Rechercher
Rechercher

Culture - Liban-Sud

« Une contribution essentielle » : la cité antique de Tyr inscrite au patrimoine mondial en péril de l'Unesco

Ghassan Salamé a estimé que par cette décision « la communauté internationale affirme qu'aucune atteinte au patrimoine universel ne peut rester invisible, ni sans réponse ».

Des débris recouvrent les bases d'anciens piliers en pierre près du site archéologique des thermes romains de Tyr, dans le sud du Liban, au lendemain des frappes aériennes israéliennes sur la ville, le 8 juin 2026. Photo AFP/Kawnat Haju

Tyr, ancienne cité phénicienne du sud du Liban touchée ces derniers mois par des bombardements israéliens, a été inscrite mardi sur la liste du patrimoine mondial en péril de l'Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture (Unesco), a annoncé l'organisation sur X.

Le site concerné comprend les vestiges antiques de la ville, en deux endroits différents de la ville. L'Unesco rappelle dans son annonce les dommages subis au cours des derniers mois sur ces sites lors de la dernière guerre. Par ailleurs, l'état de conservation des vestiges « suscite une inquiétude croissante, notamment face à la possibilité de nouveaux impacts », affirme dans une note l'Unesco, qui tient actuellement la 48e session du comité du patrimoine mondial à Busan, en Corée du Sud. « Il est considéré que les conditions optimales ne sont plus réunies pour assurer la conservation et la protection de la valeur universelle exceptionnelle » du site, ajoute l'organisation onusienne, qui précise que la demande d'inscription sur la liste en péril émane de l’État libanais.

« Sauvegarde de l'un des fondements de la mémoire commune de la Méditerranée »

Suite à l’annonce, le ministre de la Culture, Ghassan Salamé, a réagi auprès de L’Orient-Le Jour en estimant que, par cette décision, « la communauté internationale affirme qu'aucune atteinte au patrimoine universel ne peut rester invisible, ni sans réponse ». « Un site inscrit au patrimoine mondial dépasse le territoire qui l'abrite ; il appartient désormais au patrimoine commun de l'humanité. Lorsqu'il est menacé, c'est une responsabilité collective qui s'engage », a poursuivi le ministre, qui avait inspecté en juin dernier les sites endommagés à Tyr par les bombardements israéliens et annoncé une demande de protection renforcée auprès de l’Unesco.

« L'enjeu de la mobilisation annoncée à Busan ne réside pas seulement dans les moyens qu'elle permettra de réunir, mais dans ce qu'elle peut mettre en mouvement : préserver un patrimoine universel et contribuer, aux côtés d'autres efforts, au retour des habitants, à la reconstruction et au rétablissement de leurs repères et de leur quotidien », a-t-il estimé.

Le ministre de la Culture avait inspecté le mois dernier les sites endommagés à Tyr par les bombardements israéliens et annoncé une demande de protection renforcée auprès de l’Unesco.

De son côté, l'ambassadrice du Liban à l'Unesco, Hind Darwich, a souligné lors de son intervention à Busan que « la préservation de la ville de Tyr constitue aujourd'hui une contribution essentielle à la sauvegarde de l'un des fondements de la mémoire commune de la Méditerranée ». Cette inscription ne « doit pas être perçue comme une mesure punitive mais comme un mécanisme prévu (...) pour soutenir les efforts de l'État libanais en faveur de la conservation du site », a-t-elle argué.

Située sur la côte dans le sud du Liban, à une vingtaine de kilomètres de la frontière avec Israël, Tyr est l'une des plus anciennes cités du monde méditerranéen. Ses habitants ont fui massivement après des appels à évacuer lancés par l'armée israélienne, qui sont allés jusqu'à inclure le réduit chrétien situé sur la presqu'île, longtemps épargné par les menaces israéliennes. La ville a été la cible d'une campagne de frappes israéliennes intenses entre le début de la guerre avec le Hezbollah le 2 mars et le cessez-le-feu entré en vigueur le 20 juin.

Elle compte deux sites protégés inscrits au patrimoine mondial de l'Unesco, présentant notamment des vestiges de l'Empire romain, un arc de triomphe et un hippodrome datant du IIe siècle. L'un de ces sites a été touché directement en juin par une frappe israélienne. Le ministre de la Culture libanais Ghassan Salamé a accusé Israël de ne pas respecter la Convention de la Haye qui oblige à préserver les biens culturels en cas de conflit armé, ni les « Boucliers bleus », un emblème symbolique mis en place par un comité lié à l'Unesco pour protéger Tyr.

Outre la ville de Tyr, cinq forteresses de l'époque médiévale située dans la région dite du Jabal Amel au Liban-Sud sont également candidates pour être intégrées à la liste du patrimoine mondial et à celle du patrimoine en péril de l'Unesco.

Tyr rejoint, sur la liste du patrimoine en péril au Liban, la Foire internationale Rachid Karamé de Tripoli, au Liban-Nord. conçue par l'architecte brésilien Oscar Niemeyer entre 1962 et 1967, et dont la construction s'était achevée en 1975. L'Unesco avait ajouté ce site sur la liste en 2023. L'organisation onusienne avait affirmé que « malgré la dégradation de la plupart de ses structures et les menaces pesant sur l'intégrité de plusieurs de ses composantes en raison du vieillissement du béton », la Foire demeurait « l'une des réalisations les plus représentatives de l'architecture moderne du XXᵉ siècle dans les États arabes. »

Tyr, ancienne cité phénicienne du sud du Liban touchée ces derniers mois par des bombardements israéliens, a été inscrite mardi sur la liste du patrimoine mondial en péril de l'Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture (Unesco), a annoncé l'organisation sur X.!function(d,s,id){var js,fjs=d.getElementsByTagName(s)[0];if(!d.getElementById(id)){js=d.createElement(s);js.id=id;js.src="https://platform.twitter.com/widgets.js";fjs.parentNode.insertBefore(js,fjs);}}(document,"script","twitter-wjs");Le site concerné comprend les vestiges antiques de la ville, en deux endroits différents de la ville. L'Unesco rappelle dans son annonce les dommages subis au cours des derniers mois sur ces sites lors de la dernière guerre. Par ailleurs, l'état de conservation des vestiges « suscite...
commentaires (0) Commenter

Commentaires (0)

Retour en haut