Liban

Nabatiyé croule sous les ordures, quelles solutions en perspective ?

Crise des déchets

La principale décharge de la région a été fermée sans alternative, et la seule usine de tri est débordée. Un air de déjà-vu ?

30/11/2016

La crise des déchets itinérante, favorisée par le manque de vision et l'absence de solutions durables, vient de gagner Nabatiyé.

Un centre de tri pour le caza, qui y avait été aménagé avec l'aide de l'Union européenne (UE), se trouve désormais incapable de continuer à desservir la région. La raison ? « Le volume des déchets inertes est trop important, étant donné que les habitants ne trient pas leurs déchets à la maison, ce qui rend le tri difficile en usine, explique le député Yassine Jaber à L'Orient-Le Jour. Or la décharge de Kfour, où ces déchets auraient dû être acheminés en principe, a été fermée, suite à un mouvement de contestation. Il n'y a donc plus d'évacuation des déchets inertes hors de l'usine, sachant qu'ils composent 50 à 60 % de l'ensemble des ordures. Cela a provoqué un arrêt de la collecte des déchets dans le caza parce qu'il n'y a plus de place à l'intérieur de l'usine. »

Pourquoi les déchets inertes (en d'autres termes ceux dont on ne peut plus rien faire après avoir isolé les ordures organiques et recyclables) se trouvent-ils à un taux aussi élevé après le tri ? De manière générale, ces déchets ne forment pas plus de 10 à 20 % du volume total... « Ce n'est pas une usine des plus sophistiquées, même si elle est mieux que rien, dit-il. Mais avec l'absence de tri à domicile, le tri en usine est largement insuffisant, d'où ce volume de déchets qui doivent se retrouver à la décharge. »
Hier, un groupe qui se fait appeler Rassemblement des clubs et des associations de la ville de Nabatiyé a lancé un appel aux députés du caza pour leur demander de « trouver une solution rapide à la crise des déchets ».

 

(Pour mémoire : Les ordures dans les rues, l'arme du chantage)

 

Quelle solution à long terme ? « Pour que l'usine fonctionne avec davantage d'efficacité, il faut absolument trouver une décharge, dit M. Jaber. J'y travaille personnellement depuis plusieurs jours, même si les députés n'ont pas les prérogatives nécessaires pour traiter de tels dossiers. La Fédération des municipalités de Chqif (Beaufort) tente de trouver un terrain adéquat et étudie actuellement deux ou trois options. Une fois ces terrains choisis sur base d'une superficie suffisante et d'un accord avec les propriétaires (qui peuvent continuer à en profiter après la fermeture du site), nous pourrons alors lancer l'étude d'impact environnemental, pour nous assurer qu'il n'y a pas de dégâts au niveau de l'eau souterraine et du sol, et afin de préparer l'aménagement du terrain en cellules utilisées successivement. »

Tout cela prend du temps, que faire des ordures amoncelées dans les rues ? Le député affirme que les municipalités tentent de trouver des sites temporaires, et que les ordures sont actuellement collectées. Le président du conseil municipal de Nabatiyé, Ahmad Kahil, confirme à L'OLJ que les ordures sont collectées en partie depuis hier, mais qu'aucun site n'a encore été adopté de manière définitive. « Nous essayons de parvenir à un accord avec l'usine de traitement de Saïda, ainsi qu'avec d'autres, mais rien n'est définitif », dit-il. Il ajoute que le dossier est principalement aux mains de la Fédération des municipalités de Chqif, dont le président est Mohammad Jaber. Ce dernier est cependant resté injoignable hier, malgré de multiples tentatives de l'appeler.

 

Pour mémoire

Des ouvriers de Sukleen en grève, les ordures s’amoncellent...

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BOSS QUI BOSSE

En fait on se demande comment sur un appel on peut se faire soulever tout un peuple contre tel ou tel homme politique ou telle loi, mais qu'on utilise pas ce procédé pour appeler les habitants de Nabatiyeh à se soulever contre la saleté et pour éduquer les personnels de ménage à trier les ordures.

Mais comme dab il doit y avoir une mafia sous jacente dans tout ça comme il est de coutume dans ce pays de cocagne .

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