Après le carnage de Nice qui a endeuillé la France, nous avions pu voir à la télévision deux clients musulmans d'un supermarché converser à ce sujet. Le premier disait à son ami : « J'ai honte à présent et j'ai peur des regards des gens !
Je vois dans leurs regards de la haine et un désir de vengeance. J'y décèle un mépris comme si j'avais commis moi-même cette horreur. J'entrevois dans les yeux des gens qui m'entourent un regard qui me place à un niveau inférieur à celui des humains. Je ne peux plus faire face à leurs regards. Viens. Allons en un autre lieu où ne se trouvent pas des gens qui nous jettent de tels regards ! » Son ami le fixa alors longuement, avant de lui dire : « Je suis en train de marcher avec toi et je ne vois pas autour de nous des personnes ou des regards ! Où es-tu allé trouver ces regards et ces réprimandes ? » Mais le premier répondait aussitôt : « C'est vrai, il n'y a personne autour de nous, et il n'existe pareillement pas de regards, mais c'est ce que je ressens au plus profond de mon cœur et de ma conscience et je ne peux m'en délivrer ! »
Rares sont les musulmans éclairés qui ont conscience de la situation à laquelle les ont fait parvenir les jihadistes. Il suffit que cet éveil se propage pour qu'il sauve les musulmans des pays de l'islam, de l'Europe et de l'Amérique du danger qui les menace. Après le carnage de Nice et avant même l'abomination qu'a constituée l'égorgement d'un prêtre de France sur les marches de l'autel où il officiait, il s'est produit quelque chose que les autorités françaises ont caché : des extrémistes français haineux sont partis à l'attaque des quartiers musulmans du sud de la France. Ils entendaient se venger en commettant un massacre similaire à celui du conducteur du camion de Nice, celui consistant à écraser des enfants, des femmes et des vieillards. Les autorités françaises ont effectivement occulté ce développement inquiétant des évènements et la tentative a été réprimée avec force.
Mais où va-t-on et quelle est la cause de la propagation de cet esprit de sauvagerie parmi les musulmans ? 84 enfants, femmes et vieillards innocents ont été écrasés au nom de la religion. Comment est-on arrivé à cette déchéance qui a fait que des milliers d'individus cherchent à échapper de l'enfer de la réalité musulmane dans laquelle ils vivent en se faisant exploser pour aller à la rencontre des vierges et boire et manger dans le paradis promis ? Il ne fait pas bon d'être musulman en ces jours-ci. L'atteinte de l'esprit est grave qui fait que l'on a le sentiment d'être opprimé et que l'on se hait soi-même. Beaucoup en souffrent en ces moments !
Le spectacle paraît obscur parce que le monde musulman est dans une région de la sphère terrestre dans laquelle s'amenuisent, devant l'homme et plus encore devant la femme, les chances de croissance et de progression civilisatrice ainsi que les possibilités de fuir l'injustice et de sortir de l'obscurité ! La misère musulmane est alimentée par le sentiment de honte et de malheur. Les temps ne sont pas loin où les musulmans avaient oublié d'envisager l'avenir avec quelque optimisme. Des pays musulmans avaient vécu, au XIXe siècle, l'époque de la renaissance et de la modernisation, mais cette avancée s'est arrêtée et un retour en arrière a commencé.
La société égyptienne, par exemple, avait réussi dans le passé à se hisser à la troisième place mondiale dans le domaine du cinéma au moment même où les peintres, poètes, écrivains, penseurs, musiciens, hommes de théâtre et romanciers étaient à Beyrouth, au Caire, à Bagdad et à Casablanca où ils participaient à la création d'une culture arabe vivante et renouvelée. Cette société a mené la révolution de la levée du voile. Jusqu'au jour où la décrépitude a gagné, où la nausée a envahi un état d'esprit et une idéologie bien plus matérialiste. Les musulmans ont cru alors qu'ils n'ont plus d'avenir, ce qui a fait s'écrouler une civilisation vivante, qui a été remplacée dans leur esprit par la misère et la mort.
La misère musulmane ? Son indice est le taux d'analphabétisme et l'abîme existant entre la richesse indécente et la pauvreté dégradante, abîme qui a donné naissance au sentiment (bien ancré et bien répandu) que l'avenir est bouché. Le problème réside à présent dans le regard que le musulman porte à « l'autre » et le regard que lui porte cet « autre » ; mais le grand problème est celui du regard que le musulman porte sur lui-même !
Abdel Hamid EL-AHDAB
Avocat
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