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Liban - Exécutif

Des problèmes, des querelles, mais pas de solutions en Conseil des ministres

Le dossier de la téléphonie mobile, au cœur des tiraillements entre Harb d'un côté, le CPL et le Hezbollah de l'autre.

Le ministre de l’Information, Ramzi Jreige, donnant lecture des résolutions du Conseil des ministres.

Beaucoup de problèmes et pas de solutions. C'est en ces termes que des ministres ont résumé la réunion du gouvernement qui s'est tenue hier sous la présidence de Tammam Salam, et qui a porté sur trois dossiers principaux : les appels d'offres pour la gestion des deux réseaux de téléphonie mobile et la collecte et le transport des déchets à Beyrouth, ainsi que la pollution du Litani.

En dépit des quatre heures passées à discuter des trois sujets, pourtant fondamentaux, le Conseil des ministres n'est pas parvenu à trancher et a entrepris ce qu'il sait faire le mieux : reporter le débat à une autre réunion au cours de laquelle le ministre des Télécommunications, Boutros Harb, devrait lui présenter ses propositions concernant les contrats pour la gestion des deux réseaux de téléphonie mobile, sur base des observations formulées par ses collègues.

C'est ce que le ministre de l'Information, Ramzi Jreige, a précisé en donnant lecture des résolutions du gouvernement. Mais dans ce cas précis, le terme « observations » est un euphémisme, le débat autour de la téléphonie ayant donné lieu à des échanges d'accusations entre M. Harb et son collègue des Affaires étrangères, Gebran Bassil, soutenu par les ministres Élias Bou Saab (CPL), Hussein Hajj Hassan et Mohammad Fneich (Hezbollah). Ce groupe a accusé M. Harb de faire exprès d'imposer aux compagnies candidates à la gestion des deux réseaux des critères de sélection très restrictifs dans le seul but, selon lui, d'écarter, « pour des raisons strictement politiques », Orascom – qui gère le réseau Alfa – au profit de Zain – qui gère le réseau de Touch.

 

(Lire aussi : Le Liban à nouveau menacé d'isolement lors du sommet arabe de Nouakchott)

 

À son tour, le ministre des Télécoms a accusé l'équipe de Gebran Bassil de « pratiquer une hégémonie sur Alfa », lui reprochant d'avoir elle-même fait échec à l'appel d'offres précédent pour maintenir sa mainmise sur le secteur. Il devait expliquer, sans succès, qu'étant donné l'évolution rapide du secteur de la téléphonie mobile et des services qu'elle assure, il était normal de fixer à 10 millions le nombre de lignes que les sociétés désireuses de prendre part à l'appel d'offres doivent pouvoir assurer. Ce chiffre est considéré comme étant « rédhibitoire » par Gebran Bassil qui estime qu'il doit être ramené à deux millions pour qu'Orascom puisse prendre part à l'appel d'offres. M. Harb a répondu que pour élargir le spectre de participants à l'appel d'offres, il avait proposé la création de consortiums et envoyé le texte de sa proposition au Conseil des ministres.

Mais le débat devait se poursuivre, jusqu'à ce que le ministre de la Culture, Rony Arayji, propose une solution médiane que Boutros Harb a promis de prendre en considération dans l'élaboration de la formule qu'il doit soumettre au Conseil des ministres pour l'appel d'offres. M. Arayji a suggéré que celui-ci se déroule en deux temps et que les offres des compagnies soient notées pour le nombre d'années et le nombre de lignes avancées.

MM. Fneich et Hajj Hassan ont ensuite posé le problème de la pollution du Litani. Les avis des ministres étaient partagés sur ses causes. Certains, comme Akram Chehayeb (Agriculture), l'ont attribué aux carrières de sable le long du lit du fleuve jusqu'à son embouchure. D'autres, comme le ministre de l'Intérieur, Nouhad Machnouk, ont considéré que le problème va au-delà des carrières et commence dès la source. Le Conseil des ministres envisage de tenir une réunion qui sera spécialement consacrée au Litani. Il a décidé de former une commission ministérielle pour suivre le dossier.

 

(Lire aussi : Une entente CPL-FL autour du mode de scrutin composite semble possible)

 

L'appel d'offres pour la collecte et le transport des ordures à Beyrouth a également donné lieu à une polémique. On sait que la municipalité de la capitale avait formulé la demande de se retirer des appels d'offres menés par le Conseil du développement et de la reconstruction (CDR) pour la collecte comme pour le traitement des déchets. La requête a été rejetée par le Conseil des ministres, sachant qu'elle était soutenue par Nouhad Machnouk qui a fait valoir le rôle de la commission qu'il préside et qui doit pouvoir, selon lui, jouer pleinement son rôle, au niveau du suivi du mécanisme d'application des projets du CDR.
Le gouvernement a quand même réussi à adopter quelques résolutions, mais de routine. Il a décidé, entre autres, de prolonger de six mois le mandat du mohafez du Mont-Liban par intérim, et d'un an celui de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul). Il a également avalisé une demande du ministère des Affaires étrangères d'accepter l'accréditation d'ambassadeurs étrangers au Liban.

 

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DE L,HABITUEL... MAIS, A QUAND LE BON DEBARRAS ?

LA LIBRE EXPRESSION PARLE AU PEUPLE.

21 h 11, le 22 juillet 2016

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Commentaires (2)

  • DE L,HABITUEL... MAIS, A QUAND LE BON DEBARRAS ?

    LA LIBRE EXPRESSION PARLE AU PEUPLE.

    21 h 11, le 22 juillet 2016

  • Franchement, qui s'attend encore à ce que quelque chose de positif se décide lors de ces "conseils des ministres" qui ne sont en réalité que des séances-mascarade, au cours desquelles chacun accuse l'autre, et où ces soi-disant "ministres" règlent leurs petits problèmes personnels liés à leurs intérêts politico-familiaux, et cela aux frais du contribuable ? Mais, "les pauvres", savent-ils seulement ce que cela signifie de travailler réellement pour le bien de leur pays ? Irène Saïd

    Irene Said

    14 h 49, le 22 juillet 2016

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