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L'après coup d’État en Turquie : ce que l'on sait

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Quel est le bilan des violences ? Qui est derrière le coup d'état ? Qui est arrêté ou en garde à vue ? Quelles réactions internationales?

 

OLJ/AFP
17/07/2016

Un vaste coup de filet était en cours dimanche en Turquie au lendemain de l'échec d'une tentative de putsch sanglante menée par des militaires rebelles contre le régime du président Recep Tayyp Erdogan.

 

Quel est le bilan des violences ?

Les affrontements, avec avions de chasse et chars, ont donné lieu à des scènes de violences inédites à Ankara et Istanbul depuis des décennies. Ces violences ont opposé les rebelles aux forces loyalistes ainsi qu'à des dizaines de milliers de personnes descendues dans les rues du pays.

Selon le Premier ministre turc Binali Yildirim, le bilan est de 161 morts parmi la police, l'armée loyaliste et les civils, les "martyrs" pour Ankara. L'armée a également annoncé que 104 putschistes avaient été abattus, ce qui porte le bilan total provisoire à 265 morts. Selon le Premier ministre, au moins 1.440 personnes ont été blessées.

 

(Repère : Cinquante-six ans de coups d'État et de complots en Turquie)

 

Qui est derrière le coup d'état ?

La tentative de putsch semble avoir été le fait d'une minorité de militaires, qui ne disposait pas de soutien parmi la haute hiérarchie de l'armée.
Alors que la tentative de renversement était en cours, le président Erdogan a rapidement accusé le prédicateur exilé aux États-Unis Fethullah Gülen. L'ancien imam a fermement démenti.
Ankara a demandé aux États-Unis de l'extrader.

 

Qui est arrêté ou en garde à vue ?

"Il y a environ 6.000 personnes en garde à vue. Le grand ménage continue", a déclaré dimanche le ministre de la Justice, Bekir Bozdag. Le gouvernement avait annoncé samedi l'arrestation de près de 3.000 soldats pour leur implication présumée.

D'après la télévision NTV, 34 généraux de différents grades ont été arrêtés jusqu'à présent. Parmi eux, des figures emblématiques, comme Erdal Ozturk, commandant de la troisième armée, et Adem Huduti, commandant de la deuxième armée. Dimanche, dans la ville de Denizli (ouest), le commandant de la garnison Ozhan Ozbakir a été arrêté avec 51 soldats, a annoncé l'agence Anadolu.

Par ailleurs, un gradé de haut rang de l'armée de l'air, le général Bekir Ercan Van, et une douzaine d'officiers ont été arrêtés sur la base d'Incirlik (sud), utilisée par la coalition internationale pour ses raids contre les jihadistes en Syrie. La purge ne se limite pas à l'armée, selon l'agence Anadolu, qui rapporte que des mandats d'arrêt ont été délivrés à l'encontre de 2.745 juges et procureurs dans toute la Turquie.

Le nombre des arrestations est difficile à estimer. La télévision NTV en a recensé plus de 500, tandis que l'agence Dogan a indiqué que 44 juges et procureurs avaient été arrêtés dans la nuit de samedi à dimanche dans la ville de Konya (centre) et 92 à Gaziantep (sud-est).

 

(Reportage : A Istanbul, la foule conspue les putschistes sur la place Taksim)

 

Quelles réactions internationales?

Si les grandes capitales ont affirmé leur soutien au président Erdogan démocratiquement élu pendant la tentative de putsch, elles s'inquiètent désormais de l'utilisation qui pourrait en être faite par Ankara.

Le président américain Barack Obama a rappelé à la Turquie "le besoin vital" que toutes les parties concernées "agissent dans le cadre de l'État de droit". Le ministre canadien des Affaires étrangères Stéphane Dion a enjoint samedi Ankara de régler "l'après coup d'État" selon les "principes fondamentaux de la démocratie". Le coup d'État raté en Turquie n'est pas un "chèque en blanc" au président Erdogan pour faire des "purges", a estimé le chef de la diplomatie française, Jean-Marc Ayrault.

Pour la chef de la diplomatie européenne Federica Mogherini, "le respect de la loi, de l'État de droit et de la démocratie sont (...) le meilleur moyen pour affronter les difficultés que la Turquie vit, avec la guerre à ses frontières, le drame du terrorisme et la nécessité de renforcer la cohésion sociale et le dialogue politique".
Le ministre autrichien des Affaires étrangères, Sebastian Kurz, a appelé Ankara à ne pas "utiliser à mauvais escient" le coup d'État manqué et de ne pas en faire une "carte blanche pour l'arbitraire".

 

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