Rechercher
Rechercher

Cinema- - Focus

« Le pays de l’enfance est un pays d’où l’on revient grandi »

« Go Home » ramène à l'esprit ce Liban dont la cinéaste libanaise a rêvé un jour mais, cette fois, sous forme de fiction. Présenté au cours du Festival du film libanais, le long-métrage de Jihane Chouaib sort en salle en septembre.

Golshifteh Farahani, un regard doux et curieux porté sur l’enfance.

Quand Nada arrive chez elle, dans cette demeure abandonnée dans la montagne libanaise (Sofar), après avoir quitté, jeune, son pays, elle va immédiatement se sentir étrangère. Elle tentera de recréer la maison de son enfance, tout en élucidant un secret concernant son grand-père. C'est ainsi que commence le film de la réalisatrice libanaise Jihane Chouaib, dont le tournage a duré cinq semaines dans des conditions climatiques difficiles et dans plusieurs coins du Liban, dont un village du nom de Nafakhieh, au Sud. Ce film, qui portait au début le titre de Mon souffle, est devenu par la suite Go Home. Une œuvre-miroir ou introspective, qui traduit le retour de Jihane Chouaib dans son pays natal. Ayant quitté le Liban à l'âge de trois ans, vécu au Mexique puis à Paris, la réalisatrice effectue, tout comme son personnage principal, Nada, un retour aux sources.

Chez elle ou en elle ?
« Ce film est mon obsession. J'en ai rêvé depuis longtemps et j'en ai réalisé d'autres, courts, moyens et documentaires, pour arriver à celui-là. C'est ainsi, par le truchement du documentaire Pays rêvé, que la fiction de Go Home a pris naissance, dit-elle. Mon retour a été très difficile, car j'ai perdu la langue : j'ai été élevée et j'ai fondé ma vie ailleurs. C'est ce film qui m'a ramenée dans mon pays et je serai ravie que les Libanais le comprennent et le partagent avec moi. »

Processus de réconciliation ?
« Il n'y a jamais eu de la rupture pure. À mon avis, tous les Libanais ont vécu un exil intérieur ou extérieur. Si certains étaient loin de leur pays, séparés par une distance, d'autres y sont restés, mais se sont éloignés, de par leurs sentiments à l'égard du Liban ; une sorte de mélange d'amour et de désamour. Pour ma part, le sentiment à l'égard du Liban a toujours été confus. C'était à la fois de l'attachement mêlé à de l'incompréhension et de la colère. Aujourd'hui, Go Home signe mes retrouvailles avec un Liban dont j'admets actuellement les
incohérences. »

« Tous mes legos »
Tout comme la réalisatrice, Nada, incarnée par une Golshifteh Farahani habitée et pleine d'émotion, revient chez elle pour comprendre le mystère qui entoure son grand-père. Elle ne sait pas encore qu'elle va se replonger dans le pays de l'enfance, là où tout encore était simple et sans complications. Un mirage dont Nada doit déceler les vrais contours. Elle en sortira grandie.
L'actrice iranienne, qui pour Jihane Chouaib est un mélange d'Ingrid Bergman et de Guilietta Massina, par son côté à la fois grave et loufoque, a su, quoique ayant appris très vite l'arabe, garder l'aspect d'étrangère sans s'introduire dans la texture libanaise. Entourée par un casting soudé et harmonieux, Maximilien Seweryn et Julia Kassar, «Go Home a été une expérience fabuleuse où il y avait une belle alchimie entre l'équipe libanaise, d'une part, et la suisse et la belge, de l'autre, qui m'ont fait oublier les difficultés de financement ».

Jihane Chouaib, qui tournera son prochain film en Europe, est infatigable. Sensible et d'un calme apaisant, on devine pourtant derrière son regard des idées qui bouillonnent et une détermination sans bornes. Le sujet abordera également cette recherche de la vérité et ce monde de l'enfance qu'elle voudra toujours défendre. « Le cinéma est mon aire de jeu. On crée, on réinvente un monde différent. Moi-même, je l'avoue, je n'ai pas perdu mon âme d'enfant. Cela, je le dois au cinéma qui m'anime. » Et de reprendre les paroles du cinéaste chilien Ricardo Larain, réalisateur de la Frontera et avec qui elle avait collaboré un jour : « Quand je fais du cinéma, c'est comme si j'avais tous mes legos devant moi. »

 

Pour mémoire
« La situation du cinéma libanais est très bonne, ce festival en témoigne »

« Go Home », en course pour le Muhr

Quand Nada arrive chez elle, dans cette demeure abandonnée dans la montagne libanaise (Sofar), après avoir quitté, jeune, son pays, elle va immédiatement se sentir étrangère. Elle tentera de recréer la maison de son enfance, tout en élucidant un secret concernant son grand-père. C'est ainsi que commence le film de la réalisatrice libanaise Jihane Chouaib, dont le tournage a duré cinq semaines dans des conditions climatiques difficiles et dans plusieurs coins du Liban, dont un village du nom de Nafakhieh, au Sud. Ce film, qui portait au début le titre de Mon souffle, est devenu par la suite Go Home. Une œuvre-miroir ou introspective, qui traduit le retour de Jihane Chouaib dans son pays natal. Ayant quitté le Liban à l'âge de trois ans, vécu au Mexique puis à Paris, la réalisatrice effectue, tout comme son personnage...
commentaires (0) Commenter

Commentaires (0)

Retour en haut