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Politique - Liban

Salam à New York : le retour des déplacés du Liban-Sud « ne peut pas attendre »

Une « réflexion collective » est en cours sur ce qui devra être fait après la fin du mandat de la Finul, affirme le porte-parole du ministère français des Affaires étrangères.

Salam à New York : le retour des déplacés du Liban-Sud « ne peut pas attendre »

Le Premier ministre Nawaf Salam lors d'une réunion à New York, le 23 septembre 2026. Photo diffusée par le Grand Sérail.

Le Premier ministre libanais Nawaf Salam a appelé mercredi à New York à accélérer le retour des habitants déplacés du Liban-Sud, estimant que ce processus ne devait pas attendre la fin de la crise ni le début de la reconstruction. « Faciliter le retour des personnes déplacées dans leurs villes et villages ne peut pas attendre la fin de la crise ou le début d’une nouvelle phase appelée « reconstruction » », a déclaré M. Salam lors d’une réunion de haut niveau organisée à New York en marge de l’Assemblée générale de l’ONU. La réunion, intitulée « Moving Beyond Crisis » (Aller au delà de la crise) était consacrée aux moyens de mieux répondre aux crises prolongées, notamment en renforçant le rôle des États et de leurs institutions dans les phases de réponse et de relèvement.

La guerre entre Israël et le Hezbollah, déclenchée en mars et qui s’est apaisée à la mi-juin, a déplacé plus d’un million de personnes et causé d’importants dégâts dans de nombreux villages du Liban-Sud. Fin juin, environ 40 % des personnes déplacées étaient retournées chez elles. Le conflit pourrait coûter quelque 20 milliards de dollars au Liban, selon une estimation donnée en mai par le ministre des Finances Yassine Jaber. La semaine dernière, des habitations préfabriquées ont été acheminées à la localité de Zaoutar el-Gharbiyé, dans le caza de Nabatiyé. Annoncée fin juillet par M. Salam, cette initiative vise à faciliter le retour des habitants des villages frontaliers.

« Pour le Liban, aller au delà de la crise n’est pas un concept théorique, mais une réalité que nous vivons aujourd’hui », a aussi déclaré M. Salam. « Le retour est indissociable du relèvement, et le relèvement ne peut pas attendre que les besoins humanitaires aient disparu. Soutenir la résilience de notre population, faciliter le retour des personnes déplacées dans leurs villes et villages et rétablir les services essentiels et les moyens de subsistance ne peuvent pas attendre la fin de la crise ni le début d’une nouvelle phase appelée « reconstruction » », a-t-il ajouté. Le Premier ministre a également appelé les partenaires internationaux à « se tenir aux côtés de l’État libanais » afin de soutenir simultanément le retour, le relèvement et la reconstruction, « tout en renforçant la présence des institutions publiques dans les zones touchées ».

L’UE débloque une nouvelle tranche d’aide

M. Salam a également rencontré Mme Šuica à la Mission permanente du Liban auprès de l’ONU, en présence du ministre des Affaires étrangères Joe Raggi. Mme Šuica a réaffirmé le soutien de l’Union européenne au Liban et annoncé le début du décaissement de la deuxième tranche de 500 millions d’euros de l’aide européenne destinée au pays. Elle a également appelé le gouvernement à poursuivre les réformes, notamment celles nécessaires à la conclusion d’un accord avec le Fonds monétaire international (FMI). Cette nouvelle enveloppe doit notamment soutenir les réformes, la relance économique, la sécurité et la gestion des frontières, ainsi que les services essentiels destinés aux populations vulnérables. Elle doit également contribuer à répondre aux conséquences de l’instabilité, des conflits et des déplacements dans la région. Une première tranche de 500 millions d’euros pour les années 2024 et 2025 avait été adoptée en août 2024.

M. Salam a aussi rencontré le prince héritier du Koweït, cheikh Sabah Khaled al-Hamad al-Sabah, en présence de Joe Raggi. Ils ont souligné l’importance de « la désescalade et de la préservation de la sécurité et de la stabilité de la région ». M. Salam a réaffirmé la « solidarité du Liban » avec le Koweït après les attaques l’ayant visé, tandis que le prince héritier a renouvelé le soutien de son pays au Liban et exprimé sa volonté d’« accroître les investissements » koweïtiens dans le pays. Les discussions ont aussi porté sur les investissements dans les infrastructures, les transports et l’énergie, ainsi que sur le renforcement des échanges commerciaux entre les deux pays.

Mardi, Nawaf Salam avait également participé à un sommet multilatéral présidé par le président américain Donald Trump, avec la participation des pays du Conseil de coopération du Golfe (CCG), de l’Égypte, de la Syrie, de la Turquie, de l’Irak, de la Jordanie et du Liban, en marge de l’Assemblée générale de l’ONU. Des vidéos de la rencontre diffusées sur les réseaux sociaux ont suscité des commentaires d’internautes affirmant que Donald Trump avait ignoré Nawaf Salam au moment de saluer les dirigeants arabes. Interrogé par la chaîne locale MTV sur ces commentaires, M. Salam a répondu : « Beaucoup de gens essaient de pêcher en eaux troubles. Ils troublent les eaux, puis essaient d’y pêcher, mais jusqu’à présent, ils n’ont attrapé aucun poisson. »

Raggi : « Sauver le Liban »

MM. Salam et Raggi ont par ailleurs multiplié les rencontres avec des responsables internationaux à New York, notamment autour de l’avenir de la présence internationale au Liban-Sud après le retrait de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul), dont le mandat expire le 31 décembre 2026.

Mercredi, M. Raggi a rencontré son homologue allemand Johann Wadephul, à qui il a exposé la position du gouvernement libanais favorable au maintien d’une présence internationale dans le Sud après le retrait de la Finul. « J’ai également insisté sur l’importance de soutenir l’armée libanaise afin de lui permettre de remplir sa mission et de garantir que les seules forces de sécurité légitimes exercent leur contrôle sur l’ensemble du territoire libanais », a écrit M. Raggi sur X. « L’objectif des réunions est de sauver le Liban, d’arrêter la guerre et d’étendre l’autorité de l’État sur l’ensemble de son territoire, a déclaré M. Raggi à la chaîne MTV. La communauté internationale essaie de nous aider, mais nous devons également nous aider nous-mêmes ».

Mercredi, le porte-parole du ministère français des Affaires étrangères, Pascal Confavreux, a déclaré à MTV qu’une « réflexion collective » était en cours sur ce qui devra être fait après la fin du mandat de la Finul, précisant que la France et l’Italie avaient proposé la mise en place d’une force « proactive et efficace sur le terrain ». « Les discussions sur la Finul ne sont pas encore terminées et des progrès doivent encore être réalisés », a-t-il ajouté, soulignant que ce travail se poursuivra « dans les jours et les semaines à venir ». « Nous avons un projet pour soutenir les forces armées libanaises, qui doivent reprendre le contrôle du Liban-Sud, rétablir la pleine souveraineté de l’État sur l’ensemble du pays, désarmer le Hezbollah et parvenir au retrait des forces israéliennes », a encore déclaré le porte-parole français.

Le Premier ministre libanais Nawaf Salam a appelé mercredi à New York à accélérer le retour des habitants déplacés du Liban-Sud, estimant que ce processus ne devait pas attendre la fin de la crise ni le début de la reconstruction. « Faciliter le retour des personnes déplacées dans leurs villes et villages ne peut pas attendre la fin de la crise ou le début d’une nouvelle phase appelée « reconstruction » », a déclaré M. Salam lors d’une réunion de haut niveau organisée à New York en marge de l’Assemblée générale de l’ONU. La réunion, intitulée « Moving Beyond Crisis » (Aller au delà de la crise) était consacrée aux moyens de mieux répondre aux crises prolongées, notamment en renforçant le rôle des États et de leurs institutions dans les phases de réponse et de relèvement.La guerre entre...
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