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Liban - L’éclairage

Le besoin d’ouverture, une exigence commune chez les FL et le Hezbollah

L'amorce par les Forces libanaises d'une ouverture en direction de l'ensemble des parties politiques, y compris du Hezbollah, après l'élection d'un président de la République est un choix stratégique pour lequel a opté le parti pour faire parvenir Michel Aoun à la tête de l'État.

Selon des sources proches des FL, cette décision a pu également mûrir à travers les négociations qui ont eu lieu et les ententes concoctées entre-temps avec les adversaires politiques de la formation chrétienne. Le rapprochement entre différentes composantes du 8 et du 14 Mars qui a eu lieu en définitive a fini par créer un climat positif propice à l'ouverture.

L'un des facteurs qui a cependant contribué à la baisse de la tension entre les différents protagonistes est, à n'en point douter, le désir du Hezbollah également de s'ouvrir aux FL, une option dictée par le besoin de s'assurer d'une couverture politique pour faire face aux circonstances et aux impératifs de la phase à venir.
Le rapprochement entre le parti chiite et les FL devait toutefois avoir lieu loin de toute discussion sur le dossier des armes du parti chiite ou encore de la participation de ses combattants à la guerre en Syrie et sur d'autres champs de bataille dans le monde arabe.

 

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Il devait en outre répondre au besoin du Hezbollah d'une couverture politique et légale sur la scène libanaise interne l'habilitant à faire face aux campagnes de dénigrement dont il fait l'objet sur la scène externe depuis un certain temps, notamment depuis qu'il est fiché sur la liste des organisations considérées terroristes par Washington et plusieurs autres capitales.

Le parti chiite considère aujourd'hui l'accès de Donald Trump à la présidence de la République et son ouverture sur la Russie pour un règlement des crises régionales comme une incitation à adopter une nouvelle ligne de conduite.

Mais c'est un tout autre objectif que visent les Forces libanaises, pour leur part, à travers les nouvelles alliances et ententes politiques qu'elles encouragent. La formation chrétienne cherche en effet à consolider la stabilité et à atténuer les tensions sur la scène libanaise. Elle espère également donner une nouvelle impulsion au nouveau mandat pour aller de l'avant, en contribuant notamment à briser la glace entre les acteurs politiques mais aussi les tabous.

Les FL – qui avaient souffert par le passé d'une campagne de marginalisation exercée par le parti chiite à leur égard – cherchent désormais à s'imposer sur l'échiquier politique et à jouer un rôle influent de sorte à créer un réseau d'alliances et à dresser les ponts entre les différentes parties. Elles espèrent ainsi – au lendemain de l'élection d'un président et de sa contribution à la mise en place du tandem FL-CPL – redonner à la communauté chrétienne une fonction de leadership déterminante. D'où la décision de passer outre le boycottage jadis pratiqué contre les FL et de mettre un terme à l'antagonisme vis-à-vis du Hezbollah et des Marada notamment.

 

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C'est dans cette optique qu'il faut comprendre la rencontre qui a eu lieu entre les ministres des FL et ceux du Hezbollah en marge de la tenue de la première séance du Conseil des ministres. Lors de cette réunion, les FL devaient insister auprès de leurs interlocuteurs sur le principe du « droit de l'État et du peuple libanais dans son ensemble à prendre part à la résistance contre l'occupation israélienne ».

D'autres réunions entre des personnalités issues des deux formations ont suivi. Est ensuite survenue la visite du ministre de l'Information, Melhem Riachi, à Bnechii, où il a rencontré le chef des Marada, Sleiman Frangié, pour évoquer, motif officiel de la visite, la situation des médias au Liban. Ce fut une occasion pour s'entretenir également des questions politiques. Les retrouvailles entre les FL et les Marada devaient notamment servir à assainir le climat entre les deux parties et résoudre les contentieux en suspens pour pourvoir enfin tourner la page d'un passé tumultueux.

Bref, autant de réconciliations entre les adversaires d'hier mais qui ne signifient pas pour autant l'abandon, par l'un ou l'autre, de ses choix politiques fondamentaux, constatent des observateurs politiques.


 

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