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Liban - Partis

Nasrallah appelle à une formation du gouvernement « le plus rapidement possible »

Le secrétaire général du Hezbollah insiste sur la solidité des relations entre sa formation et le président Michel Aoun.

Le secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah, a appelé hier à former un gouvernement sans plus attendre, insistant dans ce contexte sur la solidité des liens entre sa formation et le président de la République, Michel Aoun, afin de couper court aux rumeurs qui circulaient ces derniers temps.
« Il n'y a pas un seul parti, même au sein du camp adverse, qui ne souhaite pas la formation du gouvernement aujourd'hui. Il faut être honnête et le dire », a affirmé Hassan Nasrallah, dans un discours télévisé retransmis en direct. « D'aucuns disent que certaines parties politiques veulent se venger du président et bloquer la formation du gouvernement. Mais cela est infondé, a-t-il ajouté. Beaucoup d'obstacles ont été surmontés, notamment en optant pour un gouvernement d'union nationale qui représente toutes les forces politiques. De même concernant le nombre de ministres, que ce soit un gouvernement à 24 ou 30 ministres. Même les portefeuilles ministériels ont été distribués sans problèmes. Seule l'attribution de deux ou de trois portefeuilles fait toujours obstacle. Mais cela peut être résolu, sans faire de polémique politique et médiatique. »
« Le gouvernement doit être formé le plus rapidement possible, car cela est dans l'intérêt de tous », a insisté le leader chiite. « Il faut toutefois garder en tête que nous sommes toujours dans les délais impartis. Certains articles de presse brandissent la menace d'une guerre civile... Sur quelle planète vivent ces médias ? » s'est-il interrogé.

Contact permanent
Le chef du Hezbollah a dans ce contexte fait savoir que sa formation est en contact permanent avec le président de la Chambre, Nabih Berry, de même qu'avec le président Aoun, malgré le fait que les deux responsables sont en froid.
« Nous souhaitons que personne ne fasse pression sur le nouveau régime pour former ce gouvernement. Ce cabinet sera celui de la transition et de l'organisation des législatives (prévues en mai). La mission essentielle de ce gouvernement est de préparer une nouvelle loi électorale. Mais d'aucuns veulent instrumentaliser la formation du gouvernement à des fins politiques », a mis en garde Hassan Nasrallah. Et de poursuivre : « Il est faux de dire que le président Berry bloque la formation du cabinet. Ou de dire que le Hezbollah ou les Marada sont responsables du blocage. Il est injuste de dire cela. Mais nous n'accusons personne. Nous présumons que tous les pôles politiques veulent que le gouvernement voie le jour. Mais pourquoi certains ont le droit de réclamer des ministères ayant un poids, alors que d'autres sont accusés de blocage s'ils font de même? Les tiraillements à ce niveau sont naturels. Pourquoi ne pas dire que certains réclament une part qui dépasse leur poids politique et bloquent ainsi la formation du gouvernement ? » s'est demandé le chef du Hezbollah, en allusion aux Forces libanaises de Samir Geagea.
« Discutez avec nous sagement, calmement, et vous serez traités de la sorte. Mais mettez-nous la pression et accusez-nous de blocage, et vous n'irez nulle part », a-t-il prévenu. « Aujourd'hui, afin d'obtenir la formation du gouvernement dans les plus brefs délais, il faut cesser de lancer des accusations à tort et à travers, car cela ne sert pas la cause du nouveau mandat et n'améliore pas la situation politique du pays. »

Des relations « excellentes »
Au début de son allocution, le secrétaire général du Hezbollah avait insisté sur la solidité des liens qui lient sa formation au président Aoun et au Courant patriotique libre, dont le chef de l'État libanais est le fondateur.
« Nous et le président Michel Aoun, ainsi que la direction du Courant patriotique libre, nous entretenons des relations excellentes, et il n'y a aucun souci, problème ou différend, ou craintes », a lancé le chef du parti chiite. « Tout ce qui se dit dans ce sens est infondé. Notre relation a été, est et restera basée sur le respect mutuel et la confiance. Nous sommes presque quotidiennement en contact avec le président Aoun et Gebran Bassil (chef du CPL), et nous avons des rencontres et des entretiens, et l'atmosphère est positive. Nous avons peut-être des points de vue différents parfois, mais cela contribue à renforcer la coopération entre nous. »
Le chef du Hezbollah a dans ce contexte commenté certaines informations de presse faisant état de tensions entre sa formation et le président Aoun. « On a dit que le Hezb a demandé au président Aoun de mettre un terme à son alliance avec les Forces libanaises. (...). D'aucuns essaient de montrer que le Hezb est obnubilé par les Forces libanaises et leurs relations avec le CPL (...). Nous considérons que les FL sont une force politique centrale ayant son poids, mais nos préoccupations se trouvent ailleurs. Vous savez où. Ce qui nous préoccupe va modifier la situation et l'avenir de la région », a-t-il dit, en allusion au conflit en Syrie, où le Hezbollah combat aux côtés du régime du président Bachar el-Assad.
« Je veux que les chrétiens du pays sachent que lorsque le CPL a entamé son alliance avec les FL, nous étions tenus au courant de cela. Le CPL nous a sondés, et nous lui avons fait savoir que cela ne nous pose aucun problème. Nous avons même dit que cela est positif s'il permet l'élection du président Aoun à la magistrature suprême », a précisé Hassan Nasrallah.

Les relations CPL-Marada
Et de poursuivre : « Toute ouverture entre partis libanais, que ce soit entre formations chrétiennes ou autres, (...) nous ne la voyons pas d'un mauvais œil. Il est de notre droit toutefois d'œuvrer pour que la relation entre le CPL et les Marada (de Sleiman Frangié) redevienne ce qu'elle était, car il s'agit de nos amis et de nos alliés qui nous ont soutenus par le passé. Cela n'a rien à voir avec un tandem chrétien quelconque », a encore dit Hassan Nasrallah. Les relations entre MM. Frangié et Aoun se sont détériorées depuis l'élection de ce dernier à la magistrature suprême le 31 octobre dernier, rappelle-t-on.
Le chef du parti chiite a par ailleurs commenté les entretiens que le chef de l'État a eus avec des dirigeants des pays du Golfe. « Il a également été dit que le Hezbollah craint les rencontres qu'a eues le président Aoun avec certains dirigeants des pays du Golfe. Il n'en est rien. Tout cela n'est que mensonges, a-t-il fait savoir. Le président peut voyager où bon lui semble. C'est son droit de se rendre en Arabie saoudite ou ailleurs, en Iran par exemple. Le Hezbollah n'a pas le droit de mettre un veto au président. »

La proportionnelle, « seule solution »
Enfin, Hassan Nasrallah a évoqué les élections législatives prévues en mai prochain. « Nous soutenons l'appel à dissocier la formation du gouvernement de l'élaboration d'une nouvelle loi électorale, tel que formulé par le CPL ou d'autres formations », a déclaré le secrétaire général du Hezbollah.
« Nous appelons à de vrais efforts au niveau de l'élaboration d'une nouvelle loi électorale. Il faut qu'il y ait des élections basées sur une loi qui fait dire aux Libanais que leur voix compte, une loi qui assure une juste représentativité des forces politiques. Ceci est nécessaire pour édifier un vrai État. Voilà le vrai test. Nous ne devons pas élaborer une loi électorale taillée sur mesure. La seule option pour cela est d'adopter la proportionnelle intégrale, non partielle, avec une ou plusieurs circonscriptions », a-t-il affirmé.
Le chef du parti chiite n'a toutefois pas évoqué le conflit syrien, notamment la bataille d'Alep, affirmant qu'il abordera ce volet lors de son prochain discours. Le Hezbollah et le régime Assad sont sur le point de reprendre le contrôle total de la deuxième ville de Syrie, faisant subir à l'opposition militaire sa plus grande défaite depuis le déclenchement du conflit en 2011.

Le secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah, a appelé hier à former un gouvernement sans plus attendre, insistant dans ce contexte sur la solidité des liens entre sa formation et le président de la République, Michel Aoun, afin de couper court aux rumeurs qui circulaient ces derniers temps.« Il n'y a pas un seul parti, même au sein du camp adverse, qui ne souhaite pas la...
commentaires (2)

FORMATION DEMOCRATIQUE DE TOUS... MAIS COMME NOUS LE DICTONS ! JUSQUES A QUAND ?

LA LIBRE EXPRESSION NE COMMENTE PAS.ELLE CONSEILLE

13 h 08, le 10 décembre 2016

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Commentaires (2)

  • FORMATION DEMOCRATIQUE DE TOUS... MAIS COMME NOUS LE DICTONS ! JUSQUES A QUAND ?

    LA LIBRE EXPRESSION NE COMMENTE PAS.ELLE CONSEILLE

    13 h 08, le 10 décembre 2016

  • Malgré certaines réserves normales, disons : à la bonne heure !

    Halim Abou Chacra

    12 h 33, le 10 décembre 2016

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