Rechercher
Rechercher

À La Une - Liban

Affaire Manal Assi : des manifestants à nouveau dans la rue contre une décision de justice

"S'il y a des raisons qui justifient un pourvoi en cassation, je formerai un tel pourvoi", affirme le juge Hammoud.

Des femmes manifestant, le 16 août devant le Palais de justice, contre une décison jugée clémente en faveur de meurtrier de Manale Assi. Photo tirée de la page Facebook KAFA (enough) Violence & Exploitation

Plusieurs personnes ont une nouvelle fois manifesté mardi devant le Palais de justice en vue d'obtenir un recours en cassation dans l'affaire Manal Assi, tuée sous les coups de son mari, Mohammad Nhaïly, en février 2014, alors qu'une ONG affirmait que le délai pour ce recours vient d'expirer.

"Donnez-nous justice, ce qui s'est passé n'est pas normal, a déclaré la mère de la victime. Que chaque parent fasse attention à sa fille, elle peut être tuée par son mari n'importe quand et celui-ci sera par la suite innocenté".

La juge présidant la cour criminelle de Beyrouth, Hélène Iskandar, avait décidé il y a un mois que le meurtrier de Manal Assi sera libéré dans moins de deux ans. Ce dernier a ainsi échappé à la peine de mort et à la perpétuité après que la juge s'est référée à l'article 252 du code pénal, qui stipule que le crime "non prémédité", perpétré par Mohammad Nhaïly, doit bénéficier de circonstances atténuantes, étant le résultat d'un excès de colère provoqué par un "acte injuste, grave et dangereux de la part de la victime", en l'occurrence l'infidélité de sa femme découverte le jour du crime, perpétré il y a cinq ans.
Le mari aurait reçu un appel téléphonique le matin des faits lui rapportant l'infidélité de son épouse. Il avait toutefois pris le temps d'achever son travail avant de rentrer chez lui et commettre son crime.

 

(Voir aussi : Violence domestique : la société civile libanaise en colère contre la justice)

 

Le délai permettant au procureur de présenter un pourvoi en cassation contre la décision de la juge a expiré, a annoncé à 15 heures l'ONG Kafa sur Facebook.

"Nous n'avons reçu aucune réponse du bureau du procureur, ce qui signifie qu'il n'existe aucune intention de présenter un recours contre cette décision injuste", peut-on lire dans un message posté par l'ONG, qui milite contre la violence faite aux femmes. "Le procureur avait un mois pour présenter un recours contre cette décision, mais depuis l'annonce du verdict, le 14 juillet, rien n'a été entrepris"; souligne Kafa.

"Ce jugement a montré que la vie de la femme ne vaut rien aux yeux de certains et que la notion d'honneur est plus importante", accuse l'ONG.

Un peu plus tard, le procureur général près la Cour de Cassation, le juge Samir Hammoud, a annoncé s'être saisi du dossier. "S'il y a des raisons qui justifient un pourvoi en cassation, je formerai un tel pourvoi", a-t-il déclaré à la chaîne LBCI, sans plus de précisions.

Le verdict dans cette affaire a été rendu au grand dam des associations de soutien aux femmes victimes de violence domestique, notamment Kafa, qui a milité durant plusieurs années pour l'adoption d'une loi interdisant toute violence domestique commise à l'encontre des femmes. Une première manifestation contre la décision de justice en question avait eu lieu, également devant le Palais de justice, le 20 juillet dernier.

Le ministre démissionnaire de la Justice, Achraf Rifi, avait déclaré avoir adressé un mémorandum au parquet général réclamant un jugement en cassation, "si la justice estime cela légalement nécessaire".

 

Repère

Violence conjugale : ces Libanaises qui ont perdu la vie ces trois dernières années

 

Lire aussi

Une jeune femme tuée au Liban-Nord, son mari arrêté

Une interprétation du juge dans l'affaire Manal Assi « ressuscite » le crime d'honneur

« Les interrogations de Zalfa », une campagne de sensibilisation à la loi 293 sur la violence domestique

Loi sur la violence domestique : quid de l'application et de l'efficacité ?


Plusieurs personnes ont une nouvelle fois manifesté mardi devant le Palais de justice en vue d'obtenir un recours en cassation dans l'affaire Manal Assi, tuée sous les coups de son mari, Mohammad Nhaïly, en février 2014, alors qu'une ONG affirmait que le délai pour ce recours vient d'expirer.
"Donnez-nous justice, ce qui s'est passé n'est pas normal, a déclaré la mère de la victime....

commentaires (3)

CLARIFICATION : SOUS L,EMPRISE DE LA COLERE C,EST QUAND LA REACTION... EN L,OCCURENCE LE CRIME... EST COMMIS SIMULTANEMENT A LA VUE DE L,ACTE, SUPPOSE L,ADULTERE, LUI-MEME... ET SI IL Y A ACTE DEVANT LES YEUX... ET NON SUITE A DES ACCUSATIONS TELEPHONIQUES ET AVEC LE PASSAGE DE TEMPS QUI... CONFIRME LE CRIME A FROID OU LA PREMEDITATION !

LA LIBRE EXPRESSION DEFIE LA CENSURE

12 h 34, le 17 août 2016

Tous les commentaires

Commentaires (3)

  • CLARIFICATION : SOUS L,EMPRISE DE LA COLERE C,EST QUAND LA REACTION... EN L,OCCURENCE LE CRIME... EST COMMIS SIMULTANEMENT A LA VUE DE L,ACTE, SUPPOSE L,ADULTERE, LUI-MEME... ET SI IL Y A ACTE DEVANT LES YEUX... ET NON SUITE A DES ACCUSATIONS TELEPHONIQUES ET AVEC LE PASSAGE DE TEMPS QUI... CONFIRME LE CRIME A FROID OU LA PREMEDITATION !

    LA LIBRE EXPRESSION DEFIE LA CENSURE

    12 h 34, le 17 août 2016

  • LE MARI AVAIT RECU UN COUP DE FIL... IL A PRIS SON TEMPS POUR FINIR SON TRAVAIL... IL COMMIT LE CRIME EN RENTRANT A LA MAISON... ALORS, CRIME PREMEDITE ET NON SOUS L,EMPRISE DE LA COLERE ! JUSTICE AAL... YA 3AYNE...

    LA LIBRE EXPRESSION DEFIE LA CENSURE

    20 h 58, le 16 août 2016

  • Quand chacun devient juge dans ce pays pour juger les juges on oublie la loi et on sombre dans un flou total .

    Sabbagha Antoine

    19 h 26, le 16 août 2016

Retour en haut