Liban

« An-Nahar » dément les accusations de « chantage » contre certains de ses journalistes

Médias

Le quotidien affirme avoir appliqué la loi du travail pour résoudre sa crise.

OLJ
13/01/2017

La direction du journal an-Nahar a répondu hier aux accusations lancées récemment contre elle et selon lesquelles elle aurait pratiqué « un chantage » à l'encontre de certains journalistes en conflit avec elle. Le conflit porte, rappelle-t-on, sur le non-versement des salaires et la menace de licenciement collectif.

« Depuis 14 mois, nous avons tenté par tous les moyens d'éviter tout licenciement, ce qui est démontré par le fait que avions évité de prendre une mesure de ce type même lorsque les échéances des salaires et autres droits s'accumulaient », peut-on lire dans un communiqué publié par la direction.
« Lorsque toutes les tentatives de résoudre le problème sans être amenés à prendre des mesures contraignantes ont échoué, et face à l'accumulation des pertes de nature à menacer la continuité de l'institution, nous avons opté pour la liquidation d'une partie des biens fonciers de l'institution en vue d'assurer le règlement des salaires accumulés des collègues qui ont fait des sacrifices avec le journal d'une part, et pour assurer la continuité de l'institution d'autre part », ajoute le texte. « Mais au final, nous avons été amenés à appliquer les dispositions de la loi du travail dans les cas de force majeure en matière financière, en l'occurrence le licenciement d'un nombre de travailleurs au sein de l'entreprise. »

Selon le communiqué de la direction, celle-ci, et en vertu de l'article 50 de la loi du travail – alinéa 6 –, a notifié le ministère du Travail des personnes concernées par les mesures prises récemment. Il s'agit de mettre fin à leurs contrats de travail en contrepartie du paiement de la totalité de leurs 14 mois impayés, y compris les congés, sachant que dans ce cas, le ministère devrait rédiger un rapport dans un délai d'un mois.

La direction du quotidien dirigé par la députée Nayla Tuéni a assuré qu'elle n'a pris aucune mesure qui pourrait être qualifiée de licenciement collectif ou de licenciement abusif. « Elle n'a fait qu'appliquer les dispositions de la loi. Ainsi, les accusations selon lesquelles les personnes concernées font l'objet d'un chantage en matière de salaires et de droits sont infondées », souligne le communiqué, assurant par la même occasion que « la direction du quotidien respecte les textes de loi se rapportant à son état actuel et ses moyens matériels. Elle poursuivra sur cette voie, contre vents et marées ».

 

(Lire aussi :  L'ordre des journalistes dénonce « le chantage pratiqué par la direction d'"an-Nahar" »)

 

 

« Fausses allégations »
« Nous faisons une nette distinction entre l'action que mènent certains collègues concernés par les récentes mesures – que nous comprenons d'autant mieux que nous faisons partie d'une même famille, celle d'an-Nahar, et des grandes causes que nous avons défendues ensemble dans les circonstances les plus difficiles et les plus dangereuses pour l'entreprise, une position que nous conserverons même si la crise actuelle nous a conduits à user des moyens légaux – et les campagnes hostiles au Nahar et dont les auteurs pensent que la fin du journal est proche », dit le texte, avant d'ajouter : « Nous nous abstenons de répondre à des campagnes de calomnie lancées par un journal connu pour son hostilité à an-Nahar », dans une évidente allusion à un article paru mercredi dans le quotidien al-Akhbar, « ou encore par des médias et des utilisateurs de réseaux sociaux qui donnent l'impression que l'administration d'an-Nahar est un monstre qui porte atteinte aux droits des gens ».
Et de poursuivre : « Nous assurons aux lecteurs d'an-Nahar que nous resterons fidèles au message historique de ses fondateurs. » Le texte précise, toutefois, que « cela ne signifie aucunement négliger les complots que tissent ceux qui rêvent d'assassiner an-Nahar après avoir tenté de faire taire ce journal en assassinant Gebran Tuéni (ancien PDG du quotidien assassiné le 12 décembre 2005 dans un attentat à la voiture piégée) ».

« Ceux-là exploitent la crise actuelle par le biais du contentieux opposant le quotidien à certains de ses employés », souligne le communiqué. Selon le texte, « l'administration d'an-Nahar possède beaucoup de données et de faits concernant les campagnes en question et se réserve le droit de les dévoiler en temps voulu ». « L'équipe des avocats du quotidien a commencé à préparer les dossiers sur tout ce qui a touché le journal dans les médias et sur les réseaux sociaux, notamment pour ce qui est des fausses allégations, diffamations et campagnes menées contre an-Nahar. Celui-ci se réserve le droit de poursuivre les personnes qui lui portent atteinte en justice », conclut le communiqué.

 

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