Rechercher
Rechercher

Culture - Nouveautés Dans Les Bacs

Quand la musique est prière, supplication et ferveur, en arabe

« La rédemption », premier oratorio en langue arabe, selon un style italien, signé Joseph Waked, sur un livret de Mikhaël Moawad.

En couverture de la pochette, une reproduction de la toile « Le Christ au mont des oliviers » (aujourd’hui au Musée de Vienne) du peintre vénitien Sebastiano Ricci.

Al-Fida' (La rédemption), une œuvre de musique sacrée signée du compositeur Joseph Waked, père dans l'ordre des moines maronites antonins. Un moment solennel où la musique est prière, supplication, ferveur et piété. Avec un livret en langue arabe signé Mikhaël Moawad. Une première du genre. Et qui, sans remous tapageurs, fait déjà date dans les annales musicales libanaises.
Dans le sillage des œuvres de Scarlatti, Vivaldi et Bach (notamment La Passion), al-Fida' s'inscrit dans une narration de musique sacrée occidentale, mais sur un livret en langue arabe. Pour cet oratorio, a contribué un nombre considérable de personnes (à peu près 150) entre musiciens, chanteurs et techniciens des sons.
En premier plan, l'Orchestre symphonique national de l'Ukraine placé sous la direction de Vladimir Sirenko. Sous la même houlette sont placés le Chœur mixte de l'Université antonine ainsi que les jeunes solistes Lubana al-Quntar (soprano syrienne qui s'est distinguée au Concours reine Elizabeth à Bruxelles), Bechara Mouffarej (ténor présenté en vedette dans ces mêmes colonnes) et Roger Abi Nader (basse-baryton actuellement sous la férule du professeur de chant russe Galina Khadeeva).
Le livret du père Mikhaël Mouawad (auteur de plusieurs biographies et pièces de théâtre) place d'emblée ce chant au cœur des Tentations du Christ au jardin de Gethsémani. Un passage crucial et douloureux précédant les moments d'une immense tragédie de tous les temps. La scène du jardin des oliviers nous fait apparaître Jésus à la fois dans sa relation divine de fils de Dieu ainsi qu'avec les faiblesses humaines qu'il a accepté d'assumer. Une confrontation entre l'esprit et la chair, le temporel et l'intemporel, le terrestre et le céleste. Une palette d'émotion qui n'a pas fini de secouer, en une onde choc révélatrice, tous les vivants et les croyants.
En une langue arabe usant avec subtilité l'alliance de ce qui est image et théâtre, la musique (religieuse mais non liturgique, dramatique mais non théâtrale) vient renforcer la force et l'intensité de cette narration entre verbe et notes. D'un vécu, historique et religieux, fort et difficile. À travers un mélange de lyrisme chevauchant entre motet, passion, arias, fugue, récitatif, cantate et ligne opératique.
La nouveauté de cet oratorio est de par son approche en langue arabe à l'harmonie. En ce sens, quelques essais « rahbaniens » sont à retenir.
Pour les solistes, l'articulation de la musique occidentale avec le phrasé et l'élocution arabes est aussi remarquablement innovatrice. Synchroniser les deux est un défi et une gageure relevés non seulement par les musiciens et les solistes, mais aussi et surtout grâce à la composition de père Joseph Waked formé au Conservatoire de Santa Cecilia à Rome (sous les auspices de maestro Domenico Bartolucci) et à l'Institut pontifical de la musique sacrée. Un projet entamé il y a déjà quarante ans et qui vient juste d'être réalisé !
Pour ses qualités et vertus de souplesse depuis l'ouverture jusqu'à l'Amen final, pour la fluidité du chant, la grandeur de l'expression chorale, le lyrisme grave et maîtrisé.
Outre des œuvres symphoniques, des symphonies vocales, des pièces pour piano et autres instruments, tous dans le registre de la musique sacrée et liturgique, l'oratorio al-Fida', en ces temps troubles que traversent le siècle et la région, vient enrichir non seulement un répertoire touché par la grâce de la foi, mais demeure aussi une sorte de tribune pour une réflexion religieuse doublée d'un message théologique.
Moment où la musique a pouvoir de frein à l'avidité des plaisirs futiles, d'apaisement intérieur, de plénitude, de transcendance, de sublimation, de consolation contre toutes les adversités, d'éloignement contre la soif du pouvoir, du refus de la vanité, de la réconciliation avec la vie. Des notes et des mots dans la langue de Gibran pour le dire. Une spiritualité qui touche le cœur et l'esprit tout en renforçant les valeurs nobles du patrimoine libanais.

L'album « al-Fida' » (La rédemption) – 2 CD qui durent 1 heure 55 minutes – de père Joseph Waked, dans les bacs, est distribué par les éditions de l'Université antonine.

Al-Fida' (La rédemption), une œuvre de musique sacrée signée du compositeur Joseph Waked, père dans l'ordre des moines maronites antonins. Un moment solennel où la musique est prière, supplication, ferveur et piété. Avec un livret en langue arabe signé Mikhaël Moawad. Une première du genre. Et qui, sans remous tapageurs, fait déjà date dans les annales musicales libanaises.Dans le sillage des œuvres de Scarlatti, Vivaldi et Bach (notamment La Passion), al-Fida' s'inscrit dans une narration de musique sacrée occidentale, mais sur un livret en langue arabe. Pour cet oratorio, a contribué un nombre considérable de personnes (à peu près 150) entre musiciens, chanteurs et techniciens des sons.En premier plan, l'Orchestre symphonique national de l'Ukraine placé sous la direction de Vladimir Sirenko. Sous la même houlette...
commentaires (0) Commenter

Commentaires (0)

Retour en haut