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Moyen Orient et Monde

« Les gens ont voulu cette odeur d’une nouvelle voiture... »

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Le citoyen américain ne craint pas d'entrer de plain-pied dans des ères de bouleversements.

10/11/2016

Si le 45e président des États-Unis se nomme Donald Trump, c'est parce que les Américains ont massivement voté pour le changement, plus que par conviction ou par haine. Cette nouvelle donne a été parfaitement définie, sur la chaîne SMBC, par le remarquable historien des présidences Michael Beschloss : « Si vous remontez l'histoire américaine, vous trouverez rarement un parti politique qui ait pu mener la Maison-Blanche pour plus de trois mandats. » À ce sujet, il s'est référé à une conversation, menée il y a environ un an, avec le président Barack Obama, qui lui avait confié, à propos des actuelles élections présidentielles : « Il me sera peut-être impossible de transmettre ma tâche à un successeur démocrate. Les gens voudront peut-être cette odeur d'une nouvelle voiture ("that new car smell"). »

Malgré le ciel brumeux de mardi, la division du pays, la rancœur des campagnes et le manque de confiance et d'admiration envers les deux candidats, les électeurs étaient, dès l'aube, devant les bureaux de vote. Ils ont glissé leur bulletin dans les urnes par devoir, par respect pour leur voix et pour beaucoup avec l'espoir d'un changement que les Américains ont dans le sang. Tellement qu'ils sont prêts à en assumer les conséquences, aussi imprévisibles soient-elles...

Balise des particularités de cette journée historique et implosive...

 

(Lire aussi : Quel Donald Trump gérera le Moyen-Orient ?)

 

Le citoyen lambda
Joseph, chauffeur de taxi, sexagénaire noir et originaire du Niger : "Absolutely". Toute la famille, mon épouse, moi et nos cinq enfants avons voté pour Hillary Clinton. On ne pouvait pas choisir Donald Trump, qui hait les étrangers et les minorités. D'ailleurs, lui ne compte que sur la communauté blanche. »
Karen, Wasp et secrétaire d'un cabinet dentaire : « J'ai voté Hillary. Trump est un malade mental qui, de plus, ne nous a jamais exposé son plan de gouvernement. Sans compter qu'il pactise avec les défenseurs du port d'armes sans contrôle. »

Virginia, propriétaire d'une épicerie-gourmet : « Moi, c'est Trump, parce que je n'aime pas Hillary, ses magouilles et sa politique étrangère. » Sa caissière, originaire du San Salvador, est avec l'ancienne secrétaire d'État, par crainte du mur que veut construire le milliardaire new-yorkais pour mettre fin à l'immigration clandestine.

Mélanie, femme au foyer, vivant dans une banlieue conservatrice : « Techniquement, je suis toujours républicaine, sans l'être aujourd'hui. Je ne me reconnais pas dans ce qui est proposé. » Elle et sa famille ont donné leurs voix à un candidat indépendant. Lizzy, quadragénaire, fonctionnaire et banlieusarde : « Séducteur ou pas, Trump est le seul, comme il l'a dit lui-même, à pouvoir assécher le marécage washingtonien et nous rendre notre dû. »

 

(Lire aussi : « Personnellement, j'aime bien Trump, car il vous dit franchement qu'il vous hait, pas comme Obama »)

 

 

Gladys et les 15 scrutins...
En attendant, beaucoup d'électeurs, et surtout d'électrices, s'étaient habillés spécialement pour cette occasion. « Not your mother style », variant de la robe-chapeau-gant au sport chic, en passant par les vestes, les chemises et les robes aux couleurs du drapeau américain. Ce n'était pas juste un grain de fantaisie, mais une manière pour chacun de célébrer cette journée nationale.

On retiendra, parmi ces millions d'Américains qui ont voté hier, Gladys Amen. Selon le Washington Post, cette dame est née le 26 août 1920, le jour où a été voté le 19e amendement de la Constitution américaine, qui a donné aux femmes le droit de vote. Gladys Amen a commencé à l'exercer depuis Franklin Roosevelt, sans jamais rater une élection. Cette fois, la quinzième, elle a envoyé son bulletin de la maison de repos où elle vit. Elle a voté pour Hillary Clinton.

 

Observateurs étrangers
Enfin, signalons que des observateurs étrangers, principalement européens, et la plupart membres d'ONG, étaient venus spécialement aux États-Unis pour évaluer le déroulement du processus électoral, dans son volet notamment légal. Ils voulaient aussi essayer d'en savoir plus sur les points de litige, que ce soit ceux évoqués par Donald Trump (qui répétait que les élections pourraient être truquées) ou ceux mis en avant par Hillary Clinton (qui avait dénoncé une éventuelle ingérence russe).
Néanmoins, les experts américains sont pratiquement tous d'accord pour dire que ce processus est impénétrable, car il repose sur une multitude de lois, réellement difficiles à contourner.

 

 

 

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