparition de l'imam Moussa Sadr.

"Le Premier ministre a appelé les ministres concernées à œuvrer pour protéger la liberté de la presse car elle est essentielle pour le Liban", a déclaré M. Riachi. M. Hariri a également rappelé la nécessité de "respecter la liberté d'expression et le droit de manifester dans le respect de loi, loin de toute violence".

Plusieurs ministres se sont exprimés sur ce dossier, dont le ministre de la Justice, Salim Jreissati, qui a indiqué que la justice allait envisager de sanctionner les propos diffamatoires formulés contre M. Berry et les violences contre les biens et les libertés publiques.

Dans la matinée, des médias locaux ont indiqué qu'al-Jadeed allait déposer plainte contre les militants Amal et les individus ayant menacé d'interrompre la diffusion des émissions de la chaîne.

 

Loi électorale : Berry presse le gouvernement
Sur un autre dossier brûlant, M. Berry a appelé le gouvernement "qui regroupe l'ensemble des formations politiques" à examiner le dossier de la loi électorale. "Il est de sa responsabilité de l'examiner afin qu'il soit transmis au Parlement qui devra à son tour l'examiner et le voter", a-t-il déclaré selon des propos rapportés par des députés. "La protection du Liban et de sa diversité passe par le vote d'une nouvelle loi électorale basée sur le mode de scrutin à la proportionnelle", a-t-il ajouté.

M. Berry a également déclaré que le leader druze Walid Joumblatt prônait "une sorte de formule mixte pour les cazas du Chouf et de Aley". La loi actuelle, dite de 1960, est basée sur la majoritaire plurinominale. Elle est critiquée par la majorité de la classe politique, du moins en apparence, à l'exception de M. Joumblatt, qui est en faveur d'une version amendée de cette formule. Des discussions portent autour d'une formule mixte, alliant modes de scrutin majoritaire et proportionnel. Plusieurs partis, dont le mouvement Amal, se sont prononcés en faveur de la proportionnelle. Le ministre de l'Intérieur, Nohad Machnouk, doit convoquer le collège électoral le 21 février.

Réagissant à la position du chef du PSP à ce sujet, l'ancien ministre druze Wi'am Wahhab a qualifié  les propositions de loi électorale basées sur une formule mixte de "triche", ajoutant qu'il lui préférerait la loi en vigueur "malgré ses défauts".

 

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George Sabat

OU EST CE PLAN? Vous tenez a voter le Budget de 2017 et vous avez parfaitement raison, sauf que 11 ans se sont passes sans le vote du Budget. Vous tenez aussi a faire passer une nouvelle loi electorale et vous avez parfaitement raison, sauf que conduire des elections parlementaires ne servira absolument a rien, car de toutes facons les memes individus ou d'autres leur ressemblant comme une goutte d'eau vont etre reelus, soit a la proportionelle,a l'orthodoxe, ou a la n'importe quoi.Quelle diference ceci ferait-il si les memes numeros ou leurs freres jumeaux sont elus?Et a quoi serviraient ces 128 champions en tous cas? Le Christ avait dit pardonnez-leur mon Pere car ils ne savent pas ce qu'ils font. Ceci malheureusement s'applique parfaitement a la majeure partie des deputes qui siegent depuis 1945.Si nous voulons des deputes ce serait pour qu'ils s'assurent que le PLAN NATIONAL est bien execute.Mais, a propos, ou est-il ce Plan, Monsieur le President?

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

DANS LES LOIS ELECTORALES, QUE FAIRE POUR CHANGER LES INCHANGES ? SEULE LE PROJET DE LOI FERZLIOTE, DIT ORTHODOXE, PEUT LES CHANGER CAR CHAQUE COMMUNAUTE ENVERRAIT CEUX QUI VRAIMENT LA REPRESENTENT... DONC PAS LES MEMES, D,OU ILS REJETTENT CE PROJET... DE PEUR D,ETRE ECARTES POUR TOUJOURS...

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