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Liban

« Al-Balad », « al-Waseet » et « Layalina » pourraient licencier une vingtaine de personnes

Médias

Les employés ont rejeté une offre d'indemnisation du groupe AWI car ils considèrent qu'il s'agit d'un licenciement abusif.

02/02/2017

Une vingtaine d'employés des publications al-Balad, al-Waseet et Layalina pourraient être licenciés bientôt, alors qu'ils n'ont pas touché leurs salaires depuis des mois. C'est ce que confirme une liste envoyée par le groupe al-Waseet International (AWI), qui possède ces trois publications, au ministère du Travail. Les employés, eux, demandent à être indemnisés pour « licenciement abusif » et non pour « licenciement économique ».

Interrogés par L'Orient-Le Jour, des employés du groupe dont le nom est inscrit sur la liste de personnes à licencier soulignent qu'ils n'ont pas été notifiés officiellement par la compagnie. La liste envoyée au ministère du Travail a quand même filtré et les salariés ont découvert qu'on planifiait de les renvoyer.
« On nous dit que c'est un licenciement économique pour ne pas nous payer tout ce qu'on nous doit. Ils veulent uniquement nous payer les mois de salaire que nous n'avons pas encore reçus ainsi que les mois de préavis », explique un des employés du groupe AWI qui ajoute que certains n'ont pas été payés depuis 6 mois. « Ils paient quelquefois le salaire d'un mois à quelques-uns, quand ils ont de l'argent. Mais c'est aléatoire. Certaines personnes ont reçu leur salaire de septembre avant-hier », ajoute-t-il.

À noter qu'une première liste de 23 noms avait été envoyée au ministère du Travail, sauf que deux employés du groupe mariés l'un à l'autre y figuraient, ce qui a été considéré comme déontologiquement inacceptable par le ministère. Suite au refus par le ministère de cette liste, deux employés ont été gardés en poste, deux ont démissionné et deux autres ont accepté de partir après un compromis avec la compagnie. Une seconde liste comportant également une vingtaine de noms a donc été proposée au ministère.
« En tout, 35 personnes ont déjà démissionné à cause de la situation économique. Elles ne supportaient plus de ne pas être payées et avaient de gros soucis financiers », confie une employée du groupe.

 

(Pour mémoire : Le plan de soutien à la presse élaboré par Riachi est presque prêt)

 

Des licenciements à justifier
Une source juridique bien informée sur le code du travail a expliqué à L'OLJ que plusieurs conditions sont requises pour parler de licenciement économique. « L'employeur qui veut licencier des salariés pour des raisons économiques doit envoyer une lettre au ministère du Travail pour justifier les licenciements. Le ministère se réunit ensuite pour étudier le budget de l'employeur et s'assurer qu'il s'agit bien d'un licenciement économique », souligne la source.

« Si le licenciement est bel et bien abusif, l'employeur doit payer une indemnité allant de 2 à 12 mois de salaire, selon l'expérience de la personne, son poste et son niveau social », ajoute la source juridique qui estime qu'un accord à l'amiable est la meilleure chose à faire, « car les procès peuvent s'étaler sur 5 à 6 ans ».
« Il y a de l'argent qui rentre à al-Waseet (journal de petites annonces). Nous pensons qu'ils en font trop par rapport à l'ampleur de la crise. Ils veulent profiter de la crise que traverse actuellement la presse pour nous mettre à la porte », indique une des employées à L'OLJ.

Les personnes menacées de licenciement ont déjà rencontré l'avocat du groupe AWI à plusieurs reprises au ministère du Travail. Le groupe AWI leur a fait une offre d'indemnisation qu'ils ont rejetée car ils considèrent que « c'est un licenciement abusif » et veulent être payés en fonction. Les employés indiquent par ailleurs qu'ils essaient d'obtenir un rendez-vous des ministres de l'Information et du Travail.

 

 

Pour mémoire

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