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Royaume-Uni : les femmes au pouvoir

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Les militants doivent choisir entre la ministre de l'Intérieur Theresa May et la secrétaire d’État à l'Énergie Andrea Leadsom, arrivées finalistes face à trois candidats.

 

 

OLJ/AFP/Ouerdya AIT ABDELMALEK
10/07/2016

Un vent féminin souffle sur le paysage politique du Royaume-Uni qui aura bientôt une femme à sa tête, tandis qu'en Ecosse, au Pays-de-Galles ou en Irlande du Nord des femmes sont déjà aux manettes des principales formations politiques. "S'agit-il d'une heureuse coïncidence ou le plafond de verre est-il enfin brisé?", s'interrogeait cette semaine le quotidien The Guardian.

Dans la compétition qui se joue pour succéder au chef du Parti conservateur et Premier ministre David Cameron, démissionnaire après le vote des Britanniques pour le Brexit, il y a une certitude depuis jeudi: son successeur sera une femme, et deviendra ainsi la deuxième Premier ministre du pays après Margaret Thatcher.

Les militants doivent en effet choisir entre la ministre de l'Intérieur Theresa May et la secrétaire d'Etat à l'Energie Andrea Leadsom, arrivées finalistes face à trois candidats.
Dès samedi, l'affrontement entre les deux femmes a tourné à l'aigre, Andrea Leadsom étant critiquée pour avoir apparemment suggéré, selon un article du Times, que Theresa May était moins bien placée qu'elle pour succéder à David Cameron parce qu'elle n'était pas mère.
"Absolument épouvantable et exactement le contraire de ce que j'ai dit. Je suis dégoûtée", a rapidement réagi sur Twitter Mme Leadsom.

En Ecosse, Nicola Sturgeon (Parti national écossais) est la patronne du gouvernement régional depuis novembre 2014 tandis que Ruth Davidson y dirige le Parti conservateur régional et Kezia Dugdale le Parti travailliste.

En Irlande du Nord, c'est aussi une femme qui dirige le gouvernement régional depuis le début de l'année tandis qu'au Pays de Galles, le Plaid Cymru, l'une des principales formations politique de la région, est dirigé par Leanne Wood depuis 2012.

 

(Lire aussi : Le Brexit, rendez-vous en terre inconnue)

 

Carcan brisé
"Tout ceci montre que les barrières qui pouvaient exister vers l'accession aux plus hautes fonctions ont complètement disparu", déclare à l'AFP Iain Begg, chercheur en sciences politiques à la London School of Economics (LSE).
Selon lui, c'est Margaret Thatcher "qui a brisé le carcan et rendu possible que d'autres femmes deviennent leader", en se hissant à la tête des Tories en 1975. Soit près de soixante ans après l'entrée de la première femme à la chambre des Communes, Nancy Astor, en 1919.

Longtemps à la traîne des travaillistes, le Parti conservateur ne comptait que 13 députées en 1997, dont Theresa May. En 2005, elles étaient 17 et aujourd'hui 68 (sur 330). Une progression lente, réalisée notamment sous la pression du groupe Women2Win, fondé en 2005 par Anne Jenkin, membre conservatrice de la chambre des Lords, et Theresa May, dans l'objectif d'obtenir davantage de places éligibles pour les femmes. C'est d'ailleurs grâce au soutien de Theresa May et de Women2Win que Andrea Leadsom a été élue en 2000.

"Nous y arrivons, a commenté cette semaine Anne Jenkin. Nous sommes encore à des lieues du Labour (qui compte 99 députées sur 230, ndlr) mais nous aurons produit deux femmes Premiers ministres avant qu'il n'ait eu sa première femme leader".

 

(Lire aussi : Quinze jours après le Brexit, les menaces sur la croissance française se précisent)

 

Compétence et autorité
Une situation qui pourrait bientôt changer, après l'annonce samedi par la députée Angela Eagle qu'elle va déposer lundi sa candidature pour tenter de prendre la tête du parti à Jeremy Corbyn, sous le coup d'une fronde de ses députés. 

L'évolution reste lente, admet Iain Begg, mais la société "veut désormais qu'être homosexuel ou être une femme ne soit plus un obstacle". Angela Eagle et Ruth Davidson affichent d'ailleurs ouvertement leur homosexualité.

Pour la journaliste de l'Evening Standard Rosamund Urwin, il y a une véritable émergence d'une "féminocratie". "Merkel, May, Clinton et Eagle semblent sortir du même moule. Elles ont de l'autorité, sont coriaces, et ont des CV bien plus impressionnants que leurs adversaires. (...) Le genre de personnes que vous souhaitez voir à la barre par gros grain", estime-t-elle.

Face à la tempête déclenchée par le Brexit, la secrétaire d'Etat au Commerce Anna Soubry estimait, elle, que le pays en avait assez de "ces garçons qui font n'importe quoi". Une attaque directe contre l'ex-maire de Londres Boris Johnson, meneur de la campagne pour le Brexit.

 

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