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À La Une - Syrie

Damas a commencé à libérer 169 détenus contre les corps de soldats russes

L'avocat des prisonniers ne précise pas quels groupes rebelles ont participé aux négociations avec le régime.

Des rebelles syriens autour de la carcasse de l'hélicoptère russe abattu le 1er août 2016 à la frontière entre Idleb et Alep. Photo AFP

Le régime syrien a commencé à libérer 169 détenus politiques en échange des dépouilles de cinq soldats russes dont l'hélicoptère avait été abattu en août, a affirmé mercredi à l'AFP l'avocat de plusieurs de ces prisonniers.

"Mardi, 50 détenus, dont sept femmes, ont été libérés de la prison d'Adra (dans la province de Damas, ndlr) et 84 autres de la prison de Hama (centre)", a affirmé à l'AFP Me Michel Chammas, joint par téléphone en Allemagne.

"En outre, 31 autres personnes incarcérées à la prison de Homs (centre) ont été informées qu'elles allaient également sortir mais n'ont pas été libérées pour le moment. Quatre autres, détenues dans d'autres lieux, doivent également être relâchées", a-t-il ajouté.

Il s'agit surtout de détenus accusés de "terrorisme", terme générique utilisé par le régime de Damas pour désigner l'ensemble de ses opposants.

 

(Lire aussi : Dans les prisons du régime syrien, « un déni total d'humanité »)

 

Me Chammas, qui suit les dossiers de ses clients emprisonnés depuis l'étranger, a précisé que ces libérations ont lieu dans le cadre "d'un échange contre les dépouilles des cinq soldats russes qui se trouvent aux mains des rebelles".

Deux officiers et trois membres d'équipage se trouvaient à bord de l'hélicoptère militaire russe qui avait été abattu le 1er août dans la province d'Idleb (nord-ouest), presque entièrement sous le contrôle d'une coalition d'islamistes et de jihadistes, selon le ministère russe de la Défense.

Cette attaque, la plus grave ayant visé les forces russes en Syrie depuis l'intervention militaire de Moscou fin septembre 2015 pour soutenir son allié, le président syrien Bachar el-Assad, a porté à 18 le nombre de militaires russes à avoir été tués dans ce pays.

 

(Lire ce témoignage : « J'ai vu des femmes qui ont été violées, torturées, battues de manière si violente qu'elles ne pouvaient plus tenir debout »)

 

Me Chammas n'a pas voulu préciser quels étaient les groupes rebelles ayant participé aux négociations avec le régime.

L'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH) a fait état pour sa part de la libération de 86 personnes détenues à Hama et accusées de "terrorisme" ou d'avoir participé aux manifestations anti-régime au début de la crise en 2011. Selon cette ONG, leur libération constitue un "geste" du régime pour faciliter l'échange, qui s'inscrit dans le cadre de négociations avec l'Armée de la conquête, une importante coalition de rebelles islamistes et de jihadistes.

"Les corps des pilotes russes sont aux mains de l'Armée de la Conquête. Une commission est chargée des négociations et nous ferons une annonce dès qu'il y aura du nouveau", a déclaré à l'AFP par téléphone Ahmad Qarra Ali, porte-parole d'Ahrar al-Cham, une des composantes de la coalition. "Nous traitons bien nos prisonniers et nous prenons soin des dépouilles de nos ennemis car c'est la seule façon pour pouvoir obtenir la libération de nos hommes, femmes et enfants qui sont prisonniers du régime", a-t-il ajouté.

 

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