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Liban

Les approches différentes de l’islam et de l’Église

avortement au Liban
OLJ
23/12/2016

Chez les chrétiens, « l'avortement voulu est un meurtre », affirme d'emblée le père Antoine Sarkis. « Nous sommes en train de tuer un être humain avec la seule différence qu'il ne peut se défendre, ajoute-t-il. C'est un péché très grave. » « Certains considèrent qu'avant deux mois, l'embryon n'est pas encore une vie, alors ils se permettent tout. Mais en fait, au moment même où il y a fécondation, il y a un être humain et personne n'a le droit de toucher à cette vie. »

Le père reconnaît toutefois qu'il existe « des cas très difficiles, comme ceux de jeunes filles ou de femmes qui ont été victimes de viol. La responsabilité diffère donc selon la situation ».
Le prêtre rappelle dans ce contexte les propos tenus par le pape sur l'avortement : « Je pense à toutes les femmes qui ont eu recours à l'avortement. Je connais bien les conditionnements qui les ont conduites à cette décision. J'ai rencontré de nombreuses femmes qui portaient dans leur cœur la cicatrice de ce choix difficile et douloureux », avait affirmé François en septembre 2015 en demandant que tous les prêtres, durant le « jubilé de la miséricorde », accordent le pardon à tous les catholiques qui ont avorté ou provoqué l'avortement. En novembre 2016, le pape a annoncé qu'il maintenait la possibilité pour tous les prêtres d'absoudre un avortement.

Avant l'autorisation du pape, indique le père Antoine Sarkis, le prêtre devait, pour absoudre une femme qui s'est fait avorter et qui désirait se confesser, obtenir l'autorisation d'un évêque. « Cela montre la gravité de ce péché », souligne-t-il. Il indique avoir connu « de nombreux cas ces dernières années. Il s'agissait surtout de femmes plutôt âgées qui avaient décidé de se confesser après avoir avorté dans leur jeunesse ».

Et si l'avortement était légalisé un jour au Liban ? « Ce serait vraiment catastrophique, répond le père Antoine Sarkis. Mais au final, que l'État légalise ou non l'avortement, cela ne change rien à sa nature. Nous sommes en train d'éliminer une vie humaine et, pour l'Église, la vie humaine appartient à Dieu. »

« Jusqu'à 120 jours »
Du côté de l'islam, « la majorité de la jurisprudence islamique autorise l'avortement jusqu'à 120 jours après la fécondation, indique de son côté le cheikh Mohammad Noukkari. Après ces 120 jours, l'avortement est seulement autorisé dans le cas où la vie de la mère est en danger ». Cheikh Noukkari explique qu'après ces 120 jours, « l'embryon devient une création plutôt complète et l'âme est insufflée au fœtus ». Cette règle est la même chez les sunnites et les chiites, précise-t-il. « Une minorité de la jurisprudence se prononce contre l'avortement, ajoute néanmoins le cheikh. Elle estime que, dès le départ, l'embryon est une vie qu'il faut respecter. »

À la question de savoir s'il pense que l'avortement sera un jour légalisé au Liban, le responsable musulman répond « oui pourquoi pas », avant de préciser que cette question a été débattue par le conseil consultatif sur l'éthique dont il fait partie. « Ce conseil est formé de médecins, d'anciens ministres de la Santé et de représentants des différentes religions, explique le cheikh Noukkari. L'opposition majeure à la légalisation de l'avortement vient des chrétiens. Nous connaissons tous la position de l'Église à ce sujet. »

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Yves Prevost

L'embryon, le fœtus sont-ils des êtres humains? Tout est là.S'ils ne le sont pas qu'est-ce qui les transforme en êtres humains - dont la vie est protégée par la loi - après le 120ème jour ou la 12ème semaine (comme en France), ou bien après la naissance?
Ce n'est pass la loi qui peut définir un être humain, mais la nature.
La seule attitude logique est de proclamer l'existence d'un être humain dès la fécondation.

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