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Culture - Exposition

Le talent est-il génétique ?

Par définition, le don est une grâce unique et touche le sujet dans son unicité. Peu importe l'hérédité, le don ne se manifeste qu'à la faveur de beaucoup de travail. Paul Gossian, petit-fils de Paul Guiragossian, s'est construit seul une carrière d'artiste qu'il revendique aujourd'hui sur les cimaises de la galerie Marc Hachem.*

«Abandoned Train» (2016), huile sur toile.

Le talent est-il génétique? Le talent est-il une question d'hérédité? Les dons artistiques sont-ils transmissibles? Il suffit pour cela de voir les générations de musiciens, de comédiens et d'artistes qui jalonnent la généalogie d'une famille douée pour les arts. Les exemples ne manquent pas: un fils d'écrivain qui continue brillamment l'œuvre de son père, l'enfant d'un acteur célèbre devenu lui-même comédien, ou même le petit-fils du géant de la psychanalyse devenu grand psychanalyste. Certes, le phénomène n'est pas nouveau et ce n'est pas forcément parce que l'on est issu d'une famille talentueuse que l'on ne possède pas soi-même certains dons. Tout ce que l'on sait, c'est qu'il est possible de transmettre sa passion à ses enfants. C'est ainsi que de nombreux artistes ont affiné leur art en baignant dans un univers artistique dès leur enfance, profitant du regard de leurs aînés tout en essayant de s'en éloigner. Mais comment définir la notion de créativité, et naître enfant de peintre, de musicien ou de chanteur détermine-t-il forcément la même voie à suivre?

Un nom prédestiné
Les enfants des artistes, en grandissant, font parfois parler d'eux par leurs propres actions et carrières, marchant dans les pas de leurs parents, ou par leur simple ressemblance avec ces derniers. Ainsi, Paul Guiragossian, 26 ans, fils d'Emmanuel et petit-fils de Paul Guiragossian le grand, a grandi le nez dans les pots de peintures et les doigts noircis de mine, mais avoue que la voie qu'il choisit s'est imposée à lui un peu plus tard. «Je préférais gribouiller, dessiner, croquer plutôt que de taper dans une balle.» C'est au cours de ses années scolaires en Allemagne, à l'âge de 16 ans, qu'il découvre Rembrandt, Rubens et le Caravage au détour d'un musée et décide de suivre leur voie, et d'honorer son lien de filiation. Une fois ses études terminées, il s'installe à Londres et intègre le Camberwell College of Arts. Avec ses camardes d'université, il lui arrivait de louer des espaces et d'organiser des expositions collectives.
Mais encore fallait-il pouvoir se démarquer, réussir une extraction, accomplir le défi d'imposer une signature propre à lui, et prouver à son père, à feu son grand-père et au monde entier qu'il était capable de réussir tout seul comme un grand et sans aucune aide. Il prend alors un pseudonyme (Gossian) et la route pour le succès.

En solo
Il s'essaie longtemps à l'art du portrait, avant d'aborder des thèmes qui touchent à son vécu. De retour à sa terre natale, il s'attelle à préparer sa première exposition et réalise une série de tableaux hauts en couleur, et dont les tons purs et le chromatisme éclatant remplacent les demi-teintes et laissent la lumière envahir la toile. Sa facture picturale est marquée par une maîtrise de la langue expressive de la couleur. Ses boxeurs aux couleurs discordantes ne tiennent pas compte des couleurs naturelles du sujet, mais renvoient à l'idée de combat, celui qu'il mène depuis des années. Prendre un train aux couleurs bigarrées, c'est pour l'artiste faire un clin d'œil à son parcours, tracer les verticales des colonnes de Baalbeck est inconsciemment pour lui un retour aux sources qui n'est pas sans rappeler les verticales célèbres de son célèbre prédécesseur. Quand l'artiste réalise des portraits imaginaires de grands peintres, c'est un peu son autoportrait qu'il réalise, celui auquel il aspire.
Paul Gossian a pris le train de ses toiles pour avancer à petits pas, à l'ombre des grands qui ont marqué sa vie, il cherche sa place, n'encombre pas ses œuvres de sa signature, mais l'appose plutôt à l'arrière de la toile, comme pour ne pas dévoiler son futur prometteur, celui à venir.

*« Unconcious Transition », galerie Marc Hachem, Beyrouth, jusqu'au 31 octobre.


Le talent est-il génétique? Le talent est-il une question d'hérédité? Les dons artistiques sont-ils transmissibles? Il suffit pour cela de voir les générations de musiciens, de comédiens et d'artistes qui jalonnent la généalogie d'une famille douée pour les arts. Les exemples ne manquent pas: un fils d'écrivain qui continue brillamment l'œuvre de son père, l'enfant d'un acteur...

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APRÈS UNE SÉRIE DE FAUX ARTISTES, ENFIN UN VRAI TALENTUEUX QU'ON NOUS MONTRE DANS CE JOURNAL. BRAVO

Gebran Eid

21 h 41, le 21 octobre 2016

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Commentaires (1)

  • APRÈS UNE SÉRIE DE FAUX ARTISTES, ENFIN UN VRAI TALENTUEUX QU'ON NOUS MONTRE DANS CE JOURNAL. BRAVO

    Gebran Eid

    21 h 41, le 21 octobre 2016

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