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Économie - Réactions

Présidentielle US : Pas d’impact immédiat sur le Liban, selon les milieux économiques

La hausse du dollar pourrait à terme baisser la facture des importations libanaises. Photo Niyazz/Bigstock

La victoire de Donald Trump à l'élection présidentielle américaine, mardi aux États-Unis, devrait avoir un impact limité sur l'économie libanaise à court et moyen terme, ont estimé plusieurs acteurs économiques interrogés par L'Orient-Le Jour. « Le Liban aurait été dans la même position si Mme Clinton avait remporté cette échéance électorale, dans la mesure où les politiques à long terme résultent d'un consensus entre les grands partis », soutient le président de la Chambre de commerce libano-américaine (CCLA), Sélim Zeeny.

Pour le chef du département de recherche économique de Bank Audi, Marwan Barakat, « l'évolution des perspectives macroéconomiques pour le Liban dépend moins des résultats de l'élection présidentielle américaine que des récents développements politiques au niveau local ainsi que de la mise en œuvre des réformes structurelles attendues ». Dans une étude « à paraître prochainement », Bank Audi estime que les perspectives offertes par l'élection de Michel Aoun au poste de président de la République le 31 octobre après plus de deux ans de vacance présidentielle pourraient permettre au Liban d'atteindre « une croissance réelle de 4 % en 2017 ». Mardi, la Banque mondiale avait affirmé tabler sur des prévisions de croissance de 2,2 % en 2017 contre 1,8 % cette année.

 

(Lire aussi : Victoire de Trump : des électeurs US d'origine libanaise, entre bonheur et effroi)

 

Baisse de la valeur des importations
En attendant, les milieux économiques libanais s'accordent pour affirmer que le résultat des élections américaines n'aura pas d'impact sur la stabilité de la livre ou le montant des remises de la diaspora.
« La politique monétaire de la Banque du Liban (BDL) va rester globalement inchangée, et la livre, bien qu'ancrée sur la valeur du dollar (1 507,5 livres pour un dollar selon la BDL), va rester stable », assure ainsi le directeur du département de recherche du groupe Byblos Bank, Nassib Ghobril.

« Le dollar devrait néanmoins gagner du terrain dans les prochains mois, notamment par rapport à l'euro, pour des raisons qui sont liées à l'évolution récente de la situation économique aux États-Unis », signale de son côté le directeur du département recherche de la Blominvest Bank, Marwan Mikhael. « Conséquence : La hausse du dollar va baisser la facture globale des importations libanaises (qui ont atteint 18,07 milliards de dollars en 2015 selon les douanes, en baisse de 11,8 % en un an), notamment celles en provenance de l'Union européenne (fournisseur principal du Liban en 2015 avec 41 % de ses importations) », explique M. Ghobril. « Mais cette hausse va également pénaliser la valeur des exportations libanaises (qui ont atteint 2,95 milliards de dollars, en baisse de 10,9 %) et rogner la compétitivité du Liban par rapport aux pays exportateurs de pétrole qui fournissent des produits et des services concurrents », constate toutefois l'ancien ministre de l'Économie et du Commerce, l'économiste Sami Haddad.

L'élection de M. Trump ne devrait pas non plus avoir « d'impact direct sur les remises de la diaspora vers le Liban, même si les États-Unis font partie des cinq pays – avec l'Arabie saoudite, le Koweït, le Qatar ainsi que les Émirats arabes unis – qui rassemblent environ 65 % de ces transferts, selon les derniers chiffres disponibles », expose encore M. Ghobril. Même constat du côté de M. Mikhayel qui rappelle que les remises des expatriés « fluctuent surtout en fonction de la conjoncture économique des pays où résident ceux qui les émettent ». Début octobre, la Banque mondiale avait estimé que ces remises pourraient atteindre 7,6 milliards de dollars en 2016 (+1,6 % par rapport à 2015). Selon la CCLA, la diaspora libanaise aux États-Unis compte « entre 2,5 et 3 millions » de ressortissants d'origine libanaise « dont près de 700 000 arrivés depuis les années 50 ».

Enfin, « l'élection de M. Trump ne devrait pas avoir d'impact sur la position américaine concernant les sanctions prévues par le Hezbollah International Financing Prevention Act voté en décembre 2015 par le Congrès américain et qui visent le parti chiite et ses soutiens financiers », relève M. Ghobril. Ces dernières ont notamment eu pour effet d'obliger les banques à durcir les contrôles sur les virements effectués en dollars, selon plusieurs sources bancaires anonymes.
« Il est encore trop tôt pour spéculer sur le mandat de M. Trump. Il reste que beaucoup de chefs d'entreprise libanais, au Liban et dans le monde, ont bien accueilli son élection parce que c'est un homme d'affaires entré en politique », conclut le président du Rassemblement des dirigeants et chefs d'entreprises libanais (RDCL), Fouad Zmokhol.

 

 

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