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Moyen Orient et Monde - Éclairage

Ankara remporte la première étape de la course pour al-Bab

Les soldats turcs ont atteint le centre du bastion de l'État islamique, dans le Nord syrien.

Des combattants rebelles appuyés par Ankara dans le village de Hazwan, hier près d’al-Bab. Rafat Ahmad/AFP

Les Turcs ont remporté la première étape de la course pour al-Bab. C'est le président Recep Tayyip Erdogan lui-même qui a annoncé la nouvelle hier, affirmant que ses soldats avaient atteint samedi le centre d'al-Bab, bastion du groupe État islamique (EI) dans le Nord syrien. « Al-Bab est assaillie de toutes parts (...) Nos forces sont entrées dans le centre » avec des rebelles syriens, et la prise de la ville n'est « qu'une question de temps », a ainsi déclaré M. Erdogan. Les combattants de l'EI « ont entamé leur retrait total d'al-Bab », a poursuivi le président turc devant des journalistes à l'aéroport d'Istanbul.

Depuis plus de deux mois, les combattants rebelles de l'Armée syrienne libre (ASL) soutenus par leurs alliés turcs mènent l'assaut sur cette ville de 100 000 habitants, située à une trentaine de kilomètres de la frontière turque, qui était tombée aux mains de l'EI en 2013. Mais ils ne sont pas les seuls à lorgner le fief jihadiste. Ragaillardis par leur victoire à Manbij en août dernier, les Forces démocratiques syriennes (FDS) – à majorité kurde – avaient fait d'al-Bab leur prochain objectif. Ce qui, en cas de réussite, leur aurait permis de contrôler le Nord syrien, une possible implantation territoriale jugée inconcevable par Ankara. La Turquie avait lancé fin août l'opération Bouclier de l'Euphrate qui visait à la fois l'EI et les milices kurdes dans le Nord syrien. Mais après plusieurs succès, dont la reprise de la ville symbolique de Dabiq, l'opération s'est embourbée. Pénétrer dans al-Bab aura coûté la vie de 67 soldats turcs. L'enlisement de plusieurs semaines aura surtout éprouvé une armée turque déjà affaiblie par les purges consécutives au putsch manqué de juillet.

Selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), les combats se concentraient hier dans la périphérie nord d'al-Bab, mais aussi aux périphéries ouest et sud-ouest. Le groupe rebelle Sultan Mourad a annoncé sur son compte Twitter la prise d'une zone agricole connue sous le nom de fermes al-Chehabi à al-Bab ainsi que la capture de 14 jihadistes de l'EI. Les autres acteurs engagés dans la course pour la ville, les forces du régime syrien, soutenues par Moscou, se trouvaient, elles, hier à la périphérie d'al-Bab, qu'ils attaquent par le sud. Celles-ci ne devraient pas avancer au-delà de la périphérie car, selon le ministère de la Défense, « en libérant Tadef avec l'aide de l'aviation russe, elles ont atteint la ligne de démarcation avec l'ASL fixée avec les Turcs ».

L'inéluctable confrontation militaire directe entre Ankara et Damas a eu lieu jeudi dernier dans un village situé au sud-ouest d'al-Bab. Moscou est intervenu pour faire cesser les combats entre les factions rebelles emmenées par l'ASL et les forces gouvernementales, qui sont soutenues à la fois par des milices iraniennes et des combattants du Hezbollah. Jusqu'alors, les deux parties avaient pu éviter tout accroc direct grâce à une coordination internationale, notamment entre les deux parrains des négociations de paix, russe et turc, malgré la bavure de l'aviation russe tuant trois militaires turcs le même jour que les heurts. Acculé de toutes parts, l'EI a tout intérêt à provoquer ce genre de clash entre les deux clans qui le combattent.

 

(Pour mémoire : Les enjeux de la bataille d'al-Bab)

 

 

Prochaine étape : Raqqa
La reprise d'al-Bab permettrait à la Turquie non seulement de sécuriser une partie de sa frontière en nettoyant la zone des groupes considérés comme terroristes par Ankara, mais aussi de renforcer son influence sur le Nord syrien et par conséquent son poids dans les négociations politiques à venir.

Le rapprochement avec la Russie était un préalable nécessaire pour lancer l'opération Bouclier de l'Euphrate et l'offensive sur al-Bab. L'aviation russe est d'ailleurs intervenue à plusieurs reprises en soutien des Turcs contre les jihadistes, au grand dam de Damas. Mais la Turquie n'aurait pas pu avancer sans le soutien de la coalition internationale, particulièrement celui de Washington. Alors que les relations américano-turques s'étaient largement refroidies sous le mandant de Barack Obama, M. Erdogan s'attend à une coopération renforcée sous le mandat Trump. Des négociations seraient en cours entre les deux capitales pour élaborer le plan de reprise de Raqqa, d'où les Turcs veulent exclure les Kurdes syriens. La capitale syrienne de l'EI est déjà annoncée comme le futur objectif d'Ankara. « Notre but ultime est de nettoyer toute la région de Daech », a déclaré hier le président turc, utilisant l'acronyme arabe de l'EI. Il a prévenu hier que son pays ne s'arrêterait pas à al-Bab, tout en indiquant qu'Ankara n'avait pas l'intention de rester en Syrie. « La base principale de Daech n'est pas al-Bab, mais Raqqa. Lorsque Raqqa aura été nettoyée, cette région sera débarrassée du terrorisme », a-t-il poursuivi, au sujet de la « capitale » de l'EI.

M. Erdogan a d'ailleurs évoqué les deux bastions jihadistes dans son échange téléphonique au cours de la semaine écoulée avec le président américain Donald Trump. Pour Ankara, l'enjeu dépasse largement la reconquête de la capitale jihadiste: il s'agit surtout de pousser les Américains à abandonner les Kurdes – ce qui paraît difficile à l'heure actuelle – et d'étendre sa zone d'influence dans la Syrie future. C'est pourquoi Ankara devrait trouver sur sa route non seulement les Kurdes et les jihadistes, mais aussi les forces loyalistes encadrées par Damas et Téhéran.

 

 

Pour mémoire

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commentaires (2)

DE TOUTE FAÇON UN CONSTAT INNEFFAÇABLE, CEUX QUI FONT LE JEU SONT PRÉSENTS SUR LE TERRAIN MILITAIRE. IL VA DE SOI QUE LES ACCORDS ET LES ESTIMATIONS GUERRIÈRES EST MIEUX RESSENTIES PAR EUX . QUI EST DONC PRÉSENT MILITAIREMENT ? -LA SYRIE DU HÉROS BASHAR , QU'ON DISAIT MORT IL YA 6 ANS DE ÇA . - LA TURQUIE QUI A REJOINT LE CAMP DES RÉSISTANTS MALGRÉ LEUR AFFILIATION À L'OTAN. - LA RUSSIE NPM - L'IRAN NPR . AND AT LAST BUT NOT LEAST, LE HEZBOLLAH LIBANAIS ASSURÉ DE GARDER SES ARMES EFFICACES CONTRE LES COMPLOTS DES ABSENTS QUE SONT - LES OCCIDENTAUX USA COMPRIS - LES BENSAOUDS DE TOUT POILS.

FRIK-A-FRAK

10 h 27, le 13 février 2017

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Commentaires (2)

  • DE TOUTE FAÇON UN CONSTAT INNEFFAÇABLE, CEUX QUI FONT LE JEU SONT PRÉSENTS SUR LE TERRAIN MILITAIRE. IL VA DE SOI QUE LES ACCORDS ET LES ESTIMATIONS GUERRIÈRES EST MIEUX RESSENTIES PAR EUX . QUI EST DONC PRÉSENT MILITAIREMENT ? -LA SYRIE DU HÉROS BASHAR , QU'ON DISAIT MORT IL YA 6 ANS DE ÇA . - LA TURQUIE QUI A REJOINT LE CAMP DES RÉSISTANTS MALGRÉ LEUR AFFILIATION À L'OTAN. - LA RUSSIE NPM - L'IRAN NPR . AND AT LAST BUT NOT LEAST, LE HEZBOLLAH LIBANAIS ASSURÉ DE GARDER SES ARMES EFFICACES CONTRE LES COMPLOTS DES ABSENTS QUE SONT - LES OCCIDENTAUX USA COMPRIS - LES BENSAOUDS DE TOUT POILS.

    FRIK-A-FRAK

    10 h 27, le 13 février 2017

  • LA CONNIVENCE PAR ANKARA INTERPOSEE S,AFFIRME ET AVEC RAQQA ABANDONNEE AUX TURCS ET REBELLES SE CONFIRME... EN PLUS AVEC L,ENTERINEMENT DE L,OPPOSITION ARMEE ET POLITIQUE PAR LE REGIME, DECHU MAIS SOUTENU PAR LES RUSSES AVEC L,AVAL U.S., ET LES REFORMES DE LA SOLUTION POLITIQUE LA VICTOIRE EST ATTRIBUE AU PEUPLE SYRIEN QUI S,EST IMPOSE PAR SES GRANDS SACRIFICES...

    DENIONS LA CENSURE.GARDONS NOS LIBRES EXPRESSIONS.

    07 h 21, le 13 février 2017

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