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Moyen Orient et Monde

La Turquie avance ses pions à al-Bab et Raqqa

Syrie

Erdogan et Trump sont convenus dans un entretien téléphonique d'agir de concert dans la lutte contre l'EI.

OLJ
09/02/2017

La bataille pour al-Bab qui oppose les rebelles syriens soutenus par la Turquie aux jihadistes de l'État islamique (EI) a ravivé la possibilité d'une confrontation directe entre l'armée turque et l'armée syrienne qui, progressant depuis Alep au sud, se trouve désormais à quelques kilomètres du théâtre des combats. Un rebelle syrien et l'Observatoire syrien des droits de l'homme ont signalé la présence des forces rebelles alliées à la Turquie dans les faubourgs ouest d'al-Bab, à une trentaine de kilomètres au sud de la frontière turque. « Les défenses de l'État islamique ont été brisées lors de l'assaut de la nuit dernière et la progression se poursuit », a déclaré un représentant des rebelles turkmènes syriens s'exprimant dans la ville turque de Gaziantep. L'OSDH a annoncé que les troupes turques et leurs alliés de l'Armée syrienne libre (ASL) avaient pris possession d'une colline à la périphérie occidentale de la ville. « Nous ne savons pas si Daech est en mesure de la reconquérir ou si elle est en train de tomber », a commenté Rami Abdel Rahmane, le directeur de l'OSDH. Dans une vidéo transmise par un rebelle, trois combattants syriens appartenant à la faction Sultan Mourad affirment s'exprimer depuis la périphérie d'al-Bab. L'authenticité de cette information n'a pas pu être vérifiée de manière indépendante. L'armée et le gouvernement turcs ont pour leur part déclaré que les rebelles syriens avaient pris le contrôle de collines stratégiques entourant la ville d'al-Bab. « Actuellement, la ville est assiégée de toutes parts. Les environs immédiats de la ville ont été pris », a déclaré le Premier ministre turc, Binali Yildirim, lors d'une conférence de presse à Ankara.

Affrontements
Dans un communiqué, l'armée précise que 58 jihadistes ont été tués lors de frappes aériennes, de tirs d'artillerie et d'affrontements. Deux soldats turcs ont péri et 15 autres ont été légèrement blessés, selon le communiqué. Le ministre turc des Affaires étrangères Mevlut Cavusoglu a affirmé que ces opérations avaient permis d'importants progrès et que la prochaine cible de l'armée turque serait Raqqa, capitale de fait de l'EI en Syrie. Les Turcs ont élaboré un plan de campagne détaillé pour chasser l'EI de Raqqa et des discussions sont en cours sur ces opérations futures, a déclaré hier le porte-parole du président Recep Tayyip Erdogan. Ibrahim Kalin, qui s'adressait à la chaîne de télévision turque NTV, a fait état d'une meilleure coordination, ces dix derniers jours, avec la coalition internationale sous conduite américaine concernant les frappes aériennes. La priorité d'Ankara, a-t-il dit, est d'établir une zone de sécurité entre les villes syriennes d'Aazaz (à 30 km au nord-ouest d'Alep) et de Jarablous (à la frontière turque).
Parallèlement, l'armée américaine a déclaré hier qu'elle s'attendait à ce que les rebelles appuyés par les États-Unis réussissent à isoler Raqqa dans les semaines à venir, ce qui serait le prélude à un assaut contre la ville. « Ce que nous attendons, c'est que dans les semaines qui viennent, la ville soit presque totalement isolée, après quoi une décision serait prise pour attaquer », a déclaré le porte-parole de la coalition internationale, le colonel américain John dorrian.

Trump/Erdogan
Parallèlement, le président turc Recep Tayyip Erdogan et Donald Trump sont convenus dans un entretien téléphonique nocturne d'agir de concert dans la lutte contre le groupe État islamique qui contrôle les villes d'al-Bab et de Raqqa en Syrie, indique une source présidentielle turque hier. Les deux dirigeants ont évoqué la question de l'établissement d'une zone de sécurité en Syrie, celle de la crise des réfugiés et celle de la lutte contre le terrorisme, précise cette source.
M. Erdogan a demandé au président américain de mettre fin au soutien que les États-Unis apportent aux miliciens kurdes des Unités de protection du peuple (YPG), qu'Ankara accuse d'être une émanation du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), considéré comme une organisation terroriste.

Bombardements intenses
Par ailleurs, l'aviation syrienne a bombardé hier un quartier tenu par les insurgés dans la grande ville de Homs, tuant plusieurs personnes, ont rapporté des secouristes et l'OSDH. Les raids ont visé le quartier d'al-Waer et ont fait huit morts et près de dix blessés, selon un bilan fourni par l'OSDH. La Défense civile, service de secours qui opère dans les quartiers tenus par les insurgés, n'a pas donné de bilan précis, mais a indiqué que son centre à al-Waer avait été touché et qu'un employé avait été blessé. La Défense civile a dit qu'il y avait eu aussi des victimes ailleurs, parmi lesquelles des femmes et des enfants. Le quartier d'al-Waer était depuis plusieurs mois épargné par les intenses bombardements menés par les aviations russe et syrienne contre d'autres secteurs tenus par les insurgés, notamment dans la province d'Idlib.

Invitations
Côté diplomatique, l'envoyé spécial des Nations unies pour la Syrie enverra les invitations pour les pourparlers de paix dans les prochains jours, a affirmé hier le porte-parole de l'ONU, revenant de fait sur son ultimatum envoyé à l'opposition syrienne. Staffan de Mistura avait auparavant prévenu l'opposition qu'il choisirait lui-même les délégués de l'opposition pour ces négociations de paix, qui seront menées sous l'égide de l'ONU à Genève le 20 février, si celle-ci ne parvenait pas à s'accorder sur ses représentants. « Les invitations vont partir dans les prochains jours », a affirmé le porte-parole Stéphane Dujarric à des journalistes, le jour même de la date butoir annoncée par l'envoyé spécial. « Nous savons tous que ces procédures sont plutôt complexes, nécessitent beaucoup de discussions et de consultations avec de nombreuses personnes », a-t-il assuré. « Donc M. de Mistura et son équipe continuent sur cette voie. » La menace de l'envoyé spécial avait été fraîchement accueillie par l'opposition, selon laquelle le choix des représentants n'est pas son « affaire ».
(Sources : agences)

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Pierre Derveaux

Amis libanais, qui cherchez sans cesse à fonder la coexistence de plusieurs communautés sur le respect réciproque, que pensez-vous du droit des Kurdes de Syrie à être respectés par Damas ? Leur avenir, et l'avenir de la paix dans votre région se joue maintenant en Syrie. Certains approuveront peut-être l'intervention de la Turquie dans les affaires de la Syrie. Mais franchement, peut-on souhaiter que les Américains abandonnent lâchement les Forces Démocratique de Syrie qui ont libéré du Daesh tout le nord du pays, et se rapprochent enfin de Raqqa ? C'est pourtant ce que voudrait T. Erdogan...
Un Français ami de tous les petits peuples opprimés (dont F. Hollande se fout bien, hélas)

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