Liban

AIB : des mesures ont été prises, mais la fermeture de Costa Brava reste la priorité

Aviation civile

« Nous sommes en train de suivre les critères internationaux », assure le ministre des Transports à « L'Orient-Le Jour ».

14/01/2017

L'aviation civile au Liban reste jusqu'à l'heure menacée par la décharge de Costa Brava et les mouettes qu'elle attire, quand bien même les responsables, notamment les ministres de l'Environnement, Tarek el-Khatib, et des Travaux publics, Youssef Fenianos, ainsi que le Conseil du développement et de la reconstruction (CDR) s'efforcent de trouver des solutions à une crise qui devient de plus en plus urgente. Seulement, l'efficacité des mesures prises jusque-là reste toujours contestée par des experts et des activistes qui ne cessent de réclamer la fermeture définitive de la décharge.

Joint au téléphone par L'Orient-Le Jour, M. Fenianos a noté hier que le nombre des machines émettant des sons destinés à effrayer les oiseaux a déjà été augmenté, qu'une décision d'installer un réseau d'égouts pour le fleuve de Ghadir a été prise par le Premier ministre et le CDR, et que la décharge de Costa Brava est maintenue fermée. Sur ce plan, une source politique bien informée a affirmé à L'OLJ qu'à la base, « le problème revenait à la gestion du dossier par le cabinet Salam, qu'il s'agisse de la décharge de Costa Brava ou de la gestion de la crise des déchets en gros », notamment par le ministre de l'Environnement précédent.

En réponse à la demande de la fermeture définitive de Costa Brava, le ministre des Travaux publics a précisé : « En tant que ministre des Travaux publics et des Transports, la gestion des crises relatives à la décharge de Costa Brava ainsi qu'à la pollution du fleuve ne rentre pas dans la sphère de mes prérogatives. »
M. Fenianos a tenu à mettre au point le fait qu'il est responsable de la sécurité de l'aviation civile et qu'il essaie donc de faire de son mieux pour gérer les répercussions des problèmes à l'origine de la crise, en vue d'éviter le pire. « Quant à la gestion des problèmes en tant que tels, à savoir la décharge de Costa Brava et le fleuve de Ghadir, elle relève de la responsabilité du ministère de l'Environnement », a-t-il insisté. Et de poursuivre : « Nous nous sommes cependant renseignés sur les protocoles suivis par les aéroports à travers le monde pour combattre le risque aviaire, et nous sommes en train de suivre les critères internationaux. »

 

(Lire aussi : AIB : le gouvernement prend une série de mesures pour éloigner les oiseaux)

 

« Mobiliser des crocodiles »
Quelles que soient les mesures prises au niveau de la réduction du danger que court l'aviation civile, pour le ministre de l'Éducation, Marwan Hamadé, « la fermeture définitive de la décharge de Costa Brava est incontournable ». « L'AIB est le poumon du Liban, il est donc inadmissible de le mettre en danger de cette manière », a-t-il poursuivi, se faisant l'écho de la colère et de l'indignation exprimées depuis quelques jours déjà par le chef du Rassemblement démocratique, Walid Joumblatt.

M. Joumblatt a d'ailleurs poursuivi hier sur sa lancée, sur son compte Twitter, estimant que « la tentative de sous-estimer le danger que représente la décharge de Costa Brava est une hérésie et une façon de tromper l'opinion publique ». « Les regrets ne serviront à rien une fois que la catastrophe aura lieu », a-t-il souligné. En se moquant de l'idée selon laquelle le recours à d'éventuels rapaces pourrait faire fuir les oiseaux, M. Joumblatt a proposé, avec la même ironie cinglante, de « mobiliser une unité de crocodiles, sous la direction de l'appareil de sécurité de l'aéroport ou de l'aviation civile... ».

Le vice-président du parti Kataëb, l'ancien ministre Sélim Sayegh, a qualifié de son côté de « scandaleuse » la manière dont le problème est en train d'être géré. Dans une interview accordée à l'agence al-Markaziya, M. Sayegh a dénoncé les mesures prises par le gouvernement pour résoudre la crise, « au lieu de la traiter conformément aux critères internationaux, qui voudraient que des distances de plusieurs kilomètres séparent les déchets des pistes de l'aérodrome ».

Tout autre est l'approche de l'ancien ministre druze et chef du parti al-Tawhid, Wi'am Wahhab, qui a remis en question la responsabilité de la décharge de Costa Brava dans la crise. Selon M. Wahhab, « les mouettes existent dans la région de Ghadir depuis 50 ans déjà, et certains mouvements écologiques sont devenus une carte entre les mains des politiciens qui la jouent conformément à leurs intérêts », dans une allusion à peine voilée à M. Joumblatt. « La décharge de Costa Brava constitue-t-elle une vraie menace, ou est-elle un simple prétexte pour l'ouverture d'une autre décharge à Sibline, où la tonne de déchets coûtera 25 dollars ? » s'est-il interrogé sur son compte Twitter.

Signalons enfin que le président du comité économique de l'Union libanaise culturelle mondiale (ULCM), Antoine Menassa, a proposé une solution au problème, celle « de réhabiliter l'aéroport de Kleyate (Akkar), de sorte que les avions atterrissent et décollent depuis ses pistes, d'autant que cet aéroport constitue une entité économique vitale pour l'ensemble des régions du Liban-Nord ».

 

 

 

Lire aussi

La délocalisation de la décharge de Costa Brava devient urgente pour éviter le pire

 

Retour à la page "Liban"

Vos Commentaires

Chère/cher internaute,
Afin que vos réactions soient validées sans problème par les modérateurs de L'Orient-Le Jour, nous vous prions de jeter un coup d'oeil à notre charte de modération en cliquant ici.

Nous vous rappelons que les commentaires doivent être des réactions à l'article concerné et que l'espace "réactions" de L'Orient-Le Jour, afin d'éviter tout dérapage, n'est pas un forum de discussion entre internautes.

Merci.

 

Saliba Nouhad

Comme je l'avais noté dans mon commentaire d'hier, et en accord avec l'éditorial assez éloquent de Mr. Goraieb, si le danger est tellement réel et le risque tellement grand, comment se fait-il qu'il n'y a pas de risque de grève ouverte des pilotes de ligne ou des compagnies de ligne aériennes internationales de boycotter l'aéroport de Beyrouth jusqu'à la résolution du problème?
Probablement, la seule manière de régler le problème au risque d'étouffer le tourisme et l'économie du pays.
Mais c'est là où le bat blesse, les intérêts financiers de tout ce monde-là, les magouilles, la corruption, l'individualisme du Libanais... Tout cela fait en sorte qu'on laisse les choses aller comme si de rien!
L'adage qui dit que "le chien aboie, la caravane passe" resume bien ce mélodrame, et rien de nouveau au pays du Cèdre!

Irene Said

Tapez dans la "fourmillière de nos ministres, responsables et autres directeurs"...et ils vont courir dans tous les sens...inutilement et ridiculement !
Car les vrais fourmis...observez-les...très organisées et travailleuses, savent se comporter comme il le faut.
Alors que nos "fourmis officielles", censées gérer ce pauvre pays, en sont totalement incapables.

Quand la sociéte libanaise se décidera-t-elle enfin de placer des personnes compétentes dans nos ministères, correspondant aux critères demandés pour leur fonction ?
Et non en raison de leur appartenance à telle communauté religieuse etc. ?
Vous avez devant vous chaque jour et à chaque nouveau problème les résultats de ce système libanais aberrant et dépassé depuis longtemps !

En attendant, notre pauvre pays recule de plus en plus à tous les niveaux. Et qui en paye le prix le plus élevé ?
Nous, le petit peuple !
Irène Saïd



Dernières infos

Les + de l'OLJ

1/1

Les signatures du jour

Le Journal en PDF

Les articles les plus

x

Pour enregistrer cet article dans votre dossier personnel Mon Compte, vous devez au préalable vous identifier.

X
Déjà abonné ? Identifiez-vous
Vous lisez 1 de vos 10 articles gratuits par mois.

Pour la défense de toutes les libertés.