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Liban - La situation

On se rapproche de l’heure « H » ; Hariri joue l’optimisme

Saad Hariri à Aïn el-Tiné : « Les choses vont de l’avant. » Photo Ani

« Les choses vont de l'avant... et pourraient se conclure très prochainement », a affirmé hier le Premier ministre désigné Saad Hariri, après avoir été reçu par le président de la Chambre, Nabih Berry, à Aïn el-Tiné. L'entretien s'est tenu en présence aussi de Nader Hariri et du ministre sortant des Finances, Ali Hassan Khalil.

« Le gouvernement sera-t-il formé avant les fêtes ? » ont cherché à savoir les journalistes présents. « Inch'allah », a ajouté M. Hariri, avant de préciser : « Je trouve que le président de la République tient à former le gouvernement ; et aujourd'hui, je trouve que le président Berry tient encore plus à le voir enfin formé. J'espère donc que tout le monde facilitera ce processus, et que nous en verrons bientôt la fin. Ce que je peux dire, c'est que nous avons abordé tous les sujets, et que les choses se présentent bien. »
« Le président de la Chambre a-t-il accepté de se désister d'un portefeuille donné ? » ont relancé les journalistes, songeant sans doute au ministère du Travaux publics, que le parti Marada insiste à se voir confier. Sans répondre directement à la question, M. Hariri devait redire que M. Berry avait été « extrêmement positif » et « soucieux de voir le gouvernement formé ».

 

(Lire aussi : Nasrallah appelle à une formation du gouvernement « le plus rapidement possible »)

 

C'est aussi la position affichée hier par le secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah, au cours d'un discours dans lequel il a clarifié ses positions à ce sujet. Réaliste, le leader chiite a rappelé que la vie de ce gouvernement sera courte et prendra fin aussitôt que des élections législatives se tiendront, c'est-à-dire avant le 20 juin, si l'on tient à respecter le mandat de la Chambre actuelle, déjà prorogé à deux reprises. Pour Hassan Nasrallah, la tâche du gouvernement est de « participer » à la mise au point d'une nouvelle loi électorale et superviser le scrutin qui se tiendra en conséquence. Note qui n'est pas passée inaperçue, le chef du Hezbollah a affirmé qu'il œuvrait pour que la relation entre les Marada et le Courant patriotique libre « redevienne ce qu'elle était ». Des efforts qui devraient décrisper les relations qui se sont tendues entre les deux formations à l'occasion de la course présidentielle.

Dans les cercles politiques, on estime qu'une partie du froid qui s'est installé entre les deux formations est due aux propos désobligeants tenus par le chef du CPL, Gebran Bassil, quand Sleiman Frangié avait affiché son alliance avec Saad Hariri, et brigué la présidence, face à Michel Aoun. M. Bassil avait alors déclaré en public ne pas comprendre comment on peut préférer « l'imitation » à « l'authentique ».
On estime par ailleurs, dans les milieux politiques, que la réconciliation entre Michel Aoun et Sleiman Frangié est tributaire d'un geste personnel que le chef de l'État effectuerait en direction de celui qui, un jour, l'avait qualifié de « père ». Ce geste, le président Aoun tarde encore à le faire, multipliant les appels de pied indirects.

 

(Lire aussi : Le spectre des législatives hante la classe politique)

 

Amour-propre et relations personnelles
Pour une observatrice de la scène libanaise, à côté des grandes options politiques, les questions d'amour-propre et les relations personnelles tendues jouent encore un trop grand rôle dans le cours de la vie politique au Liban. C'est ainsi, par exemple, qu'en attendant de s'excuser pour ses propos outranciers et blessants, M. Bassil cherche à paver la voie à une réconciliation entre les Forces libanaises et le Hezbollah dans l'esprit de la réconciliation qui a déjà eu lieu entre les CPL et les FL d'abord, puis entre le CPL et le courant du Futur. Encore que, là aussi, beaucoup doit être fait pour que les leaders en présence apprennent à se parler directement, et non par programme télévisé interposé.

Pour certains observateurs, c'est le spectre des législatives qui se profile derrière les « obstacles » qui jusqu'à présent empêchent le processus de formation de progresser. Certains vont plus loin et affirment que c'est le spectre de l'après-Aoun qui se profile déjà et fait blocage, dans la perspective d'une bataille pour le leadership chrétien entre le CPL, les Forces libanaises et les Marada, ou, plus précisément, entre les chefs de ces formations.

Quoi qu'il en soit, le gouvernement finira par voir le jour, estime-t-on, dans la logique géopolitique qui a enfin permis l'élection d'un président de la République. Hassan Nasrallah a conseillé hier aux forces politiques de ne pas prendre en considération certains développements régionaux attendus. Il a évoqué « des projets qui vont tomber », mais est resté vague à ce sujet. Il n'est cependant pas difficile de deviner qu'il parle de la situation régionale, et des projets de renversement du régime syrien, qui ont apparemment échoué, ce qui n'est pas pour réjouir certains partis qui ont parié sur la chute de Bachar el-Assad.

Toutefois, malgré le spectaculaire rétablissement militaire du régime syrien, assisté par la Russie, l'Iran et le Hezbollah, il existe encore suffisamment d'inconnues qui rendent la situation encore volatile. On apprenait hier que le commandant en chef de l'armée, Jean Kahwagi, et le directeur de la Sûreté générale, Abbas Ibrahim, ont tenu une réunion de travail pour évaluer les risques d'un réveil des cellules dormantes de Daech au Liban, conséquence des revers que le groupe État islamique essuie en Syrie et en Irak.

 

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« Les choses vont de l'avant... et pourraient se conclure très prochainement », a affirmé hier le Premier ministre désigné Saad Hariri, après avoir été reçu par le président de la Chambre, Nabih Berry, à Aïn el-Tiné. L'entretien s'est tenu en présence aussi de Nader Hariri et du ministre sortant des Finances, Ali Hassan Khalil.
« Le gouvernement sera-t-il formé avant les...
commentaires (6)

Est-ce que "jouer l'optimisme" est plus valorisant pour un politicien dans notre pays ,que de "jouer le pessimisme"...? , les deux options....ne sont pas encore évidente...bien quelles peuvent conduire , au même résultat...:-)

M.V.

18 h 22, le 10 décembre 2016

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Commentaires (6)

  • Est-ce que "jouer l'optimisme" est plus valorisant pour un politicien dans notre pays ,que de "jouer le pessimisme"...? , les deux options....ne sont pas encore évidente...bien quelles peuvent conduire , au même résultat...:-)

    M.V.

    18 h 22, le 10 décembre 2016

  • LA NON APPARTENANCE CLASSIFIE...

    LA LIBRE EXPRESSION NE COMMENTE PAS.ELLE CONSEILLE

    13 h 09, le 10 décembre 2016

  • Je suis très heureux de voir notre PM rentré au Liban son 2eme pays. Il a retrouvé le sourire et l'optimisme qu'il affiche sont la conséquence de la main tendue que lui avait promis le chef de la résistance libanaise avec son allié du CPL le phare Aoun. Et le chef H.N à parlé hier, les messages seront bien reçus et bien appliqués.

    FRIK-A-FRAK

    10 h 19, le 10 décembre 2016

  • HEURE -H- OU HEURE -ZERO- ?

    LA LIBRE EXPRESSION NE COMMENTE PAS.ELLE CONSEILLE

    09 h 57, le 10 décembre 2016

  • Bonne Humeur , ou Horreur toutes les surprises sont possibles dans notre pays impossible .

    Sabbagha Antoine

    08 h 29, le 10 décembre 2016

  • HARIRI EST OPTIMISTE DONC. IL EST LE PREMIER MINISTRE. PREMIER MINISTRE DE QUOI, DE QUI OÙ ???

    Gebran Eid

    04 h 58, le 10 décembre 2016

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