De Londres, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a indiqué aux journalistes l’accompagnant qu’il avait informé le grand allié américain du projet de loi qui permettrait à Israël de s’approprier des centaines d’hectares de terres palestiniennes en Cisjordanie occupée. AFP/Pool/Kirsty Wigglesworth
Le Parlement israélien a voté hier soir une loi qui permettra à l'État de s'approprier des centaines d'hectares de terres palestiniennes en Cisjordanie occupée, portant un nouveau coup dur à toute perspective de paix. La loi, approuvée par 60 députés et rejetée par 52, a été adoptée en troisième et dernière lecture, après que le Premier ministre Benjamin Netanyahu a informé l'allié américain du débat sur cette question.
La législation revient à légaliser au regard du droit israélien le vol de terres palestiniennes et constituera un pas de plus vers une annexion au moins partielle de la Cisjordanie, selon ses détracteurs.
S'exprimant après le vote, Bezalel Smotrich du Foyer juif, parti nationaliste religieux qui fut l'un des instigateurs du projet, s'est félicité de l'élection du président américain Donald Trump « sans lequel la loi ne serait pas probablement passée ».
Quelques heures plus tôt, le chef de l'opposition et du Parti travailliste, Isaac Herzog, avait dénoncé une « loi abjecte » qui « annexerait des millions de Palestiniens » et exposerait, selon lui, les soldats et hommes politiques israéliens à des procès aux tribunaux criminels internationaux.
Le ministre des Sciences et de la Technologie, Ofir Akounis, du parti de droite Likoud de M. Netanyahu, lui avait rétorqué que « toute la terre d'Israël appartient au peuple juif. Ce droit est éternel et incontestable ».
Le vote de ce texte, approuvé en première lecture en décembre, paraissait incertain compte tenu des dissensions qu'il suscite, mais aussi du message adressé par la Maison-Blanche après une rafale d'annonces d'Israël en faveur de la colonisation.
(Pour mémoire : L'administration Trump réfrène les ardeurs d'Israël sur la colonisation)
À Londres, M. Netanyahu a indiqué avoir informé l'administration de M. Trump du projet et que le vote aurait bien lieu le jour même. « On ne prend pas ses amis par surprise, on les informe. C'est ce que j'ai fait », a-t-il dit, cité par les médias locaux.
La Maison-Blanche était sortie jeudi dernier de deux semaines de silence pour freiner les ardeurs israéliennes. Depuis le 20 janvier et l'investiture de Donald Trump, présumé bien plus favorable que son prédécesseur Barack Obama, Israël a procédé à cinq annonces de colonisation portant sur plus de 6 000 nouveaux logements en Cisjordanie et à Jérusalem-Est, territoires palestiniens occupés. Le message de la Maison-Blanche a été interprété comme signifiant à Israël qu'il ne pouvait pas préjuger des intentions américaines et saper l'action diplomatique future de l'administration Trump.
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Une grande partie de la communauté internationale considère la colonisation comme un obstacle à la paix entre Israéliens et Palestiniens, en conflit depuis près de 70 ans. Pour elle, la loi favorise encore plus l'entreprise de colonisation, éloignant davantage la création d'un État palestinien indépendant, coexistant avec Israël, solution de référence internationale au conflit. Le coordinateur spécial de l'Onu pour la paix, Nikolay Mladenov, s'est dit « inquiet » que le texte ne « réduise grandement les perspectives de paix ».
La loi permettra de déclarer terres israéliennes des terrains privés palestiniens sur lesquels des Israéliens ont construit sans autorisation, soit parce qu'ils ignoraient qu'ils étaient propriétés privées, soit parce que l'État les aurait laissés faire. Les propriétaires palestiniens seraient compensés financièrement ou par d'autres terrains.
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21 h 51, le 07 février 2017