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Liban - L’éclairage

La réconciliation FL-Hezbollah est-elle possible ?

Le chef du Courant patriotique libre, Gebran Bassil, va-t-il réussir à paver la voie à une réconciliation entre les Forces libanaises et le Hezbollah dans l'esprit de la réconciliation qui a déjà eu lieu entre les CPL et les FL d'abord, puis entre le CPL et le courant du Futur ?

La question s'impose après les propos tenus par M. Bassil mardi dernier à l'issue de la réunion hebdomadaire du bloc parlementaire du Changement et de la Réforme. À cette occasion, le chef du CPL a indiqué qu'il œuvre actuellement à un rapprochement entre les FL et le parti chiite, deux formations avec lesquelles le courant aouniste a signé successivement une déclaration d'intention (pour le premier) et un accord d'entente (pour le second), plaçant ainsi le CPL en bonne position pour assurer la médiation.

Ces efforts ont été relayés par le chef de l'État, Michel Aoun, qui a déjà évoqué la question avec le chef des FL lors de la visite de ce dernier à Baabda, jeudi dernier, dans le cadre d'une stratégie globale visant à élargir l'opération de réconciliation à l'ensemble des protagonistes politiques.

 

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Lors de son entretien avec M. Geagea, le chef de l'État l'a exhorté à cesser ses attaques contre le Hezbollah et ses acolytes, de sorte à ne plus susciter des réactions virulentes qui ne font qu'alimenter la tension. Ce à quoi le chef des FL a répondu en accusant le parti chiite d'avoir ouvert le feu en premier par le biais des médias qui lui sont affiliés et à l'aide de figures politiques qui gravitent dans son orbite. M. Geagea soutient également que sa formation a tenté à plusieurs reprises d'envoyer des messages positifs en direction de la banlieue sud, mais en vain, puisque la campagne de dénigrement visant les FL et son chef s'est poursuivie. Avant de quitter Baabda, Samir Geagea a insisté devant les journalistes sur le fait que l'entente avec le CPL n'a pas été contractée sur une base communautaire, mais plutôt nationale, l'objectif ultime étant l'édification de l'État, condition sine qua non pour toute réconciliation si elle devait avoir lieu.

Auparavant, le chef du CPL avait donné une autre indication dans le même sens en lançant une série d'appels en direction des forces politiques, notamment son partenaire chiite, qu'il a tenu à rassurer, avant d'exprimer son souhait de voir les FL et le Hezbollah amorcer une réconciliation.

Dans les milieux des FL, on tient toutefois à définir le contexte dans lequel une telle réconciliation pourrait avoir lieu, à savoir la définition d'un agenda clair à la tête duquel devrait figurer l'édification d'un État de droit, le respect de la Constitution et de son esprit, bref un agenda à caractère exclusivement libanais et non inspiré ou piloté par l'extérieur, le parrain iranien en l'occurrence. À ce sujet, les milieux précisent également qu'un éventuel dialogue entre les deux formations devrait avoir des visées claires et conduire à des résultats fructueux. Pour ce faire, il devrait donc se distinguer du dialogue bilatéral qui s'est instauré entre le Hezbollah et le courant du Futur et dont le but était principalement d'étouffer la discorde sunnito-chiite et de résorber la tension entre les deux communautés. Un objectif réalisable à travers des efforts concrets visant à éviter les campagnes médiatiques virulentes ou les provocations de part et d'autre. Une recette qui a plus ou moins fonctionné en définitive. Preuve en est, le dialogue entre les deux formations s'est poursuivi sans discontinuer, la 38e session devant avoir lieu le 20 décembre courant, et ce en dépit de certaines positions en flèche exprimées ici ou là. Force est de constater que ce dialogue sunnito-chiite est le seul du genre dans la région et pourrait, dans un contexte d'une réconciliation plus large, constituer à l'avenir un modèle à suivre dans la région.

 

(Lire aussi : Nasrallah appelle à une formation du gouvernement « le plus rapidement possible »)

 

Pour en revenir à un éventuel dialogue entre les FL et le Hezbollah, il ne saurait se tenir que sous la seule condition d'évoquer l'ensemble des sujets sensibles, notamment ceux qui ont trait aux questions de souveraineté, au monopole de l'usage de la violence par l'État, à la distanciation du Liban par rapport aux crises régionale selon la Déclaration de Baabda et, enfin, à la définition d'une stratégie de défense de sorte que la résistance ne soit plus monopolisée par une seule communauté, mais deviendrait la responsabilité de tous sous le seul contrôle des forces armées nationales et des services de sécurité, sur la base un agenda exclusivement libanais.

Pour réussir et aboutir à des résultats concrets, un tel dialogue devrait se tenir en toute transparence, précisent les milieux FL. Il s'agit en somme d'œuvrer en direction de l'édification d'un État fort, un principe sur la base duquel Michel Aoun a été élu à la tête du pays. C'est sur ce point précis qu'avait insisté M. Bassil à l'issue de la réunion du bloc du Changement et de la Réforme, lorsqu'il a évoqué les divergences entre le CPL et le Hezbollah sur les dossiers considérés comme prioritaires. Alors que le parti chiite place la résistance à la tête de ses préoccupations, le CPL, lui, définit ses priorités autour des critères fondateurs d'un État moderne tels que la compétence, l'intégrité, la justice, le respect des institutions, la redynamisation des organismes de contrôle, la lutte contre la corruption et la réforme administrative. Une mission complexe qui laisse dubitatif un analyste qui se demande si le président réussira à mener ce chantier jusqu'au bout tout en gérant la relation trouble entre les FL et le Hezbollah.

 

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La question s'impose après les propos tenus par M. Bassil mardi dernier à l'issue de la réunion hebdomadaire...
commentaires (10)

Les FL et le Hezbollah sont aux antipodes des idéologies politiques et normalement il n'y a pas moyens de pouvoir se mettre d'accord sur quoi que ce soit puisque les uns sont des Nationalistes Libanais par excellence et les autres des suppôts d'une force régionale qui n'en a rien a foutre du Liban. Du coup le seul moyen de pouvoir espérer arriver a un résultat se résume simplement a ce que le Hezbollah accepte de se départir de son idéologie transnationale qui va a l'encontre des intérêts du pays et se remet sous le giron de l’état. Il est clair, cependant, que seul si les FL et le Hezbollah arrivent a un accord le Liban trouvera la paix et la prospérité. Tous les autres peuvent faire n'importe quoi, et ils l'ont fait, ce n'est que lorsque les FL ont agit que le pays a fait un petit bon en avant. Le Hezbollah sait bien cela et même s'il fait semblant de vouloir les ignorer ou diminuer de leur importance, les actions et événements des derniers jours leur a prouver qu'ils ne pourront arriver nulle part sans les prendre en considération. Les Aounistes aussi l'ont compris! Cela leur a pris du temps mais ils y sont arrivés. Il n'est jamais trop tard pour bien faire! A présent c'est au Hezbollah de préparer sa transition pour qu'elle se passe au mieux. La Syrie ne peut lui rapporter qui que ce soit sur la scène locale. Lui il a perdu, seul les Russes ont gagné. Hassouna peut essayer de la jouer victorieux autant qu'il veut cela ne passera pas. Les morts ne le lui permettront pas!

Pierre Hadjigeorgiou

12 h 28, le 12 décembre 2016

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Commentaires (10)

  • Les FL et le Hezbollah sont aux antipodes des idéologies politiques et normalement il n'y a pas moyens de pouvoir se mettre d'accord sur quoi que ce soit puisque les uns sont des Nationalistes Libanais par excellence et les autres des suppôts d'une force régionale qui n'en a rien a foutre du Liban. Du coup le seul moyen de pouvoir espérer arriver a un résultat se résume simplement a ce que le Hezbollah accepte de se départir de son idéologie transnationale qui va a l'encontre des intérêts du pays et se remet sous le giron de l’état. Il est clair, cependant, que seul si les FL et le Hezbollah arrivent a un accord le Liban trouvera la paix et la prospérité. Tous les autres peuvent faire n'importe quoi, et ils l'ont fait, ce n'est que lorsque les FL ont agit que le pays a fait un petit bon en avant. Le Hezbollah sait bien cela et même s'il fait semblant de vouloir les ignorer ou diminuer de leur importance, les actions et événements des derniers jours leur a prouver qu'ils ne pourront arriver nulle part sans les prendre en considération. Les Aounistes aussi l'ont compris! Cela leur a pris du temps mais ils y sont arrivés. Il n'est jamais trop tard pour bien faire! A présent c'est au Hezbollah de préparer sa transition pour qu'elle se passe au mieux. La Syrie ne peut lui rapporter qui que ce soit sur la scène locale. Lui il a perdu, seul les Russes ont gagné. Hassouna peut essayer de la jouer victorieux autant qu'il veut cela ne passera pas. Les morts ne le lui permettront pas!

    Pierre Hadjigeorgiou

    12 h 28, le 12 décembre 2016

  • des relations de courtoisie entre les deux partis -surtout si les FL augmentent leurs représentativité au parlement- sont souhaitables et probablement inévitables. Mais sur le fond les divergences sont irréconciliables: l'un est pour un Etat de droit moderne et libérale, l'autre pour un Etat dans l'Etat avec uniquement une interaction sur le niveau économique.

    Lebinlon

    10 h 34, le 12 décembre 2016

  • J'avoue que le hezb cette fois ci m'a étonné !!

    Bery tus

    02 h 08, le 11 décembre 2016

  • De tous temps, les "nains de jardin" qui ont gouverné le Liban et qui le gouvernent maintenant pratiquent les brouilles et les réconciliations, tout cela pour s'approprier le plus grand part du gâteau. Cela est la cause de toutes les convoitises du voisinage. Tant pis, continuez !

    Un Libanais

    14 h 56, le 10 décembre 2016

  • A défaut d’une mauvaise surprise liée au temps qui passe, (au cas où), la prochaine élection présidentielle, se joue déjà dans les esprits, surtout dans celui de Geagea. Ce rapprochement entre les deux hommes forts c’est d’abord pour se détester moins. Ensuite, on l’a vu récemment, passer sous les fourches caudines du Hezb, condition préalable pour se faire élire, par exemple, une visite à Damas, un obstacle qu’il faut franchir, pour concrétiser ce ralliement, et que tout est possible au pays des artistes du parfait salto arrière (n’est-pas M. Hariri). Il est temps que les aounistes préparent leurs partisans et leurs députés à soutenir le candidat avec ils se sont réconciliés depuis janvier dernier, après tant d'années de haine réciproque. au cas où…

    L'ARCHIPEL LIBANAIS

    12 h 15, le 10 décembre 2016

  • "Une mission complexe qui laisse dubitatif un analyste, qui se demande si le président réussira à mener ce chantier jusqu'au bout....". A bientôt 84ans ? En rêve, oui !

    ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

    10 h 51, le 10 décembre 2016

  • QUAND LE CHIEN ET LE CHAT POURRAIENT DEVENIR PAIR CE SERA POSSIBLE !

    LA LIBRE EXPRESSION PARLE AU PEUPLE.

    09 h 56, le 10 décembre 2016

  • Disons que le hezb résistant chiite adore détester les chrétiens des fl et que les fl détestent adorer le hezb résistant. Comme l'Argentine et le Brésil en football.

    FRIK-A-FRAK

    09 h 48, le 10 décembre 2016

  • "l'objectif ultime (de l'entente FL-CPL) était l'édification de l'État". Cela exclut, à l'évidence, le Hezbollah. Toute "réconciliation" avec lui ne sera possible que quand il aura déposé ses armes et se sera transformé en un parti libanais et non iranien. Mais ce serait, pour lui, renoncer à ce qui fait son essence même. Difficile de rêver!

    Yves Prevost

    07 h 12, le 10 décembre 2016

  • ENTRE QUI ET QUI ?? LES FL ET LE HEZBOLAH ? OUI OUI UNE ENTENTE EST POSSIBLE. ELLE RESSEMBLE À UN MÉLANGE DE L'HUILE ET DE L'EAU.

    Gebran Eid

    05 h 07, le 10 décembre 2016

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