Le Liban dégage un tel ennui en cet été torride, que son histoire récente a pris la forme d'un grand bâillement. La présidence de la République n'est plus qu'un vague souvenir, le Parlement s'est tellement prolongé et étendu qu'il a fini par défier toutes les lois sur l'élasticité des matériaux et le gouvernement navigue à la godille alourdi par un quarteron de ministres imbuvables atteints de la folie des glandeurs.
Alors que font les Libanais quand ils s'ennuient? Une, deux, trois... Gagné ! Ils cogitent de politique internationale. L'appel du large, encore et toujours ! Et cette fois c'est la Turquie de Recep Tayyip (...hip-hip hourrah) qui est à la mode.
Sacré Erdo ! Il est loin le temps où les bonnes âmes européennes se pâmaient devant cet Oriental ombrageux tiré à quatre épingles, toujours en veston-cravate, rasé de près, sans chemise de nuit ni babouches. À l'époque, il représentait une aberration sémantique tirée du printemps arabe : l'islamiste modéré. Comprendre, le fanatique gentil qui ne mettait le poignard entre les dents qu'après les avoir brossées.
Il aura suffi d'un coup d'État mal ficelé destiné à lui retirer le fauteuil de dessous la rondelle pour que le BCBG turc vire soudain Étrangleur ottoman. Joignant le geste à l'éructation, il frappe un grand coup : la moitié des officiers au trou, l'autre moitié en garde à vue puis au garde-à-vous ; quant aux fonctionnaires, un bon paquet s'en ira déguster les délices du chômage. Une poigne qui doit lui rappeler ses rêveries de jeunesse, quand il s'excitait dans les meetings en comparant les mosquées aux casernes et les minarets aux baïonnettes. Il n'avait sans doute pas fumé que du tabac turc, ce jour-là...
Pour l'heure, Recep Tayyip boit du petit lait à sa mémère. Il s'était déjà goinfré de 3 milliards d'euros, pour retenir provisoirement le surplus de réfugiés syriens qui voulaient déferler sur l'Europe, et maintenant le voilà remis en selle pour de nouvelles risettes au Calife mugissant Abou Bakr côté irakien, et aux guignols d'al-Nosra, sous-fifres d'el-Qaëda côté syrien. Avec au bout, une seule sucrerie : garder en laisse le Tyranneau de Damas.
Le Moyen-Orient compte une démocratie humaniste de plus, nous sommes toujours dans l'air du temps.
gabynasr@lorientlejour.com
Le sacre d’Erdo
OLJ / Par Gaby NASR, le 22 juillet 2016 à 00h00


L'Iran ripostera de façon « décisive » à toute attaque, avertit son négociateur en chef
BON ARTICLE... MAIS LES DES SONT JETES ET LE JEU N,EST PAS FINI... TOUS CES MILLIERS DE NON MILITAIRES PURGES ET DE MILITAIRES AUSSI N,ONT RIEN A FOUTRE AVEC LE COUP D,ETAT ORGANISE... A NOTER QUE SEUL L,OBSCURANTISME WAHABITE L,A CONGRATULE !
21 h 03, le 22 juillet 2016